Le transport aérien a connu son démarrage dans les années 1920 et 1930, après la Première Guerre mondiale. En conséquence l’Entre-deux-guerres aura vu l’éclosion des aéroports de première génération. Chaque ville a pratiquement le sien: Le Bourget pour Paris, Tempelhof pour Berlin, Bromma pour Stockholm, et Malmi pour Helsinki. Autant pour le riche passé de l’aviation en Europe, présent et futur passent maintenant par d’autres lieux: à Paris c’est Orly et Roissy-CDG, à Berlin c’est Schönefeld et Arlanda à Stockholm. Avec Vantaa, Helsinki possède un superbe aéroport moderne ayant accueilli plus de 12 millions de passagers en 2006. En 1953, quand Malmi est remplacé par Vantaa pour le trafic commercial normal, un peu moins de 100.000 passagers annuels l’utilisaient. Le Vantaa actuel pèse autant que 120 Malmi de l’ancienne époque! Il n’empêche que tout a commencé à Malmi, à une dizaine de kilomètres au Nord-Est de la capitale finlandaise. | Premiers VIPs volants |  |
Étirée sur 1300 kms du Nord au Sud avec des villes éparpillées sur la cinquième superficie d’Europe (338.000 km2), peu peuplée (10 h/km2 en 1920) et peu desservie par le chemin-de-fer, la Finlande a toujours eu de magnifiques dispositions pour l’expansion du trafic aérien. De fait, la première compagnie aérienne finlandaise, Aero (future Finnair), débute ses vols commerciaux dès 1923, c’est l’époque où l’avion est exclusivement réservé à quelques privilégiés. Faisant partie du premier aéroport d’Helsinki, la petite aérogare de Malmi est mise en service en 1936. En 2007 elle garde encore un aspect délicieusement désuet, tant extérieurement qu’intérieurement avec une exposition permanente de photos en noir et blanc jalonnant les grandes heures de Malmi. De 36 à 39, les vols domestiques à partir d’Helsinki vers les autres villes finlandaises se développèrent rapidement. Il était possible d’aller jusqu’à Petsamo (à 1500 kms), sur les rives de l’Océan glacial arctique mais les vols internationaux pour Stockholm (450 kms) et Tallinn (90 kms) prenaient également leur essor. Pendant la Deuxième Guerre mondiale Malmi a servi de base militaire à tel point que l’aéroport a été fermé entre 1944 et 47 par la Commission de Contrôle alliée, la Finlande ayant perdu la guerre. Dès le printemps 1947, le trafic commercial reprenait pour s’interrompre à nouveau en 1953, avec le transfert des activités vers Vantaa, nouvellement construit. Malmi aura connu les premières arrivées de VIPs par avion, à l’instar de certains hommes d’État, de vedettes de cinéma ou de la chanson et de personnalités du monde du sport, les JO s’étant tenu à Helsinki en 1952. Il s’agit d’un lieu historique qu’il faudrait conserver et qui a maintenant besoin d’être protégé au même titre qu’un édifice religieux (comme l’église de Petäjävesi), ou militaire (comme Suomenlinna).
| Plaidoyer pour Malmi |  |
Depuis 2002 il est en effet régulièrement question de céder Malmi à la pioche des démolisseurs pour y reconstruire des quartiers neufs. Sans compter que Malmi sert encore d’aérodrome pour les vols privés, les clubs de parachutisme et les écoles de vol, s’attaquer à cette partie du patrimoine historique et culturel de la Finlande pourrait avoir des conséquences gravissimes. D’abord Malmi fait partie de l’âme de la capitale, à égalité avec le port et les chantiers navals, que nul ne songerait à rayer de la carte. Ensuite la ville d’Helsinki aurait avantage à garder un aéroport de secours : Malmi a parfois joué ce rôle de réserve au cours de son existence, la dernière fois en 1986. Mais, en temps de crise, la contribution de Malmi pourrait s’avérer cruciale. Songeons que la région de Stockholm ne compte pas moins de cinq aéroports et qu’Helsinki, dépourvu de Malmi ne disposerait plus que du seul et unique Vantaa. Les alentours de Malmi sont classés réserve naturelle d’oiseaux. La supprimer occasionnerait une mini-catastrophe écologique. Au surplus, l’aéroport de Malmi est vraiment une zone nature puisque les pistes en sont construites sur un sol marécageux, le marais de Tattarisuo, et que le sous-sol en est particulièrement instable, donc impropre à la construction d’habitations. C’est d’ailleurs la piètre qualité de ce sous-sol qui avait poussé la Ville d’Helsinki a construire un nouvel aéroport à Vantaa, les pistes de Malmi ne pouvant ni être allongées, ni les installations existantes à l’époque (fin des années 1940) être modernisées ou multipliées. L’aéroport de Malmi attend donc son classement officiel et définitif comme lieu du patrimoine finlandais ou européen. | Nouvelles extensions, nouvelles destinations |  |
A l’opposé, le solide sous-sol rocheux de Vantaa a permis l’ajout récent d’une piste (2002) et d’une extension, l’aérogare T1 pour les vols domestiques (1999), ce qui lui donne sa fameuse forme en sept renversé. Selon les enquêtes publiques tenues annuellement, Vantaa est classé par les voyageurs dans le groupe des vingt meilleurs aéroports mondiaux. Mais ne faisant pas partie des géants, Vantaa semble avoir la dimension juste, celle qui permet à un passager en partance de faire rapidement ses achats de dernière minute, tout en ayant à disposition de beaux espaces de repos. Les destinations les plus courues au départ de Vantaa étaient en 2006 Stockholm (865.000), Copenhague (663.000), Londres (487.000) et Francfort (432.000). Paris ne vient qu’en septième position avec 362.000 passages.
Actuellement le trafic aérien vers l’Asie connaît - on s’en douterait - une remarquables croissance avec une moyenne de 30% de croissance annuelle. Malgré cela, force est de relativiser, puisqu’en 2006, la Chine entière (335.000 passages), avec les destinations-clé que sont Péking, Hong Kong et Shanghai a fait moins que Paris seul. La liaison Helsinki-Kuala Lumpur (Malaisie) sera inaugurée ce printemps 2007 alors que 2006 avait vu l’ouverture des vols sur Nagoya (Japon) et New-Delhi (Inde). L’Europe n’est pas en reste puisque Nuremberg, Gdansk, Lisbonne, Bucarest et Ljublijana font partie des liaisons récemment établies. Finavia, la compagnie qui administre l’aéroport de Vantaa vient d’annoncer une extension supplémentaire de 120.000 m2 de l’aérogare T3 pour 2009 et pour les destinations non-Schengen. Il était, en effet, grand temps, d’augmenter la capacité d’accueil des avions gros porteurs à destination de l’Amérique ou de l’Asie. De deux unités, cette capacité sera portée à huit gros porteurs de type Airbus 340 et 350. Ce faisant l’aéroport pourra accueillir jusqu’à 15 millions de passagers. Reste qu’un point noir de taille subsiste: il n’est pour l’instant possible de se rendre à Vantaa qu’en bus ou taxi, ou véhicule particulier. Les liaisons ferroviaires ou par métro brillent par leur absence. Cette lacune risque d’engorger progressivement des voies d’accès que le rail permettrait de dégager. Il n’empêche qu’en l’état actuel des lieux Vantaa reste un bel aéroport à taille humaine, très agréable par le silence feutré qui y règne, à tel point que les Parisiens qui y débarquent pour la première fois se demandent régulièrement si ce n’est pas un bâtiment insonorisé!
Quelques dates importantes:
- 1923: création de la compagnie aérienne Aero, future Finnair. - 1924: premiers vols Helsinki-Stockholm et Helsinki-Tallinn. - 1927: ouverture à Turku-Ruissalo d’un hydroport (pour hydravions). - 1935: ouverture du premier aéroport civil finlandais à Turku-Artukainen. - 1936: l’aéroport de Malmi, premier du genre à Helsinki, entre en service. - 1938: vols vers Berlin, Viipuri, Tampere et Imatra. - 1939-1944: Malmi devient une base aérienne militaire. - 1944-1947: Malmi, sous contrôle de la Commission, est fermé aux Finlandais. - 1950: Les travaux de gros-oeuvre commencent à Vantaa. - 1953: Le trafic aérien commercial et civil est transféré de Malmi à Vantaa.
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