Festival
Ça commence par un souvenir de jeunesse. Enfant, Seppo Kimanen parcourait la région sauvage de Kuhmo avec son père, arpenteur. Devenu violoncelliste, il se souvient de cette nature intacte et isolée. C'est la fin des années soixante, les musiciens s'interrogent sur la place de la musique classique dans la société : "Je voulais prouver que même la musique de chambre, considérée comme le versant le plus élitiste de la musique classique, pouvait être appréciée comme un art populaire". Ne trouvant pas de lieux à son goût, il décide de créer un festival "en dialogue avec le silence" : ce sera Kuhmo. Un choix vraiment inattendu : à 600 km de la capitale, sans connections directes, sans véritables infrastructures, la ville rassemble quelques milliers d'habitants, mais possède il est vrai une église en bois à l'acoustique exceptionnelle.
Ambiance décontractée et blagues musicales
"Les débuts ont été modestes : pendant cinq-six ans, nous avions un millier de spectateurs, surtout des gens de la région", se souvient Seppo Kimanen. Préoccupé par l'universalité de la musique, il cherche à sortir des carcans qui faisaient du classique un genre très sérieux, avec queues de pies et podium : "Moi je voulais créer une ambiance de concert de jazz, décontractée, avec des blagues musicales". Résultat : à Kuhmo, tout le monde joue en tee-shirt, se déplace en vélo, et se croise au bord du lac après les concerts.
Avec les artistes venus du monde entier, il organise des concerts marathons de 24 heures, ose des rapprochements inattendus. Un exemple parmi d'autres : "J'ai remarqué que le public avait peur de la musique contemporaine, explique-t-il. Alors dès 1978, j'ai commencé à programmer de la musique ancienne orientale. Malgré les siècles de distance, cela fonctionne comme une éducation musicale, une préparation à l'écoute de la musique contemporaine".
Six concerts quotidiens
Il y a deux ans, le programme présentait une histoire de la musique de chambre européenne, tout au long des quinze jours. Une autre fois, c'était l'intégrale de l'œuvre de Mozart, ou encore la musique américaine contemporaine… Les sujets changent chaque année, les structures aussi. Seule certitude pour les mélomanes : entre cinq et six concerts quotidiens, autour de thèmes très pensés : "Je veux créer une forme, un rythme, une harmonie pour le festival. C'est la caractéristique de Kuhmo : je choisis d'abord la programmation, dans un premier temps, et après seulement je contacte les artistes." Une démarche qui permet à Seppo Kimanen d'explorer sans cesse de nouveaux répertoires, et de découvrir de nouveaux talents. Le public apprécie cette approche différente : chaque année, ce sont quelque 10 000 personnes qui se retrouvent à Kuhmo, la plupart logées chez l'habitant, pour une immersion musicale très nature.
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Festival de musique de chambre de Kuhmo en juillet Renseignements par tél au +358 8 652 0936 ou sur leur site en anglais http://www.kuhmofestival.fi |