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Un chantier franco-finlandais

Société > Population
10-02-07
Auteur : Jean Pierre Frigo
Depuis janvier 2005, Français, Finlandais, Allemands et une trentaine d’autres nationalités cohabitent sur le chantier d’Olkiluoto, le cinquième réacteur nucléaire finlandais.

Actuellement, une cinquantaine de cadres français et autant d’Allemands travaillent sur Olkiluoto. En tenant compte de leurs proches, on atteint une centaine de ressortissants pour chaque groupe.

Parmi le millier de personnels employés à Olkiluoto, les Finlandais sont les plus nombreux et comptent pour plus de la moitié. Sur le chantier, en dépit du retard d’un an et demi déjà officiellement annoncé, chaque jour semble compter: visiblement, il s’agit de ne pas accuser de retard en plus.

Travaux plus pointus en 2007


Le chantier d’Olkiluoto est divisé en deux “îles”: l’île nucléaire et l’île turbine, la première, sous la responsabilité d’Areva, concerne principalement le réacteur qui fournit l’énergie servant au fonctionnement de la turbine produisant l’électricité. Cette dernière a été conçue par Siemens. La chape de béton de 1,50 m sur laquelle repose le réacteur vient d’être terminée et elle a pour fonction d’isoler le réacteur du sol, en cas d’accident.

Elle a demandé, pendant deux jours pleins et sans interruption, qu’une incessante noria de quinze camions l’approvisionne afin qu’elle soit coulée en une seule fois, d’un seul tenant. Deux mille mètre cubes de béton ont été utilisés, soit un volume correspondant à un rectangle de 30 mètres sur 45 et sur une épaisseur de 1,5 mètres.


Côté turbine, les travaux sur les armatures métalliques du coffrage en béton armé se poursuivent. La réalisation du système de pompage de l’eau de mer destinée à refroidir le réacteur arrive en phase terminale. L’assemblage des éléments du système de transmission de la machinerie du réacteur vers la turbine se poursuit également. Présent depuis un mois et demi, le responsable du site, Rémi Senac, précise que la phase actuelle engage en priorité des maçons, des monteurs en armature métallique et des soudeurs. Courant 2007, les électromécaniciens feront leur entrée pour effectuer les travaux, plus pointus, tournant autour de la conception du réacteur.

Rauma francisée


Les personnels français travaillant sur le site d’Olkiluoto résident à Rauma, petite localité de 40.000 habitants, située à 25 kms au sud du site d’Olkiluoto. Les personnels allemands, eux, sont concentrés sur Pori, ville plus importante située au nord du site, de l’autre côté.

“Pour les Français, tout se passe à Rauma puisqu’ils y résident et y disposent d’une école française fréquentée par leurs enfants” et Rémi Senac précise que l’établissement compte 25 élèves et que c’est une école d’entreprise reconnue par l’Éducation Nationale française (EN), en ce qui concerne sa partie primaire.

Pour le secondaire, allant de la 6 ème à la 3 ème, ce sont des répétiteurs de l’EN et venus du Centre d’Enseignement à Distance, qui en assurent les cours. “Nous avons tenu à ce que les Français soient à Rauma, parce que c’est l’agglomération la plus proche du chantier d’Olkiluoto, que ça réduit les temps de trajet ainsi que les risques sur la route.

Il n’existe pas sur place de cité où les Français soient rassemblés”, précise Rémi Senac. Disséminés dans toute la ville, les Français, s’ils sont célibataires, habitent le plus souvent en appartements. Les familles se logent le plus souvent dans des maisons individuelles. Généralement les gens louent leurs logements: “La seule exception à cette règle concerne un immeuble entier de la ville de Rauma qu’Areva a loué pour quelques Français qui désireraient davantage de contacts avec leurs compatriotes. Mais c’est une exception, nos concitoyens préférant se débrouiller individuellement”, poursuit Rémi Senac.

Le rôle des femmes


Areva ouvrant des chantiers un peu partout dans le monde, ses employés sont habitués au dépaysement et ne semblent pas particulièrement impressionnés par la Finlande: “La Finlande c’est l’Union Européenne, les supermarchés y sont comme en France et, pour la communication, la plupart des Finlandais parlent anglais”, assure Rémi Senac.


Selon lui, les Français supporteraient particulièrement bien l’hiver finlandais, pour l’instant peu rigoureux, et le manque de lumière. Un phénomène que même le réchauffement climatique n’arrivera pas à faire évoluer: autour du solstice d’hiver, dans le Sud de la Finlande, on ne peux compter que sur sept à huit heures de lumière par jour, si le plafond nuageux le permet.

Pour le Nord, il faut diviser par deux. Pour apporter un peu de joie de vivre, Rémi Senac se réjouit de voir que les épouses se sont regroupées en une association de femmes volontaires, se réunissant fréquemment, faisant de l’animation et préparant des événements. Cette association comprend aussi bien Finlandaises, qu’Allemandes ou Françaises: “Chaque soir leurs maris rentrent du travail la tête pleine des soucis du chantier. Il semble évident que la communication et les relations avec l’extérieur reviennent à leurs compagnes. Elles s’adaptent fort bien et cette répartition des tâches est une excellente chose!”, s’enthousiasme M. Senac.

Expérience


“Ce qui nous frappe le plus c’est la gentillesse des Finlandais: même s’ils sont légèrement sur la réserve ils restent très disponibles, toujours prêts à nous aider à traduire un texte incompréhensible pour nous, sur un emballage de produit ou sur une panneau dans la rue”, remarque Rémi Senac, conscient du fait que Rauma n’a jamais connu un tel afflux d’étrangers auparavant et que cela pourrait représenter un choc pour les habitants de la ville.

“Je suis Parisien et il pourrait ne pas être évident de passer en si peu de temps d’une métropole à une petite ville comme Rauma. Pourtant, pour moi, la différence la plus marquante serait les horaires d’ouverture des magasins, c’est dire!”, ironise le responsable d’Areva-Siemens.

Au cours de l’année 2007 la colonie française va quasiment tripler pour arriver à quelques 300 personnes, contre une centaine actuellement. La totalité des personnels français sont des cadres, néanmoins des ouvriers qualifiés vont bientôt arriver : “Ces ouvriers ne sont pas plus qualifiés que les Finlandais mais ils sont plus expérimentés, Areva ayant plus l’habitude de construire des centrales nucléaires que les Finlandais”, expose Rémi Senac. De fait la dernière centrale nucléaire finlandaise date de 1981 et la plupart des personnels qui l’ont construites sont déjà vraisemblablement en retraite.

 



Liens

La Ville de Rauma (en farncais)www.rauma.fi/enfrancais/default.htm

Site à consulter: www.tvo.fi

 

 
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