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Les services de secours et d’incendie

Société > Population
19-10-05
Auteur : Malika Maclouf
Point de risque majeur en ces contrées septentrionales. La Finlande est considérée comme l’un des pays les plus sûrs au monde et déplore peu d’accidents graves.

Les services de secours et d’incendie n’y mènent pas pour autant une existence oisive : ils ont à gérer chaque année 15000 incendies, des accidents de la route (9000 blessés et 400 morts chaque année), 17000 actions de secours et 200000 patients transportés à l’hôpital. « Nous sommes confrontés à un nombre élevé de morts par noyade de gens pris de boisson », ajoute Pentti Partanen, directeur général du département des services de secours au ministère de l’Intérieur.

La proximité de la mer a aussi contraint le pays à s’équiper d’un système d’alerte précoce, qui a permis, par exemple, de prévoir l’élévation du niveau de la mer suite à la tempête qui a traversé l’Europe du Nord au début de l’année 2005 et d’installer des protections adéquates pour tous les bâtiments officiels situés sur le port d’Helsinki –de même à Turku et Kotka, plus à l’ouest. « La présence de la mer et de près de 200000 lacs en Finlande nous contraint à prendre en compte les accidents de navigation et la pollution par les carburants », note le directeur.

Trois catégories

Les services de secours et d’incendie ont vu le jour en 1838, lorsque la première brigade volontaire de sapeurs-pompiers fut créée à Turku, capitale du pays jusqu’en 1812, dix ans après le Grand Incendie qui a détruit la ville. Il a fallu attendre les années 1870 pour voir apparaître une brigade professionnelle à Helsinki. La Finlande compte aujourd’hui 1049 brigades de sapeurs-pompiers (SP), composées de trois catégories de personnes : les SP professionnels, au nombre de 5000, les SP à temps partiel (4000) et 15000 SP volontaires (SPV). A cela s’ajoutent 240 brigades industrielles et institutionnelles représentant 4400 SP, tous volontaires, qui font surtout un travail de guide pour les secours lors des interventions (ils connaissent par exemple l’emplacement de matériaux dangereux).

Le travail n’est véritablement rémunéré que pour les professionnels, qui touchent un salaire de 1600 à 2000 euros bruts. Les SP à temps partiels, qui ont un travail à côté de cette activité, ont conclu des contrats individuels avec les structures régionales de secours et d’incendie. Ils ont le statut de volontaires et reçoivent une indemnité horaire de 7 euros en cas d’intervention. Quant aux SP membres des brigades volontaires, ils ne reçoivent aucune indemnité individuelle mais une enveloppe globale en fonction des interventions. Attribuée par les structures régionales, elle est consacrée à l’entretien des locaux, au financement des activités pour les jeunes, etc. Si certains employeurs maintiennent la paie de leurs salariés SPV quand ceux-ci s’absentent pour une intervention, d’autres leur refusent toute compensation.

Une formation sélective


Les pompiers sont aujourd’hui tous formés au Collège des services d’urgence de Kuopio, à 400 km au Nord de Helsinki ou, pour ceux de la capitale, au Centre de formation d’Helsinki. La sélection des candidats est sévère et donne accès à une formation allant de 18 mois, pour la plus élémentaire, à 3 ans et demi pour les officiers. 350 SP sont formés chaque année mais seuls 146 ont obtenu leur diplôme en 2003.

Première femme SP, Liisa Santaholma

Si les femmes ont le droit de devenir SP depuis 1980, le corps de SP professionnels n’en a intégré que 5 dont la première tout récemment à Helsinki… « C’est une profession traditionnellement très masculine, analyse Pentti Partanen. Ce serait bien qu’elles soient plus nombreuses, pour contrebalancer une culture assez machiste ! » Et en fin de compte, dans ce pays si progressiste, les femmes ne sont vraiment présentes que dans la myriade de petites associations existant au sein des brigades volontaires et gérant, par exemple… la bonne marche de la cantine sur les interventions ! Alors qu’on ne compte que 5400 femmes SP, pas moins de 350 associations de femmes ont ainsi été créées.

Les structures annexes de ce type, qui confèrent une dimension sociale aux services de secours et d’incendie, sont d’ailleurs très actives. Au-delà de la restauration des troupes, les associations, mènent ainsi des activités pédagogiques auprès du public ou organisent des manifestations destinées à recueillir des fonds pour la brigade. La fédération des associations de pompiers volontaires, Spek (Suomen Pelastusalan Keskusjärjestö), gère, elle, la formation dispensée aux SP volontaires. Elle s’occupe aussi des questions administratives et légales, de l’information du public, de l’expertise technique pour la prévention de l’incendie, pour le feu et les problèmes de défense civile. Elle gère les licences et la formation obligatoires pour les soudeurs de métaux.
Enfin la Finlande compte 10.000 jeunes sapeurs-pompiers (JSP) de 8 à 18 ans et 500 associations de JSP qui revêtent une grande importance pour le renouvellement du personnel parce que 40% de ces jeunes deviennent par la suite pompiers, professionnels ou volontaires.

Responsabilité


C’est une loi de 1975 qui définit la responsabilité des services d’incendie et de secours, telle qu’elle est aujourd’hui, en matière d’incendie, de prévention et d’autres missions de secours (accidents de la circulation, catastrophes naturelles, etc.). A ces activités classiques s’ajoutent celles de la défense civile en temps de guerre. Les services d’incendie et de secours sont ainsi responsables de la construction et de l’entretien des abris, qui atteignent le nombre record de 50000 en Finlande !
L’organisation de ces activités a été réformée en 2004 : les services d’incendie et de secours sont désormais sous la responsabilité financière et politique des 22 districts régionaux. Les 450 municipalités qui endossaient autrefois ce rôle continuent toutefois d’en assumer la charge financière. Elles sont aussi tenues de coopérer les unes avec les autres.

En 2001, la mise en place du 112 comme numéro unique d’appel a également changé l’organisation du travail. 15 centres répartis dans le pays ont été créés pour recevoir les appels d’urgence et les répercuter vers les acteurs concernés : police, sapeurs-pompiers, ambulances. « Le personnel de ces centres est tenu de suivre une formation d’un an et demi au Collège du Kuopio », insiste Pentti Partanen.

Côté équipement, les services de secours et d’incendie maintiennent la réputation de la Finlande : le matériel embarqué est de haute technologie et certains véhicules méritent le détour. La caserne principale  du centre régional de Vantaa, au pied de l’aéroport d’Helsinki, est équipée de quelques véhicules notables. L’on peut citer un Mercedes Benz Sprinter pour le poste de commandement (c’est là que s’installe la direction des secours lors des interventions), très perfectionné : GPRS, indicateur des conditions météorologiques, système de navigation, etc. Il permet de recevoir des centres d’appel toutes les informations nécessaires aux interventions (trajet à suivre, position des véhicules, stocks de matériaux dangereux, etc.). Tous les véhicules seront, à terme, aussi bien pourvus. La caserne compte aussi un Volvo FL7 transformé en hôpital mobile. Jamais utilisé en situation réelle, il est pourvu de tout le matériel nécessaire à des interventions chirurgicales mineures ou non et notamment doté d’un générateur pour la lumière et le chauffage ainsi que de réserves d’eau stérile.

Enfin, les services de secours et d’incendie utilisent un système de radio numérique ultramoderne, Tetra, qui n’est utilisé que dans peu de pays et permet notamment de démultiplier les canaux de transmission et d’assurer la confidentialité des communications. « Notre équipement ultra perfectionné nous permet aussi d’établir des coopérations avec nos voisins immédiats (Russie, Suède et Estonie) pour intervenir sur des accidents majeurs », conclut Pentti Partanen.

 

 

Liens

www.hel.fi/pel/

guide de la sécurité en francais 

 

 
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