| La Réforme |  |
L'Eglise avait la charge de l'enseignement supérieur et de l'instruction du peuple. A la fin du Moyen-Âge, les Finlandais avaient appris à vivre avec l'Eglise et ses sacrements. L'Evêque de Turku était l'homme le plus puissant de la Finlande médiévale, et c'est lui qui représentait les finlandais au Conseil royal de Suède. La plupart des 140 finlandais inscrits dans les universités médiévales faisaient leurs études avec l'aide du chapitre de la cathédrale.
La Réforme protestante gagna la Suède et la Finlande dans les années 1520. Elle devait sa vigueur non pas au peuple ou au clergé mais au fait qu'elle était instituée par décret royal. L'un des aspects de la doctrine de Luther intéressait tout particulièrement le roi Gustave Vasa: il lui permettait, en effet, de réduire le pouvoir séculier de l'Eglise et de transférer ses revenus et ses biens à la couronne.
La Suède accepta la Confession d'Augsbourg à Uppsala, en 1593. Le luthéranisme devint la religion d'Etat. Elle garantissait l'unité du royaume et ne tolérait aucun écart. La Réforme coupa tous les liens avec Rome. Au pouvoir du pape se substitua celui du roi de Suède, qui dépouilla l'Eglise de ses revenus et de ses biens. Mikael Agricola, le premier évêque luthérien de la Finlande, traduisit le Nouveau Testament en finnois. Graduellement, les offices religieux firent place au culte luthérien; et surtout, ils étaient célébrés dans la langue vernaculaire. Les monastères furent fermés et les prêtres autorisés à se marier.
Durant la période de l'orthodoxie luthérienne, au 17ième siècle et au début du 18ième, l'Eglise retrouva un monopole culturel semblable à celui qu'elle détenait au Moyen-Âge. Elle prêchait la loyauté envers l'Etat, inculquait au peuple un sens profond de la moralité chrétienne et elle apprenait aux Finlandais à lire.
La souveraineté suédoise sur la Finlande prit fin en 1809, lors du rattachement de cette dernière à l'empire russe, dont elle devint un Grand-duché. Bien que le souverain fût, désormais, le tsar orthodoxe au lieu du roi luthérien, l'Eglise luthérienne resta l'Eglise d'Etat de la Finlande. Le décret ecclésiastique de 1869 sur l'Eglise desserrait les liens entre l'Eglise et l'Etat, tout en reconnaissant à l'Eglise une plus grande indépendance. Il instituait également le Synode, organe de décision suprême de l'Eglise. | Le piétisme |  |
Mettant l'accent sur la conversion individuelle et sur la spiritualité personnelle, appelant les émotions, le piétisme s'imposa au début du 18ième siècle. Dans ce contexte, les mouvements traditionnels de renouveau - piétisme, évangélisme et laestadianisme - firent leur apparition au début du 19ième siècle. Ils subsistent et sont des traits caractéristiques de la vie religieuse finlandaise.
Surgissant comme ils le firent durant la première moitié du 19ième siècle, ces mouvements rencontrèrent l'opposition de l'Eglise et de l'Etat. Ce dernier craignait qu'ils soient cause d'agitation politique, suscitant les soupçons russes. Le clergé dirigeant les soupçonnait aussi de s'opposer à l'Eglise établie et de propager l'hérésie. Le droit de réunion leur fut dénié, la liberté de mouvement de leurs dirigeants fut restreinte.
| L'Eglise dans la Finlande indépendante |  |
La guerre civile éclata en Finlande au lendemain de l'indépendance, proclamée en 1917. Dans sa quasi totalité, le clergé soutint la Finlande, bourgeoise, non-socialiste. Les relations entre la tête de l'Eglise et la classe laborieuse organisée restèrent distantes, tandis que les vainqueurs commencèrent à voir dans l'Eglise le bastion de l'ordre légal, de la tradition nationale et de la culture occidentale. On attendait d'elle qu'elle stimulât la morale des citoyens, la loyauté vis-à-vis de l'Etat.
La Guerre d'Hiver contre l'URSS (1939-940) fut marquée par une lutte pour la défense du triple principe "famille, foi, patrie ". L'Eglise fut, durant cette lutte, une source de soutien et d'unité. La volonté de défendre son pays avait des tonalités religieuses. L'indépendance administrative et financière de l'Eglise augmenta durant les années de guerre, avec la création d'un Fond central de l'Eglise (1941) et du Conseil ecclésiastique (1944). Durant la même période, les liens avec le mouvement travailliste furent également améliorés.
Après la guerre, l'Eglise se donna de nouvelles tâches comme , par exemple, le conseil familial. Son oeuvre sociale (diaconat) prit rapidement de l'expansion, tout comme son action en faveur de la jeunesse.
Au milieu des années 1960, la culture finlandaise était secouée par l'exode rural au profit des villes, par l'émigration, par l'influence grandissante de l'étranger, par l'image pluraliste du monde, véhiculée par la télévision et par la crise universelle de l'autorité. L'Eglise fut, elle aussi, taxée d'attitude non-démocratique et d'être vieux, A partir des années 1970 , le débat relatif aux questions éthiques prit une vigueur accrue, doublée d'un intérêt croissant pour le fait religieux.
Les mouvements de renouveau - contrairement à ce que l'on attendait il y a deux décennies - ont consolidé leurs positions, et le nombre des nouveaux groupes religieux s'est multiplié. L'intérêt des médias pour la vie religieuse a augmenté. La presse parle de la conversion des personnalités en vue et des grands rassemblements religieux. Le rôle des églises et des confessions religieuses Jusqu'à la fin du 19ième siècle, tout Finlandais devait être de confession luthérienne ou orthodoxe. Il fallut attendre le décret de non-conformité de 1889 pour que le statut d'autres Eglises protestantes fût officiellement reconnu et que l'appartenance à celles-ci fût autorisée. Les Baptistes et les Méthodistes furent les premières confessions officiellement reconnues.
La liberté de culte fut garantie en 1923, et avec elle le droit pour les citoyens de fonder librement des confessions religieuses ou de n'appartenir à aucune. L'Etat n'affirme plus la foi luthérienne, adoptant ainsi une attitude de neutralité religieuse. Les droits et les devoirs des citoyens ne dépendent pas des confessions religieuses qui sont les leurs ni des communautés auxquelles ils appartiennent.
Les écoles dispensent un enseignement religieux, conformément à la confession de la majorité des élèves de l'établissement. Si au moins trois élèves appartiennent à une confession particulière, leurs parents ou leurs gardiens peuvent demander un enseignement de cette confession. Les élèves qui n'appartiennent à aucune confession étudient différentes philosophies de la vie, si leurs parents ou leurs gardiens en manifestent le désir.
L'Eglise Evangélique-luthérienne de Finlande jouit d'une plus grande indépendance vis-à-vis de l'Etat que les Eglises luthériennes des autres Pays Nordiques. Le statut légal de l'Eglise évangélique-luthérienne est défini dans la Constitution et dans la Loi sur l'Eglise.
Dans la Finlande indépendante, l'Etat a repris certaines fonctions auparavant mises en oeuvres par l'Eglise. Néanmoins, l'Eglise évangélique-luthérienne et l'Eglise orthodoxe conservent des obligations qui pourraient, en pratique, être mises en oeuvre par l'Etat ou par les pouvoirs locaux. Les paroisses tiennent les registres locaux de la population dans lesquels leurs paroissiens sont inscrits; les personnes qui appartiennent à d'autres confessions et celles qui sont inscrites sur le registre civil - non-confessionnel - de la population sont enterrées, après leur mort, dans un des quelques mille cimetières gérés par les paroisses luthériennes. La relation entre l'Eglise orthodoxe et l'Etat est pratiquement la même que dans le cas de l'Eglise évangélique-luthérienne.
| L'Eglise évangélique-luthérienne |  |
En 2000, l'Eglise évangélique-luthérienne de Finlande comptait plus de 4,4 millions de membres, soit plus de 85% de la population, inscrits dans les paroisses.
L'Eglise évangélique-luthérienne comprend huit diocèses, elle a neuf évêques et près de 600 paroisses indépendantes. En moyenne, la paroisse compte 7.000 fidèles - quelques centaines pour les plus petites d'entre elles, plusieurs dizaines de milliers pour les plus importantes.
Le conseil paroissial est l'organe décisionnel suprême de la paroisse. Tous ses membres âgés de plus de 18 ans ont le droit de vote lors des élections au conseil paroissial.
L'organe décisionnel suprême de l'Eglise tout entière est le Synode; il fixe les doctrines, les politiques et les finances de l'Eglise. Le Synode se réunit deux fois par an.
Les diocèses ont, à leur tête, un évêque et un chapitre diocésain.
Les paroisses tirent 78% de leurs revenus de la taxe ecclésiale, qui s'ajoute à l'impôt d'Etat et à la taxe municipale. Cette taxe est versée individuellement par les paroissiens ainsi que par les entreprises et les associations. En 2000, les recettes fiscales des paroisses représentaient un total de 723 millions d'Euros. Le coût des aumôniers militaires et des aumôniers de prison est à la charge de l'Etat.
Les diverses activités de l'Eglise luthérienne se reflètent dans la structure de son personnel. Peu d'églises dans le monde, probablement, ont un pasteur/prêtre sur dix employés. En 2000, l'Eglise comptait 19,600 employés (à plein temps ou à temps partiel).
C'est par le culte, les divers offices et rites religieux que l'Eglise touche le mieux ses membres; en moyenne, chaque Finlandais assiste au moins une fois par an à un office religieux. Quelques 89% des enfants sont baptisés; une proportion encore plus élevée (90%) d'adolescents prennent part à la préparation en vue de la confirmation et sont confirmés. Environ 2% seulement des défunts Finlandais sont enterrés sans office religieux, et 80% des couples se marient à l'Eglise évangélique-luthérienne.
Une réforme du contenu de l'office divin est intervenue dans les années 1990. Le Synode a approuvé l'inclusion de quatre séries de chants à l'ordre révisé des messes. Deux de ces séries sont basées sur la tradition grégorienne classique, une autre s'inspire des chants folkloriques spirituels. Une série nouvellement ajoutée a été décrite comme étant de caractère anglican, tandis qu'une seconde série de chants - parmi les quatre - reproduit les chants, largement familiers, qui louent l'appartenance à la famille traditionnelle. En janvier 2000, le Synode a formellement approuvé le nouveau Missel, et la nouvelle liturgie est entrée dans la pratique durant la période de l'Avent de la même année.
Le long processus de réforme des services divins a fait place à un certain nombre d'offices célébrés à titre expérimental. Parmi ces offices alternatifs, qui visent les adultes, la Messe de Saint Thomas est devenue la plus significative, la plus suivie également. Cette messe a été célébrée pour la première fois à Helsinki, en avril 1988. Depuis, elle a gagné en popularité dans de nombreuses autres grandes villes finlandaises.
Durant les dernières décennies écoulées, l'Eglise évangélique-luthérienne de Finlande a commencé à affirmer une sensibilité accrue de ses responsabilités internationales. On en trouve la manifestation dans le soutien accru à l'oeuvre missionnaire, à l'aide au développement et à un intérêt accru pour l'effort oecuménique. L'aide à l'oeuvre missionnaire a doublé depuis le début des années 1980, et les recettes des collectes de l'Eglise destinées à l'aide étrangère se sont plusieurs fois multipliées.
L'Eglise gère un vaste réseau de contacts internationaux. Ceux-ci sont officiellement gérés par le Conseil chargé des relations internationales, sous la présidence de l'archevêque. Les contacts les plus poussés ont été forgés avec des organisations inter-Eglises, principalement avec la Fédération mondiale luthérienne et le Conseil mondial des Eglises. Les liens les plus vigoureux avec des églises individuelles sont ceux entretenus avec les Eglises luthériennes des autres Pays Nordiques, de l'Estonie et des Ingriens, auxquels s'ajoutent les liens avec les églises anglicanes au Royaume-Uni et l'Eglise orthodoxe russe.
En 2000, les organisations missionnaires de l'Eglise luthérienne déployaient leurs activités dans 33 pays - en Afrique, en Asie, en Amérique latine, dans la région Pacifique et en Europe. Elles comptaient plus de 500 missionnaires, dont la plupart oeuvraient en Asie et en Afrique. Les autres églises et communautés religieuses finlandaises comptent environ 600 missionnaires.
Les missionnaires et les travailleurs laïcs luthériens finlandais sont vivement appréciés pour leur travail “de terrain”, destiné à aider les gens; leurs projets sont jugés utiles, tant sur le plan financier que sur le plan pratique.
Largement chargées de l'oeuvre missionnaire et évangélique, les organisations chrétiennes ont aussi été impliquées, dans une certaine mesure, dans l'action avec les enfants et les jeunes, dans les activités de conseil et les activités connexes, ainsi que la publication. Ces organisations assument l'essentiel de la formation professionnelle des employés de l'Eglise.
Les mouvements de renouveau sont une composante acceptée de l'Eglise luthérienne et de la culture nationale; l'attitude négative observée vis-à-vis de ces mouvements - elle prévalait, dans le passé, dans un certain nombre de domaines de la culture - s'est adoucie. Ils sont considérés comme faisant partie de l'héritage de l'Eglise.
| L'Eglise orthodoxe |  |
C'est au 12ième siècle que l'influence chrétienne, venant de Novgorod, gagna la partie la plus orientale de la Finlande qui était la Carélie. La parole de dieu était prêchée par les moines, dont les monastères s'érigèrent en bastions de la foi. En 1809, la Finlande devint un Grand-duché autonome de la Russie impériale; l'Eglise orthodoxe était l'Eglise du tsar et faisait partie de l'Eglise d'Etat russe. Le christianisme orthodoxe se propagea vers l'ouest de la Finlande, principalement par l'intermédiaire des soldats et des marchands russes.
Vers la fin du 19ième siècle, des tentatives furent faites d'utiliser l'Eglise orthodoxe comme un instrument de la russification. Des suites de la Révolution russe et de l'Indépendance de la Finlande (1917), les liens de l'Eglise avec le patriarche de Moscou furent coupés et, en 1923, l'Eglise placée sous le Patriarcat de Constantinople reçut un statut autonome. Une tendance se dessina et s'affirma durant les premières années de l'indépendance: l'Eglise orthodoxe revêtit dans le pays un caractère plus finlandais.
Durant la seconde guerre mondiale, l'Eglise perdit ses monastères et 90% de ses biens; plus de deux-tiers de ses membres durent fuir et quitter leurs foyers. L'après-guerre fut une période de vigoureuse reconstruction; l'Etat finança la construction de nouvelles églises, de chapelles, de vicariats et de cimetières. Les communautés religieuses du monastère de Valamo et le couvent de Lintula, qui se trouvaient dans la région de Carélie cédée, furent rétablis à Heinävesi, dans l'est de la Finlande.
Le nombres des membres de l'Eglise orthodoxe chuta, dans les années 1950 et 1960, par suite de la forte proportion (près de 90%) de mariages entre luthériens et orthodoxes. Les enfants nés de ces mariages étaient habituellement baptisés dans la foi luthérienne. Une inversion de la tendance survint dans les années 1980, et le nombre des membres de l'Eglise orthodoxe commença à augmenter, le nombre de ceux qui adhéraient étant supérieur au nombre de ceux qui quittaient ses rangs. Elle compte 55.000 membres, à l'heure actuelle, ce qui représente 1,1% de la population finlandaise. Un intérêt croissant s'affirme, en particulier pour les traditions orthodoxes de Carélie et pour la vie liturgique de l'Eglise. Relocalisés, le monastère et le couvent de Lintula sont devenus d'importants lieux de pèlerinage. Valamo attire, chaque année, quelques 150.000 visiteurs.
| Autres églises et communautés religieuses |  |
L'Eglise catholique. Après la Réforme, l'Eglise catholique disparut de Finlande pendant plusieurs siècles, avant d'être officiellement rétablie, en 1929, date à laquelle elle fut officiellement enregistrée sous le nom d'Eglise catholique de Finlande. Elle compte environ 8.000 fidèles, dont la majorité vivent à Helsinki et dans quelques autres villes du Sud de la Finlande. Elle a plusieurs paroisses, et un diocèse indépendant pour l'ensemble du pays. Dans leur majorité, les prêtres et les nonnes sont originaires de Pologne. La Finlande entretient des relations diplomatiques avec le Vatican.
Les minorités protestantes. Le christianisme anglo-américain s'est propagé en Finlande durant la seconde moitié du 19ième siècle, et un grand nombre de confessions protestantes - notamment les Baptistes, les Méthodistes, l'Armée du Salut et les Adventistes - se sont établies dans le Pays. Bien que le soutien à ces églises ait progressivement augmenté, l'effectif cumulé de leurs fidèles reste inférieur à 1% de la population totale. La croissance a été la plus forte au sein du mouvement pentecôtistes, qui fit son apparition en Finlande au début du 20ième siècle; il compte présentement 50.000 fidèles.
Le Judaïsme. Il fut introduit au début du 19ième siècle, principalement par des marchants et des hommes au service de l'armée impériale russe. A la fin du siècle, le nombre de Juifs atteignait un millier, soit approximativement le même effectif qu'à l'heure actuelle. Dans les premières années du 20ième siècle, Helsinki, Vyborg et Turku eurent leur synagogue. De nos jours, seules Helsinki et Turku ont une synagogue.
L'Islam. Les premiers musulmans arrivés en Finlande vinrent, eux aussi, avec l'armée russe, vers la fin du 19ième siècle. Les fondements de la communauté traditionnelle, qui comptait environ un millier de musulmans furent établis par des marchands tatars, venus de Russie vers la fin du 19ième siècle. La congrégation islamique de Finlande a été enregistrée en 1925. La majorité des musulmans de Finlande vivent dans la région de la capitale. Durant les dix dernières années, l'afflux de réfugiés en provenance de pays musulmans a eu pour effet de grossir les rangs de la communauté islamique de Finlande. Mais seule une faible minorité de nouveaux venus se sont enregistrés au sein de la congrégation traditionnelle.
Autres communautés religieuses. On dénombre en Finlande une trentaine de communautés religieuses enregistrées, en sus de celles déjà mentionnées. A l'instar de ce que connaissent d'autres pays en Europe, de nombreux mouvements religieux sont actifs en Finlande.
| La coopération oecuménique |  |
Le conseil oecuménique de Finlande est l'organe de coopération entre la plupart des églises et communautés chrétiennes établies en Finlande.
Les membres du Conseil oecuménique de Finlande, en 200, sont:
L'Eglise évangélique-luthérienne L'Eglise orthodoxe L'Eglise libre de Finlande L'Eglise catholique de Finlande L'Armée du Salut La Congrégation Olaus Petri (une congrégation de l'Eglise luthérienne de Suède, basée en Finlande) La Mission baptiste de langue suédoise L'Eglise méthodiste de langue finnoise L'Eglise méthodiste de langue suédoise L'Eglise de la Convention missionnaire de langue suédoise L'Eglise anglicane L'Eglise évangélique internationale, ainsi que 18 organisation chrétiennes sont membres observateurs.
Caractéristiques de la religiosité en Finlande
Depuis la seconde guerre mondiale, la sécularisation s'est implantée, de plus en plus vigoureusement, dans tous les Pays Nordiques; la démarcation entre le sacré et le profane est nette. Les valeurs fondées sur la religion ont perdu de leur statut au sein de la société, pour être remplacées par de nouveaux ensembles de valeurs et de morales, dont les liens avec la religion et avec l'Eglise sont seulement ténus. En Finlande, la pénétration de la sécularisation a été la plus forte dans les grands centres urbains comme Helsinki et Tampere.
Toutefois, un regain d'intérêt marqué pour la religion s'est manifesté ces dernières années. La fin des années 1990 a été marquée par une recrudescence du nombre de ceux qui croient en Dieu selon la doctrine chrétienne. En 1999, la moitié de la population déclarait croire en Dieu selon les enseignements du christianisme, alors qu'au début des années 1990, un tiers seulement affirmait une telle conviction. En outre, un quart de la population déclarait qu'elle croyait en Dieu, mais différemment de l'enseignement de l'Eglise; 17% se déclaraient incertains de l'existence de Dieu. Même parmi ceux qui n'appartenaient à aucune communauté religieuse, la proportion des personnes animées de religiosité est substantielle.
La religiosité finlandaise revêt un caractère privé. Prier est la forme la plus commune de l'activité religieuse des Finlandais. Plus de la moitié d'entre eux (55%) déclaraient prier au moins une fois par mois, mais 8% seulement indiquaient qu'ils prenaient régulièrement part au culte organisé. Le pratiquant finlandais typique assiste plusieurs fois par an à l'office divin, en particulier à l'occasion des grandes fêtes. Bien que les Finlandais ne soient pas des pratiquants très actifs, dans la vie religieuse publique, le christianisme n'en est pas moins une composante significative de la vie quotidiennes d'un grand nombre de citoyens. La conviction religieuse ne trouve pas reflétée par une pratique ni par une fréquentation régulières de l'Eglise, mais elle trouve son expression sous la forme d'une religiosité de caractère privé. Une forme de religiosité, même latente, peut être activée lorsque survient une crise ou dans d'autres situations exceptionnelles.
La pratique religieuse est complétée par un intérêt affirmé pour la présentation des questions spirituelles et ecclésiales par les médias. La moitié de la population finlandaise lit, au moins une fois par an, un périodique religieux. Les programmes religieux à la télévision et les diffusions radiophoniques qui leur sont consacrées sont suivis ou écoutés par la majorité des Finlandais.
Les questions et les problèmes éthiques liés à la vie quotidienne sont perçus comme des questions qui affectent l'avenir de l'espèce humaine, elles font place à une sensibilisation qui a encouragé l'Eglise à ouvrir le dialogue avec différentes idéologies et écoles de pensée. Bien que maintes fonctions traditionnelles de l'Eglise se soient affaiblies, d'autres, souvent entièrement nouvelles, s'y sont substituées. |