Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /opt/data/sites/T015/16278/692/typo3conf/ext/oxcs_gestart/pi1/class.tx_oxcsgestart_pi1.php on line 144

Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /opt/data/sites/T015/16278/692/typo3conf/ext/oxcs_gestart/pi1/class.tx_oxcsgestart_pi1.php on line 160

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /opt/data/sites/T015/16278/692/typo3conf/ext/oxcs_gestart/pi1/class.tx_oxcsgestart_pi1.php:144) in /opt/engines/typo3/typo3_src-4.1.1/typo3/sysext/cms/tslib/class.tslib_fe.php on line 2898
Info-Finlande - Le site francophone sur la Finlande : Histoire
                                                             CultureEconomiePolitiqueSociétéTourisme
Recherche
Entreprendre
Etudier
Travailler
Visiter
La Finlande et Gustave III de Suède

Société > Histoire
30-11-04
Auteur : Nicolas Benard
Lorsque Gustave III monte sur le trône de Suède en 1771, la Finlande est un territoire annexé, meurtri par des guerres à répétition contre le voisin russe. L’économie est sclérosée et certaines zones du nord et de l’est souffrent de leur éloignement des principales villes du sud. L’Histoire n’a trop souvent voulu retenir que la politique militaire et belliciste de Gustave III dont les Finlandais ont fait les frais. Pourtant, 20 ans plus tard, lorsque Gustave-Adolphe IV succède à son père, la Finlande a changé.

En 1216, le pape Innocent III confirme le droit de la couronne suédoise d’acquérir la Finlande après que le roi Eric IX Jedvarsson (dit Eric le Saint) eut pénétré dans le pays. Pendant six cents ans, la Finlande est assujettie à son puissant voisin. Durant cette longue période, elle joue, en quelque sorte, le rôle de tampon entre la Suède et la Russie. Elle sert aussi bien souvent de champ de bataille lorsque Suédois et Russes décident de se faire la guerre. A la fin du 18ème siècle, le pays est donc peu développé, l’expression culturelle quasi inexistante et l’économie et le commerce sont léthargiques. Le règne de Gustave III, s’il ne modifie pas radicalement la donne, apporte néanmoins un certain nombre de changements positifs.
En 1216, le pape Innocent III confirme le droit de la couronne suédoise d’acquérir la Finlande après que le roi Eric IX Jedvarsson (dit Eric le Saint) eut pénétré dans le pays. Pendant six cents ans, la Finlande est assujettie à son puissant voisin. Durant cette longue période, elle joue, en quelque sorte, le rôle de tampon entre la Suède et la Russie. Elle sert aussi bien souvent de champ de bataille lorsque Suédois et Russes décident de se faire la guerre. A la fin du 18ème siècle, le pays est donc peu développé, l’expression culturelle quasi inexistante et l’économie et le commerce sont léthargiques. Le règne de Gustave III, s’il ne modifie pas radicalement la donne, apporte néanmoins un certain nombre de changements positifs.

Mais tout d’abord, qui est Gustave III ? Né le 24 janvier 1746, il est le fils d’Adolphe-Frédéric (qui règna sur la Suède de 1751 à 1771) et de Louise Ulrica de Prusse (1710-1782). Il succède donc à son père en 1771. Gustave III bénéficie d’une éducation brillante, inspirée par de nombreux écrivains français du siècle des Lumières. Il est aussi un grand admirateur de la France où il puise son inspiration économique et culturelle.

Le début du régne de Gustave III ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices pour les Finnois. Les conditions dans lesquelles vivent les populations locales sont loin de laisser espérer une amélioration. Les cadres locaux ne parlent et n’écrivent qu’en suédois car c’est dans cette langue que les forment les nobles suédois. En outre, ce sont uniquement des Suédois qui détiennent les rênes des postes les plus élevés de l’administration. Quant au finnois, il demeure une langue secondaire, et ce depuis les prémices de la domination suédoise. Le suédois et le latin sont les langues de l’enseignement et seul le suédois est utilisé dans l’administration. Cependant, le finnois reste la langue parlée par le peuple et dans les campagnes.

En terme de politique extérieure, Gustave III poursuit sur la voie initiée par ses prédécesseurs : celle de conflits quasi permanents avec la Russie. Cette politique se manifeste sous plusieurs formes. L’amélioration des moyens de prévention et de défense d’abord. C’est durant son règne que s’achève la construction de la forteresse de Sveaborg (ou Suomenlinna). Les travaux, qui avaient commencé en 1748, devaient durer quatre ans. Ils durèrent dix fois plus longtemps. « Sveaborg » signifie « forteresse suédoise » en suédois. Mais les Finnois préfèrent l’appeler Viapori. A l’origine, l’architecte Augustin Ehrenvärd souhaite construire tout un chapelet de fortifications sur les îles qui entourent Helsinki. La Suède espère ainsi prévenir l’éventualité d’une attaque de la part de la flotte russe, dont la base maritime principale se situe dans le golfe de Finlande.

Anjala

En 1788 , Gustave III déclare la guerre à la Russie dans le but de repousser la frontière Est de la Finlande. Durant ce conflit, un petit groupe d’officiers finnois se mutine. L’Histoire retiendra cette rébellion sous l’appellation suivante : la conjuration d’Anjala. Qu’est-ce qui a pu amener une poignée de soldats à s’élever contre l’autorité royale ? Les souffrances endurées au cours des derniers conflits et la montée de la puissance russe amènent les Finnois à douter de la capacité de la Suède à assurer leur protection. Quand une nouvelle guerre oppose le royaume à la Russie (1788-1790), alors que Gustave III n’avait pas obtenu l’autorisation du Parlement, ce pessimisme incite un groupe d'officiers à fomenter un complot. Leur but est de parvenir à créer un Etat autonome qui se placerait sous la protection de la Russie. L’une des figures importantes de cette mutinerie s’appelle Göran Magnus Sprengtporten (1740-1819), colonel dans l’armée suédoise. Entre 1778 et 1780, avec Gustaf Mauriz, il se rend à Paris où il prend connaissance des théories développées par Voltaire et les colons américains. A ce moment là, la France soutient les rebelles contre l’Angleterre. Au contact de ses idées, Sprengtporten commence à songer à une séparation de la Finlande avec la Suède. Quelques années après, Sprengtporten conçoit un plan afin de créer les Provinces Unies de Finlande, une république dont le modèle serait l’Amérique du Nord, tout en bénéficiant de la protection de la Russie. En 1786, il soumet son plan à l’ambassadeur russe en Hollande lors d’un nouveau périple hors des frontières de son pays. Ce memorandum est transmis à Catherine II. Il se rend à la fin de l’année 1786 en Russie, est reçu en grandes pompes par l’impératrice à Saint Petersbourg et obtient le grade de général dans l’armée russe. Cependant, l’appui espéré de la part des conjurés d'Anjala se solde par un échec. Peu d’officiers finnois y participent et elle est rapidement démembrée. Tous les mutins sont arrêtés, emprisonnés, et condamnés à mort pour haute trahison. Finalement, seul le colonel Johan Hästesko est exécuté le 9 septembre 1790 à Stockholm. Cette tentative de rébellion n'en traduit pas moins l'apparition d'un réel sentiment identitaire. Celui-ci trouve bientôt son expression dans l'œuvre d'un professeur de l'université de Turku, Henrik Gabriel Porthan, dont l'exemple encourage la génération montante à étudier le passé, la langue et la culture du peuple finnois. Conséquence : un grand nombre de nobles locaux commence à comprendre que la Finlande n’est rien d’autre qu’un champ de bataille entre la Suède et la Russie. Les Finnois sont enrôlés de façon disproportionnée dans l’armée par rapport aux Suédois. En outre, l’accumulation des guerres a augmenté considérablement les prélèvements imposés aux Finnois et limité les possibilités de développement économique et commercial.

Malgré toutes ces restrictions et l’apathie du pays, l’ère des changements s’amorce. Gustave III manifeste rapidement le désir de bouleverser l’ordre des choses, dans son intérêt certes, mais les conséquences sont inestimables pour le peuple finnois. Le pays, qui a souffert des différentes guerres avec la Russie, est le principal bénéficiaire de ces mesures. Dans le domaine de l’économie, l’ordonnance royale du 22 mars 1775 assure à la Finlande la liberté de commerce des grains, de la farine et de la pomme de terre. Auparavant, le système mercantiliste (encore en vigueur dans la plupart des pays européens) impose un contrôle total de la Suède sur l’économie de son voisin. Celle-ci est donc largement exploitée au profit des Suédois. Une minorité suédophone détient la mainmise sur la terre, le gouvernement et l’armée. Ce ne sont pas les quelques assemblées locales qui permettent aux Finnois de modifier l’équilibre économique et politique. Par ailleurs, la Finlande est un pays encore largement agricole. La middle-class finnoise voit son apparition retardée face à la domination commerciale des Hollandais et des Prussiens.

Les changements majeurs

En 1772, le roi présente un plan d’aménagement du pays dont la responsabilité est confiée à un ingénieur militaire, Jacob Nordencreutz. Ce plan définit plusieurs changements qui vont marquer la Finlande profondément. En premier lieu, le roi s’attaque au remaniement de la propriété foncière. Celle-ci repose désormais sur l’arpentage ainsi que sur une organisation cadastrale. Tous les lopins de terre sont donc mesurés afin d’en préciser la superficie et ils sont ensuite enregistrés dans des documents. Ces mesures sont officialisées dans l’édit du 28 juin 1775. Par ailleurs, une carte précise de la Finlande est élaborée.

Les changements majeurs interviennent suite au voyage que le roi entreprend en Finlande en juin 1775, accompagné de ses ministres et de ses conseillers. Il tient même une séance extraordinaire du Sénat à Helsingfors. L’ordonnance du 20 juin 1775 indique que le roi est conscient du travail à accomplir : « Nous avons en même temps examiné son économie intérieure [celle de la Finlande, ndr], et nous avons été profondément émus de ce qu’il a besoin d’aide et d’amélioration dans toutes ses parties. » D’un point de vue économique, Gustave III décide de suprimer l’écobuage (fertilisation du sol qui consiste à brûler la terre pour utiliser les cendres comme engrais). Des mesures sont prises pour attirer des immigrants dans les futures villes qui seront créées dans tout le pays. Pour permettre un meilleur contrôle du pays, celui-ci est redécoupé en districts moins étendus. Le roi émet par ailleurs la volonté de développer un réseau de routes pour rendre accessibles les régions les plus reculées. L’édit du 27 juin 1775 attribue à chaque paysan propriétaire (comme en Suède, il n’y a pas de servage) une parcelle de forêt.

Quelles sont les conséquences de cette politique ? Elles sont plutôt positives pour la Finlande. L’arrivée d’immigrants dans les régions de l’Est permettent l’instauration de 2 000 exploitations nouvelles. L’économie du pays connaît donc un regain historique. Comme prévu, quelques villes sont créées, comme Tammerfors (devenue Tampere), sur ordonnance du roi en 1779, sur une morraine glaciaire entre les lacs Näsijärvi et Pyhäjärvi. Première dans l’histoire du pays : les corporations sont supprimées et chacun est libre de travailler dans l’industrie et le commerce. Gustave III est fier de son travail, comme il l’écrit au comte de Creutz, ambassadeur de Suède à Paris, en 1775 : « Je crois que la Finlande n’oubliera pas trop vite mon voyage. » Néanmoins, d’un point de vue économique, la scierie reste la principale branche industrielle même si de nouvelles entreprises voient le jour dans le domaine de la verrerie, du sucre ou du papier.

Dans le domaine de la culture, en 1776 apparaît le premier journal de langue finnoise dans le pays : Suomenkieliset Tieto-Sanomat. L’Académie de Turku (fondée en 1640) accueille de brillants savants qui vont orienter leurs recherches à la fois dans la chimie (Johan Gadolin découvre un nouveau groupe de particules élémentaires), en biologie et en botanique (Pehr Kalm visite l’Amérique du Nord dont il rédige l’histoire naturelle ; on lui doit par ailleurs la première description des chutes du Niagara) ou dans les sciences humaines (Henrik Gabriel Porthan). L’association « Aurore » - animée par Porthan (surnommé le « père de l’historiographie finlandaise ») - s’intéresse alors à la langue et au folklore finnois. Par ailleurs, les premières maisons de théâtre sont fondées à la fin du 18ème siècle à Viipuri, Helsinki et Turku.

Le 17ème siècle a donc été largement favorable au développement économique et démographique de la Finlande. De 306 000 habitants au début des années 1720, la population passe à près d’un million au début du 19ème siècle. L’ère de Gustave III modifie profondément la réalité économique, commerciale et industrielle du pays. La culture a été florissante, ce dans de nombreux domaines. Son règne fut ainsi l’expression de ce que les historiens ont nommé le « despotisme éclairé », un savant mélange d’autoritarisme royal et de développement économique et culturel. Le roi meurt néanmoins assassiné lors d’un bal masqué, à l’opéra royal de Stochkolm en 1792. En 1809, la Suède est obligée de céder la Finlande qui devient Grand Duché de l’empire russe.

 

 

Liens
Pas de sélection à vous proposer pour le moment.
Si vous souhaitez nous proposer un contenu éclairant le sujet, utilisez le formulaire commentaire.
 
Vos commentaires
Vous souhaitez réagir sur cet article, écrivez-nous.
Retour à la liste

 
Essentiel de la Finlande
 
  Novembre
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30