| Culture et traditions |  |
La Finlande est le pays le plus forestier d’Europe. La forêt recouvre près de 70% du territoire. Conifères au nord, chênes, érables et bouleaux plus au sud, l’espace forestier finlandais se caractérise par une grande diversité. Au milieu de cet univers boisé, les Finlandais ont appris à évoluer et à adapter leurs habitudes de vie. Leur mode de vie culinaire, d’abord, est étroitement lié à la forêt et depuis longtemps, les populations locales en ont tiré l’essentiel de leur alimentation. La cuisine finlandaise se définit ainsi par une communion totale avec la forêt. De nombreux ingrédients proviennent en effet de cette dernière. Les viandes d’élan ou d’ours figurent parmi les composantes traditionnelles de l’art culinaire. L’ours, que l’on peut savourer en ragoût, en “ bourguignon ”, braisé ou encore rôti est un mets très apprécié. La chasse à l’ours est certes réglementée, soumise à une autorisation spéciale, mais elle fait partie intégrante du folklore local. Le droit coutumier finlandais autorise chaque citoyen à rapporter chez lui le fruit de ses “ récoltes ”. De la même façon, cette tradition très ancienne donne le droit à chaque Finlandais de circuler librement dans les forêts. Celles-ci offrent une fabuleuse diversité de baies en tous genres - framboises, mûres, myrtilles, fraises des bois, canneberges, mûre des marais, airelles, etc. - toutes riches en vitamines particulièrement recherchées dans un pays où les légumes se font rares pendant la majeure partie de l’année. Les Finlandais sont aussi très friands des différentes variétés de champignons qui sont légion dans les sous-bois de leur pays. Durant les mois d'automne, les bolets, chanterelles, girolles ou encore trompettes de la mort prolifèrent et attirent de nombreux promeneurs. Plusieurs millions de kilos de champignons et de baies sont ainsi cueillis chaque année par près de deux millions de Finlandais.Le bois se retrouve aussi dans la préparation de la farine. Au 19ème siècle, lorsque les récoltes de céréales étaient insuffisantes pour nourrir une population en pleine expansion, les agriculteurs n’hésitaient pas à ajouter à la farine de céréale de la farine du liber du pin (tissu qui constitue la face interne de l’écorce) dont les composants naturels possèdent des propriétés pharmacologiques et réduisent, entre autres, le risque de maladies cardio-vasculaires.La forêt est donc l’élément fondamental de l’alimentation du peuple finlandais. Elle est aussi l’épicentre des activités sociales, sportives et culturelles des populations locales. Mais attention ! Si les Finlandaises et les Finlandais apprécient ce contact avec la nature, ils ont conscience de sa fragilité et de leurs responsabilités vis à vis de la protection de leur environnement. Le bois est l’élément constitutif du lieu de sociabilité traditionnel en Finlande : le sauna. L’adjonction au logement de cette petite maison de bois est quasi systématique. Plus encore, le sauna est un art de vivre et centralise depuis toujours un certain nombre de rites de la vie sociale locale. Dans la Finlande d’antan, on naît dans le sauna, on s’y lave, on y fume le poisson. Bref, une partie de l’existence s’organise dans cet espace caractéristique de la culture finlandaise.La forêt est aussi le rendez-vous des amoureux de la marche. Certaines randonnées ont acquis une énorme popularité, ce bien au delà des frontières de la Finlande. C’est le cas du Tour de l’ours (Karhunkierros, en finnois), une randonnée pédestre de 80 kilomètres dans le parc d’Oulanka. Chaque année, entre 10.000 et 15.000 randonneurs relèvent le défi. Les amateurs du tourisme vert s’y rendent pour observer et admirer la foultitude d’espèces sauvages - loups, gloutons, lynx, castors, oiseaux – ainsi que les nombreuses espèces de la flore locale. L’hiver, les safaris à chiens de traîneaux attirent des sportifs du monde entier. On trouve en Finlande les dernières forêts sauvages d’Europe. Cette préservation renforce le caractère original de la forêt finlandaise. | Economie, écologie et développement |  |
La relation qu’entretient le peuple finlandais avec le bois ne se limite évidemment pas à ces activités culinaires, culturelles et sportives. Le bois est surtout le moteur de l’économie locale, ce depuis plusieurs siècles. L’exploitation des forêts s’inscrit cependant dans une politique de respect de l’environnement. Le bois présente l’avantage d’être une ressource naturelle renouvelable et peu polluante. La densité importante de la forêt a donc naturellement orienté l’économie du pays vers l’exploitation de celle-ci. La sylviculture et les industries de papier représentent historiquement l’une des bases de l’économie locale. La Finlande est par ailleurs le premier producteur mondial de pâte à papier. Elle exporte 10 millions de tonnes de papier, ce qui représente ¼ des exportations internationales.
En Finlande, le bois est partout et son utilisation semble illimitée. On le trouve dans les meubles, bien sûr, dont certaines entreprises ont fait leur spécialité. Il est aussi le matériau utilisé pour des projets de grande envergure, comme cette zone urbaine construite entièrement en bois en périphérie de l’Université d’Oulu. Cette ville du nord de la Finlande abrite aussi un stade dont la structure est entièrement faite de bois. D’autres grands projets architecturaux ont vu le jour ces dernières années. Ouvert en 2000, le Palais Sibelius, situé à Lahti, dans le sud du pays, a la particularité d’être entièrement conçu à base de bois. L’acoustique est, paraît-il, l’une des grandes bénéficiaires de ce choix. Le pont ouvert en 1999 sur le détroit de Vihantasalmi à Mäntyharju est, avec ses 182 mètres de longueur, le plus grand pont-route en bois du monde. Les universités et les grandes écoles ont depuis plusieurs années orienté leurs recherches vers le développement des technologies du bois.
L’utilisation récurrente du bois à des fins économiques et technologiques a pourtant engendré un certain nombre de critiques. L’organisation écologique Greenpeace dénonce en effet l’exploitation intensive des forêts susceptible de menacer l’équilibre et la biodiversité des écosystèmes locaux. Certaines espèces protégées comme l’ours brun, l’écureuil volant ou le pic tridactyle seraient menacées. Greenpeace reproche aux autorités finlandaises l’absence d’une véritable politique de protection des forêts anciennes, qui ne représentent plus que 5% du paysage forestier. Enfin, l’organisation montre du doigt les géants de la transformation du bois dont les intérêts commerciaux feraient parfois fi du mode de vie traditionnel des Lapons.
Reste que les ressources en bois ont considérablement augmenté depuis ces 25 dernières années, passant de 1,5 à 2 milliards de mètres cubes. Le lien historique et quasi charnel qui unit le bois à la nation finlandaise semble indissoluble. Il prouve en tout cas qu’il est possible d’associer le développement économique et technologique à la préservation de l’environnement et de l’identité culturelle. |