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Bilan environnemental

Société > Environnement
19-10-09
Auteur : Nicolas Benard
L’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques) a publié avant l’été, sous la forme d’un rapport détaillé, le bilan environnemental de la Finlande. Photo: Pajukallio Tero  

 Le document a été présenté le 5 juin 2009, lors d’une conférence de presse, par les ministres finlandais de l'Environnement et du Logement, Mme Paula Lehtomäki et M. Jan Vapaavuori, ainsi que par le directeur de l’Environnement auprès de l’OCDE, M. Lorents Lorentsen.

Après l’Australie, le Danemark et la Turquie en 2008, c’est donc au tour de la Finlande de se voir attribuer bons points et bonnets d’âne de la part de l’organisation internationale dont le siège est à Paris. Incontesté et, manifestement incontestable, ce rapport passe au crible les progrès et lacunes de la Finlande depuis le précédent examen de ses performances environnementales, en 1997.

Il évalue dans quelle mesure le pays a atteint ses objectifs nationaux et respecté ses engagements internationaux concernant la gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Ce type de rapport a souvent valeur d’exemple pour les pays qui cherchent des solutions efficaces aux problèmes environnementaux.

Les travaux de l’OCDE portent sur sept thèmes : l’économie, la société, le développement, la finance, la gouvernance, l’innovation et la durabilité. Dans le cadre de la durabilité, l’environnement fait partie d’un des quatre sous-axes de recherches avec le développement durable, les pêcheries et l’énergie.

Les objectifs de l’organisation sont de fournir aux gouvernements, selon ses propres termes, « des éléments d'analyse utiles à la formulation de politiques de l'environnement efficaces et économiquement rationnelles, notamment sous la forme d'examens de leurs performances, de données, d'analyses des politiques et de projections. » Un appui aux politiques gouvernementales qu’elle réalise depuis 1992.

D’un point de vue économique, la période examinée par l’OCDE (1997-2008) a été marquée par la poursuite de la croissance amorcée en 1995, juste avant l’adhésion de la Finlande à l’Union européenne. L’activité économique devrait néanmoins être ralentie à cause de la crise, avant de repartir en 2010. La crise, justement, pourrait être l’occasion de promouvoir innovation et investissements plus respectueux de l’environnement pour encourager la relance économique.

Mention assez bien

La Finlande peut s’enorgueillir d’un premier succès : l’amélioration de la qualité de l’environnement, pour la période 1997-2008, grâce notamment à la mise en place d’écotaxes. Le secteur industriel a évolué positivement en intégrant, aux stratégies de développement, des systèmes de management environnemental. En 2000, plusieurs lois relatives à l’occupation des sols et à la protection de l’environnement ont été votées par le Parlement.

Des instruments économiques ont par ailleurs été développés afin d’inciter particuliers et professionnels à mesurer, donc à diminuer, l’impact de leurs activités sur l’environnement. Le fameux  principe « pollueur / payeur » a ainsi été généralisé.

Le renforcement de la protection de la faune et de la flore, au travers du programme METSO, reçoit lui aussi les félicitations du jury. Déjà, pendant sa présidence de l’Union européenne, au second semestre 2006, la Finlande avait préparé un programme environnemental ambitieux, notamment dans le cadre de la protection des forêts européennes.

Le programme METSO pour la biodiversité forestière en Finlande méridionale, établi pour la période 2003-2007, complète le Programme forestier national 2010 au niveau des objectifs relatifs aux caractères économiquement et socialement durables. Des nouveaux moyens basés sur l’action bénévole des propriétaires forestiers ont été envisagés pour assurer la sauvegarde de la biodiversité. Les projets-pilotes de METSO ont testé, par exemple, le commerce des valeurs naturelles, les appels d’offre compétitifs et les réseaux de coopération.

Enfin, la Finlande, dans le cadre de ses actions diplomatiques au sein de l’UE, a encouragé les pays nordiques et les pays de l’Est à s’engager dans la voie du développement durable.

Peut mieux faire

Si le développement durable fait partie des grands principes de l’action publique en Finlande, le rapport de l’OCDE formule néanmoins, et c’est bien là son intérêt, 43 recommandations pour inciter le(s) gouvernement(s) à aller encore plus loin.

Trois grandes idées se démarquent pour faire face aux défis environnementaux : d’abord, amplifier les efforts de gestion de l’environnement dans les domaines des déchets et de la protection de la nature ; ensuite, mieux intégrer ces préoccupations dans les décisions économiques ; enfin, renforcer la coopération internationale.

Malgré certaines mesures instaurées par les autorités, les émissions de gaz à effet de serre (Nox) dépassent encore les engagements souscrits au titre du Protocole de Kyoto. Concernant les nuisances sonores, règlements divers, investissements et incitations économiques visant à réduire l’exposition au bruit demeurent insuffisants : un sixième de la population finlandaise est encore exposée à des niveaux de bruit trop élevés, en raison notamment de l’accroissement du volume de la circulation.

A propos des déchets, les objectifs du Plan national de gestion des déchets (NWP) de 1998 n’ont été qu’en partie atteints. Le Plan 2016 devra renforcer le service de tri et la valorisation des déchets.

Pour ce qui concerne la biodiversité, l’OCDE regrette que la Stratégie nationale, adoptée pour la période 2006-2016, ne comporte pas d’objectifs quantitatifs. La biodiversité continue de reculer et le nombre d’espèces d’oiseaux menacées semble avoir augmenté depuis le précédent bilan établi au début des années 1990. Par ailleurs, les programmes de protection des espaces manquent d’homogénéité.

L’OCDE préconise ainsi un remaniement du cadre institutionnel afin de calculer les aides aux propriétaires selon des critères strictement environnementaux. In fine, le tourisme rural, basé sur l’équilibre naturel, pourrait être encouragé car les avantages en termes de santé, d’emploi et d’environnement seraient très largement profitables à la population.

L’OCDE dresse au final un bilan plutôt favorable de la politique environnementale finlandaise même si une certaine marge de progression existe. Une réalité dont semble avoir conscience le gouvernement de Matti Vanhanen qui, dans son programme politique présenté en avril 2007, insistait sur la nécessité d’aboutir à un équilibre entre l’homme à la nature.


Pour en savoir plus :


OCDE : www.oecd.org/home/0,3305,fr_2649_201185_1_1_1_1_1,00.html

Programme METSO : wwwb.mmm.fi/metso/international

 

 

 

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