| Histoire d’un succès |  |
Telle est la conclusion d’une vaste étude comparative menée en 2000 et 2003 sur le système éducatif de 30 pays membres de l’OCDE, ainsi que de 11 autres pays : le Programme de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA), qui porte sur la comparaison des acquis scolaires des jeunes de 15 ans en lecture et orthographe, en mathématiques et en sciences naturelles ; on relèvera que le Programme PISA 2000 avait pour objet les acquis en lecture et orthographe, tandis que l’édition 2003 du programme portait sur les mathématiques et la résolution de problèmes ; un troisième programme donnera lieu en 2006 à une étude ayant pour thème les sciences naturelles. Quant à l’étude PISA la plus récente, correspondant à 2003 et dont les conclusions ont été rendues publiques en décembre 2004, elle concernait 6235 élèves finlandais issus de 197 écoles différentes.
Les jeunes finlandais se sont vus attribuer la première place du classement pour la lecture et l’orthographe, le calcul et les sciences naturelles ; pour l’aptitude à la résolution de problèmes, ils se sont retrouvés à très peu de chose près en seconde position derrière les coréens. Dans toutes ces matières, les scores finlandais dépassaient d’environ 40 à 50 points le score moyen des pays de l’OCDE, qui est de près de 500 points.
Les performances finlandaises révélées par l’étude PISA ont largement attiré l’attention internationale sur la Finlande, d’autant que ces résultats sont corroborés par d’autres études internationales portant sur le même thème : en particulier en Allemagne, les conclusions de l’étude ont fait l’objet de près de 300 articles de presse visant à présenter le système éducatif finlandais ; de même, des milliers de visiteurs de toute l’Europe et d’autres parties du monde sont venus sur place observer ce système éducatif spécifique.
La compréhension des besoins des enfants, clé de la réussite
D’après l’étude de l’OCDE, le point fort du système éducatif finlandais réside en particulier dans le fait qu’il garantit des chances égales d’accès au savoir indépendamment de l’origine sociale des élèves. Plutôt que prôner la confrontation de leurs résultats entre les élèves, l’Ecole finlandaise tend à soutenir et à accompagner ceux des élèves présentant des besoins spécifiques ; par ailleurs, il est très rare en Finlande qu’un écolier doive redoubler.
La réussite des petits finlandais s’explique par plusieurs facteurs : le sentiment de sécurité et la motivation des jeunes enfants est renforcée par le fait que tout au long de leur scolarité dans les petites classes, c’est un enseignant unique qui leur est attaché, et qu’aucun système de notation n’est appliqué ; d’autre part, les relations entre enseignants et élèves sont en Finlande marquées par le naturel et la chaleur humaine, et une attention particulière est accordée au caractère agréable et incitatif de l’environnement scolaire.
Le pays bénéficie d’un vaste réseau de bibliothèques proposant de services à la pointe du progrès, dont l’objet est de renforcer l’enseignement scolaire. Les jeunes finlandais sont de très grands lecteurs, et ils ont également tendance à apprendre les langues étrangères d’autant plus facilement que la télévision nationale diffuse les programmes étrangers non pas en version finnoise, mais en version originale sous-titrée.
| Une journée à l’école |  |
Il est un peu plus de 8 heures du matin ; en ce mois d’octobre, le jour se lève à peine lorsque les élèves de 7 à 13 ans de l’Ecole Primaire Strömberg se débarrassent de leurs anoraks, bonnets et chaussures en les rangeant au vestiaire correspondant à leur groupe respectif. Dans le hall d’entrée de l’établissement crépite un agréable feu de cheminée allumé pour la joie des enfants par Keijo Hämäläinen, le gardien de l’école ; dans les couloirs retentissent les apostrophes familières et décontractées par lesquelles les écoliers, les enseignants et autres membres du personnel de l’établissement se saluent : tout le monde se connaît dans cette école, et les enfants s’adressent aux adultes en les appelant par leurs prénoms, comme il est d’usage en Finlande. En attendant le début des cours, les garçons extraient de leurs cartables leur toupies Beyblade pour se livrer pour encore quelques instants à une mini-compétition ; puis les enfants rejoignent à leur propre rythme le groupe dont ils sont membres et dont le nom évoque un animal de la nature finlandaise : les Elans, les Ours, les Renards, les Lynx, les Faucons, les Belettes, les Phoques, les Grand-ducs et les Loups. L’école compte aussi une classe de Castors conçue pour les enfants affectés d’un handicap important ; une fois ces derniers déposés dans la cour de l’école en taxi à l’heure de la rentrée des classes, la journée scolaire peut débuter.
Située dans le quartier de Pitäjänmäki à Helsinki, l’Ecole Primaire Strömberg se trouve au cœur d’un ancien quartier industriel, dont les parcelles ont vu pousser au cours de ces dernières années des immeubles d’habitation modernes. Traversé par plusieurs importantes artères de communication de l’ouest d’Helsinki, Pitäjänmäki est distant de 10 kilomètres environ du centre ville. Il s’agit d’un secteur socialement mélangé, les habitants étant aussi bien des ménages au niveau de vie confortable et propriétaires de leur logement que des personnes à revenus modestes, ou encore des familles bénéficiaires d’allocations sociales et logées dans des HLM gérées par la Ville. Par ailleurs, le quartier compte davantage de populations immigrées qu’on n’en observe en moyenne sur le territoire d’Helsinki.
Pour ce qui est de l’école, il s’agit d’un établissement primaire de la Ville d’Helsinki, dont les élèves sont issus de familles habitant le quartier ou ayant suivi par exemple le cycle d’enseignement pré-primaire Montessori. L’Ecole Strömberg occupe les locaux d’anciens ateliers de construction mécanique, qui ont été agrandis et adaptés en fonction des besoins de l’enseignement scolaire en 2000. Madame Päivi Ristolainen-Husu, directrice de l’école, a été associée dès l’origine à l’élaboration du projet pédagogique de l’établissement et à l’aménagement des lieux, ce afin que le nouvel espace soit au service d’une conception moderne de la « bonne pratique » éducative. A l’instar d’une tendance générale dans les pays scandinaves, les locaux scolaires sont clairs et spacieux, les matériaux employés solides et les couleurs chaleureuses. Outre les salles de classe proprement dites, l’école compte un atelier de composition de bulletins d’informations internes, un atelier d’arts manuels, un atelier de musique, un atelier d’expression, un atelier de sciences naturelles et d’initiation à l’écologie, ainsi qu’une salle de sports et une bibliothèque. Parmi les particularités de l’établissement, citons un petit jardin d’hiver, un coin canapé destiné à assurer le confort des pauses lecture des enfants, ainsi que des tables conçues pour jouer aux échecs.
L’apprentissage par l’action
Mais revenons aux salles de classe : un certain nombre de groupes étudient dans le cadre de la classe dont ils relèvent, les matières enseignées étant notamment le finnois et les mathématiques. Pour ces cours, les enfants arrêtent d’un commun accord avec les enseignants les objectifs hebdomadaires et choisissent les devoirs qu’ils accompliront ensuite au rythme qui est propre à chacun. Dans le même temps, les autres groupes se succèdent dans les ateliers où ils se consacrent aux travaux pratiques, mettant ainsi en œuvre ce qu’ils ont appris par ailleurs en classe : ainsi, chaque groupe passera une semaine à tour de rôle notamment à l’atelier d’imprimerie afin d’y réaliser un petit journal spécifique à leur classe. Quant aux ouvrages scolaires, les enfants en font relativement peu usage ; leurs sacs et cartables sont en revanche remplis de toutes sortes de cahiers où ils notent tout ce qu’ils apprennent et font leurs devoirs. Les écoliers ne passent nullement leurs cours à se creuser la tête en silence, car il est d’usage de circuler dans la salle de classe à la recherche d’informations, d’aller demander conseil au professeur et de travailler de concert avec les autres élèves ; au besoin, les enfants s’accorderont même un instant de repos sur les canapés prévus à cet effet. Même si l’ambiance de la classe est animée, le professeur veille avec fermeté à garder le contrôle de la situation : les enseignants de l’Ecole Strömberg ont une autorité naturelle, ce qui leur permet de faire un moindre usage des méthodes autoritaires.
Les cours durent en général une heure et demie, ce laps de temps étant entrecoupé d’une récréation d’une demi-heure que les écoliers passent à l’extérieur pratiquement par tout type de temps. La cour de l’école compte des équipements ludiques, et l’on trouve à immédiate proximité de l’école un terrain de sport à la libre disposition des élèves, qui y pratiquent le football en été, et le patinage en hiver.
L’établissement applique les méthodes du pédagogue français Célestin Freinet, qui mettent l’accent sur l’apprentissage par l’action et l’éveil du sentiment d’appartenance à la collectivité. Madame Ristolainen-Husu observe que même si le projet pédagogique national finlandais tout comme l’orientation pédagogique de la Ville d’Helsinki s’inspirent des idées du Mouvement Freinet, le modèle issu de ces méthodes a été poussé encore plus avant à l’Ecole Strömberg, du fait que les locaux scolaires ont été dès l’origine conçus en fonction des nécessités de l’apprentissage en ateliers et pour soutenir l’activité individuelle de chaque élève.
Ceci signifie également que l’école applique dans ses classes un principe d’intégration par rapprochement de groupes d’âge, chaque groupe comptant des enfants issus de deux classes d’âge différentes. Les différences de niveau entre enfants du même âge sont parfois très importantes, mais les choses deviennent plus naturelles et la comparaison avec le voisin tend à moins s’exercer lorsque la classe compte des éléments d’âge différent. Quant aux élèves se révélant plus lents ou plus rapides que la moyenne à assimiler les connaissances, des devoirs adaptés à leur cas leur sont proposés.
Toutes fenêtres ouvertes sur le monde
Le projet pédagogique de l’école a pour objet principal l’apprentissage du travail : ceci veut dire que dès leur première classe, les élèves participent à la gestion des affaires communes de l’établissement : ils s’occupent, tant en groupe qu’individuellement, à tour de rôle, des plantes agrémentant l’école, de la bibliothèque, de la collecte, du recyclage et du compostage des papiers, de la propreté de la cour, de l’entretien de l’aquarium, ils prêtent main forte en cuisine, rendent service à leurs camarades handicapés, ou encore apportent leurs bons soins à la tortue Pertsa, hôte de l’atelier d’initiation à l’écologie. L’apprentissage du travail est placée sous la responsabilité des adultes de l’école non membres du corps enseignant : personnels d’entretien et de cuisine, gardien de l’école, secrétaire et assistante administrative de l’établissement. Ainsi, la responsabilité éducative incombe uniformément à tous à l’Ecole Strömberg, et l’on y est attentif à éviter de faire jouer tout rapport de force hiérarchique superflu entre membres du personnel.
L’école est également ouverte à la société environnante : ceci implique notamment que les parents d’élèves sont toujours les bienvenus pour assister aux cours, et que leurs connaissances sont mises à contribution dans les ateliers comme aux cours du soir. Par ailleurs, les classes effectuent souvent des excursions et des visites dans différents lieux ; à titre d’exemple, l’école toute entière suit et soutient le projet d’aide au développement menée par l’Organisation mondiale de protection de la nature pour le sauvetage du lac Malawi, au Kenya.
Tous les ans, l’Ecole Strömberg propose à tous les élèves un thème commun qui est abordé sous un angle interdisciplinaire : selon l’année, ce thème pourra être successivement l’eau, la terre, l’air ou le feu. Pour une plus approche plus complète encore du thème, l’école associe à sa démarche le parc de jeux Strömberg ainsi que la halte-garderie Mestari.
| Et maintenant, à table ! |  |
Après avoir emmagasiné tant de connaissances, il est l’heure de faire une pause bien méritée ; d’ailleurs, les estomacs commencent à crier famine ! Passons donc au réfectoire de l’école pour le déjeuner. Comme tous les établissements scolaires finlandais, l’Ecole Strömberg sert quotidiennement à ses élèves un repas chaud et gratuit : aujourd’hui, le menu comporte des boulettes de viande et de la purée de pommes de terre, plat qui tient depuis des décennies la première place au palmarès des préférences des enfants ; en accompagnement, on trouve de la salade, complétée par du pain et du lait. Des plats adaptés sont par ailleurs prévus pour les enfants soumis à des règles nutritionnelles spécifiques du fait de leur religion ou de leur santé. Les élèves prennent leur repas sur des tables joliment arrangées et recouvertes de nappes ; en toute saison, des vases garnis de fleurs fraîches décorent ces tables.
La construction ou l’entretien de l’Ecole Strömberg n’ont nécessité aucuns moyens financiers supérieurs à la moyenne ; l’action de l’école ne lui a pas moins valu d’accueillir de nombreux visiteurs de toute la Finlande et de l’étranger désireux de s’inspirer du fonctionnement de l’établissement ; de même, des architectes du monde entier viennent découvrir le bâtiment scolaire tel qu’il a été conçu par les architectes Kari Järvinen et Merja Nieminen. En fonction du jour de la semaine et de la classe, la journée scolaire s’achève entre midi et 14 heures. Comme il est courant en Finlande, la quasi-totalité des parents d’élève, père et mère, travaillent à plein temps, et les petits écoliers trouveraient le temps long à rester seuls chez eux à longueur d’après-midi ; c’est pourquoi la Ville a construit à proximité de l’école le parc de jeux Strömberg, situé au bout d’une voie interdite à la circulation automobile, où les élèves ont de quoi s’occuper. Ce parc comprend de vastes et agréables espaces extérieurs où l’on trouve équipements ludiques et jeux, ainsi que deux bâtiments qui permettent aux enfants de faire leurs devoirs ou de s’adonner à des jeux d’intérieur. Cinq moniteurs veillent au confort des enfants, et l’après-midi un goûter leur est servi à prix coûtant ; cette dépense modique mise à part, l’usage du parc de jeux est gratuit. Par ailleurs, la pédagogie Freinet s’applique ici tout comme à l’école, les enfants étant amenés à contribuer par eux-mêmes à la qualité et à l’agrément de leur séjour dans cet espace de jeu. A partir de 16 heures, les allées et venues se font nombreuses à mesure que les parents, journée de travail terminée, viennent chercher leur progéniture : comme d’habitude, les pantalons des enfants sont crottés aux genoux et leurs gants mouillés, signe qu’une fois encore, il s’est passé beaucoup de choses au parc, et qu’on s’en est donné à cœur joie grâce à toutes sortes de jeux ! Il ne reste plus qu’à se mettre le cartable sur le dos et à faire un signe de la main aux moniteurs : « Allez, à demain ! » Gratuité de l’école pour tous et formation tout au long de la vie sont les caractéristiques du système éducatif finlandais Dès la proclamation par la Finlande de son indépendance, en 1917, les dirigeants de la jeune république nordique prirent conscience de la place primordiale de la formation dans l’épanouissement de la nation : promulguée en 1919, la Constitution finlandaise instituait ainsi la scolarité obligatoire pour tous, la gratuité de enseignement de base également pour tous, ainsi que l’obligation pour les pouvoirs publics de créer le cadre d’un enseignement professionnel et supérieur.
L’enseignement de base
Le parcours scolaire du petit finlandais commence par son entrée à l’école primaire à l’âge de 7 ans. Gratuit et applicable à toute la classe d’âge correspondante, le cycle d’enseignement qui s’ensuit dure 9 ans. Tout finlandais est tenu de fréquenter l’école jusqu’à ses 17 ans, ou jusqu’à achèvement du cycle d’enseignement de base. L’organisation de cet enseignement relevant de la responsabilité de la commune de résidence de l’élève, les communes finlandaises ont construit en particulier un grand nombre d’écoles élémentaires. Tout le matériel nécessaire à l'enseignement de base est gratuit pour l’élève, et les services assurés par l’école comprennent également un repas chaud gratuit quotidien, la médecine scolaire ainsi que le transport scolaire gratuit pour ceux des enfants dont le trajet entre leur domicile et l’école s’avérerait trop long ou malaisé à pied ou par les transports en commun.
Depuis quelques années, les enfants de 6 ans se sont vu proposer de commencer leur scolarité par un cours préparatoire d’un an auquel participent la majeure partie des natifs de la classe d’âge correspondante.
La Finlande est un pays bilingue, et l’enseignement y est disponible indifféremment en langue finnoise ou suédoise. Par ailleurs, les grandes villes disposent d’établissements où l’enseignement s’effectue dans d’autres langues, et qui sont ouverts tant aux jeunes finlandais qu’aux enfants issus de l’immigration.
Les communes sont également tenues d’assurer toutes conditions d’enseignement aux enfants et adolescents qui, par suite d’une maladie ou d’un handicap, ne seraient pas en mesure de suivre l’enseignement de base habituel : concrètement, tout enfant finlandais est scolarisé.
Les lycées et la formation professionnelle de base
Près de la moitié des éléments d’une classe d’âge donnée poursuivent leurs études au lycée. L’enseignement communal assuré dans ces derniers établissements est pareillement gratuit, de même que le repas chaud, indissociable de la journée scolaire. L’enseignement au lycée, à base de cours et de nombreuses matières optionnelles, dure en moyenne 3 ans et est sanctionné par l’examen du baccalauréat national : ce diplôme assure à son détenteur une éligibilité de base pour poursuivre ses études dans un établissement d’enseignement supérieur ou un établissement de formation professionnelle.
L’enseignement au lycée peut être remplacé par un cycle de formation professionnelle de 3 ans, qui comprend à la fois des matières de culture générale et des cours visant à préparer à l’exercice d’un métier. Ce parcours scolaire est choisi par la quasi-totalité de ceux des élèves d’une classe d’âge donnée qui ne sont pas entrés au lycée, car seuls 6% des jeunes mettent un terme à leur scolarité à l’issue du cycle d’enseignement primaire. Quant à la formation professionnelle de base, elle peut aussi s’effectuer dans le cadre d’un contrat d’apprentissage, ce qui permet aux jeunes d’apprendre leur métier par la pratique tout en suivant une formation théorique complémentaire ; ceux d’entre eux qui auront passé avec succès les épreuves de leur brevet professionnel pourront ensuite poursuivre une formation dans des instituts universitaires professionnalisés ou d’autres établissements d’enseignement supérieur.
Les établissements d’enseignement supérieur
L’enseignement supérieur est dispensé soit en institut universitaire professionnalisé, soit en établissement d’enseignement supérieur polytechnique : les premiers assurent une formation visant au haut niveau de compétence qu’exige la vie professionnelle, tandis que les autres favorisent la recherche scientifique et permettent à leurs étudiants de mener un cursus de type universitaire classique.
Les établissements d’enseignement supérieur enregistrent tous les ans un nombre de candidatures supérieur à leurs capacités d’accueil ; la sélection des candidats admissibles a lieu, en fonction des établissements, sur la foi des examens de fin d’études secondaires et d’un concours d’entrée, étant entendu que l’objectif stratégique national est d’assurer à deux jeunes finlandais sur trois une place dans un institut universitaire professionnalisé, ou autre établissement supérieur.
Les finlandais fréquentent longtemps les bancs de l’école et de l’université, puisque de nombreux jeunes gens n’achèvent leur formation professionnelle qu’à 20 ans passés, et qu’un nombre notable d’étudiants n’obtiennent leur diplôme d’études supérieures qu’au-delà de l’âge de 25 ans. L’objectif qu’affiche la Finlande est celui de la formation tout au long de la vie, et de très nombreuses possibilités de formation continue financées par la collectivité s’offrent aux adultes déjà insérés dans la vie professionnelle ; par ailleurs, le fait de se former à un nouveau métier n’est nullement un cas de figure exceptionnel.
A quelque échelon que l’on se situe au sein du système éducatif, les études sont gratuites en Finlande, et les étudiants peuvent bénéficier de diverses allocations d’études financées sur fonds publics, au titre de leurs besoins courants ainsi que de leurs dépenses de repas, de logement et de santé. Les établissements d’enseignement sont, d’une façon générale, la propriété des communes ou de l’Etat ; exception faite des établissements universitaires et des hautes écoles, il existe cependant un nombre relativement limité d’établissements d’enseignement privé dont le financement est lui aussi d’origine publique, sous réserve que ces écoles se conforment au cahier des charges édicté par la collectivité nationale. En raison de l’étendue et de la qualité du système éducatif national, le domaine de l’enseignement de base ne s’est guère prêté en Finlande à l’éclosion d’un phénomène de concurrence de la part du secteur privé, et par rapport à de nombreux pays occidentaux la concurrence du privé reste faible, même aux autres échelons de l’enseignement.
Contenu pédagogique et méthodes d’enseignement en Finlande
Les cours sont suivis en groupe constitués dans les petites classes par 24 élèves au maximum issus d’une même classe d’âge. Au cours des 6 années correspondant à l’enseignement primaire finlandais, les élèves sont suivis par un maître ou une maîtresse ayant vocation à enseigner pratiquement toutes les matières ; puis au cours des 3 années de lycée qui suivent, les adolescents sont pris en charge par des professeurs enseignant chacun une matière distincte. Certains élèves bénéficient par ailleurs d’un enseignement spécialisé, par exemple en cas de besoin de rééducation orthophonique, de difficultés d’orthographe ou d’autres difficultés particulières.
Les matières enseignées à l’école primaire sont au minimum la langue maternelle (finnois ou suédois) et la littérature, les langues étrangères, les sciences de l’environnement, l’éducation civique, la religion (ou alternativement la morale), l’histoire, la sociologie, les mathématiques, la physique-chimie, la biologie, la géographie, la gymnastique, la musique, les arts graphiques, les travaux manuels ainsi que l’économie domestique. Même si les objectifs et les fondements de l’enseignement sont communs aux établissements scolaires de l’ensemble du pays, les communes et les écoles déterminent leur projet éducatif par elles-mêmes.
Un effort particulier pour les langues étrangères
Un effort particulier est accordé dans les écoles finlandaises à l’apprentissage des langues étrangères. L’élève entame l’étude de sa première langue étrangère en troisième année d’école primaire, et celle de la seconde langue nationale (le suédois pour les fennophones et le finnois pour le suédophones) en septième année du cycle primaire, ceci au cas où l’écolier n’aurait pas choisi d’étudier cette langue dès sa troisième année. Les deux langues en question sont un minimum à partir duquel l’élève peut, à un stade ou à un autre de son parcours scolaire, opter pour d’autres langues étrangères, en fonction de l’offre linguistique proposée par son école ; ainsi, il peut arriver qu’au terme de ses trois années de lycée, l’élève ait étudié jusqu’à six langues différentes. Parmi les langues étrangères le plus fréquemment choisies par les jeunes finlandais figurent l’anglais, l’allemand, le français, le russe et l’espagnol.
Par ailleurs, la Finlande compte parmi sa population des immigrés dont la langue maternelle n’est ni le finnois, ni le suédois. Des cours spécifiques de finnois seconde langue sont en ce cas donnés aux enfants des familles concernées ; au cas où il existerait au sein de la commune un groupe suffisamment nombreux d’enfants de même langue maternelle, un cours de deux heures hebdomadaires leur est organisé dans leur langue maternelle, ceci aux frais de la commune. Par exemple, on compte à Helsinki 2600 enfants de familles immigrées, et ceux-ci bénéficient de cours dans leur langue maternelle dans près de 40 langues différentes ; cet effort de soutien à l’apprentissage de la langue maternelle des enfants issus de l’immigration est mené afin de renforcer le développement de ces enfants, ainsi que leurs dispositions pour l’acquisition du finnois.
Une éducation religieuse respectueuse des valeurs des familles
La majeure partie des finlandais se rattachent à l’Eglise évangélique luthérienne, et à l’école, leurs enfants prennent part à l’éducation religieuse correspondante. Cependant, les enfants de confession religieuse différente disposent du même droit à l’accès à l’éducation religieuse, ceci sous réserve qu’un groupe d’au moins trois élèves de même confession puisse être réuni.
Quant aux enfants nés au sein de familles athées ou agnostiques, ils font l’objet d’une dispense d’éducation religieuse ; en lieu et place de cette dernière, ces enfants suivent tout au long de leur parcours scolaire des cours de morale dans le cadre desquels leur sont enseignés l’éthique, l’histoire des religions et les relations civiques et interculturelles.
Une liberté de choix tant pour les élèves que pour les enseignants
Plus le parcours scolaire suivi par l’élève est long, plus le choix des matières proposées est vaste ; en outre, dans de nombreuses communes, collèges et lycées ont inscrit dans leur projet pédagogique des matières bénéficiant d’une focalisation particulière, qu’il s’agisse par exemple de la musique, des beaux-arts ou du sport.
Les enseignants des écoles et autres établissements pédagogiques finlandais possèdent un haut niveau de formation. Parmi les critères d’admissibilité aux postes d’enseignement de tous les échelons du système éducatif national figure un diplôme de Maîtrise obtenu auprès d’une université au terme d’un cursus comprenant à la fois d’importantes études en pédagogie et une spécialisation dans les futures matières d’enseignement.
Le haut niveau de compétence des personnels enseignants finlandais leur permet de planifier leur travail et de choisir leurs méthodes pédagogiques de manière autonome. Le système éducatif finlandais se base non pas sur une logique privilégiant la notion de contrôle, mais sur une culture de la confiance. Dans cet esprit, les enseignants se montrent actifs pour imprimer à leur travail un développement aligné sur l’évolution de leurs propres connaissances : ce faisant, ils sont aussi l’illustration vivante de ce qu’est la formation tout au long de la vie.
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