CultureEconomiePolitiqueSociétéTourisme
Recherche
Entreprendre
Etudier
Travailler
Visiter
A la recherche de sa propre voie

Société > Education
03-05-04
Auteur : Taïna Tervonen
Jouko Mehtäläinen, chercheur en sciences de l’éducation et auteur de nombreuses études sur le lycée, revient sur les principales difficultés du système actuel.
Avenir professionnel

Un tiers des lycéens finlandais déclare choisir le lycée pour avoir le temps de réfléchir à leur avenir professionnel. Or le système actuel implique que, dès leur entrée au lycée, les élèves sachent à peu près quel type d’études ils comptent suivre après le lycée. N’est-ce pas contradictoire ?

Peu de choix faits au lycée ont une conséquence directe sur les possibilités offertes par la suite. La première année de lycée est souvent composée de cours obligatoires. Ce n’est qu’au cours de la deuxième année que l’élève peut soit s’orienter vers certaines matières qu’il approfondira, soit garder toutes les portes ouvertes en étudiant un peu de tout. Ce système permet à ceux qui sont déjà sûrs de leur vocation de se concentrer sur les matières qui leur seront utiles plus tard. Et à tous, cela donne la possibilité de perfectionner leurs capacités d’organisation.

Ce système favorise-t-il un certain type d’élèves ?

Les élèves déterminés et studieux profitent automatiquement de ce système. Ceux qui ne savent pas très bien ce qu’ils veulent faire plus tard en profitent moins, même s’il leur permet, à eux aussi, d’explorer plusieurs domaines. La liberté de choix ne sert par contre en rien aux élèves qui sont au mauvais endroit et sont arrivés au lycée par exemple sous la pression des parents. Ceux-là représentent environ 5% des élèves.

Le travail d’orientation et de conseil auprès des élèves a beaucoup d’importance dans ce système. Comment cela a-t-il été pris en compte ?

Quand le système a été construit, on savait pertinemment que cela allait poser problème. Pour des raisons que j’ignore, les ressources attribuées à ces postes sont pourtant restées faibles. C’était une période de récession et l’on a peut-être pensé, à tort, que ce travail pouvait être fait par les responsables de groupe. Mais les enseignants ont mis du temps à s’adapter à cette nouvelle fonction, à vérifier les choix des élèves, les encourager. Aujourd’hui, ils en sont plus conscients. D’un autre côté, les ressources des conseillers d’orientation ont été augmentées et l’importance de leur travail est mieux reconnue. Mais il existe toujours des différences notoires entre les lycées.

Les élèves qui auraient le plus besoin d’orientation sont souvent ceux qui ne prennent jamais rendez-vous avec le conseiller. Comment ce problème a-t-il été pris en compte dans les lycées ?

Les rendez-vous de première année ont été renforcés pour identifier les élèves qui auront besoin d’être suivis de plus près. Dans la plupart des lycées, les élèves de troisième année passent tous un entretien obligatoire avec le conseiller pour discuter de leurs projets de formation une fois le bac en poche.

La motivation personnelle

Quels sont les facteurs les plus importants pour minimiser le nombre d’élèves en difficulté ?

Le premier facteur est certainement que les parents et l’élève lui-même soient convaincus de l’utilité du lycée. La motivation personnelle de l’élève compte beaucoup dans la façon dont il arrivera ou non à tirer tout profit des possibilités offertes. Enfin, il ne faut pas oublier l’importance de l’orientation. Le conseiller d’orientation devrait à mon avis intervenir dès le début du lycée pour évaluer avec l’élève sa motivation. Trop d’élèves font ces trois années à contre cœur, sans aucune motivation réelle – alors même qu’il existe de multiples formations professionnelles qui n’excluent d’ailleurs nullement l’accès à l’université.

Un problème souvent évoqué est également celui des élèves peu sociables qui peuvent se trouver totalement isolés dans ce système où il n’y a pas de classe ni de groupe fixe. Cela concerne 1 à 3% des élèves. On essaie d’y remédier en regroupant les élèves au début de la première année et en formant des « tuteurs » qui se chargent d’accueillir les nouveaux.

Y a-t-il des différences dans le fonctionnement de ce système entres petits et grands lycées, entre lycées réputés « d’excellence » et les autres ?

Tout dépend surtout de ce que la commune investit dans l’éducation en général et dans les lycées plus particulièrement. Pour ce qui concerne le « niveau » des lycées, il est clair que dans les lycées où la moyenne d’entrée est élevée, il y a plus d’élèves motivés, dont certains auront d’ailleurs tendance à trop vouloir faire et se fatigueront en cours de route. Dans les lycées où la moyenne est moins élevée, le besoin d’orientation est souvent plus important. Ces lycées rassemblent aussi des élèves qui ne sont pas motivés, qui sont là par défaut. Mais il me semble que les lycées s’adaptent assez bien au type d’élèves qu’ils accueillent.

Les élèves finlandais disposent-ils de trop peu d’information sur le monde du travail et les différentes professions ?

Oui. Ils ne sont que très peu en contact avec différentes professions. Mais c’est une question difficile. Il faudrait certainement plus de visites dans différents lieux de travail, mais cela est souvent difficile à organiser pour des questions de temps. En même temps, personnellement, je ne pense que ce soit une catastrophe. L’incertitude fait partie de la recherche de sa propre voie et cela, ce système le permet.

 

 

Liens
Pas de sélection à vous proposer pour le moment.
Si vous souhaitez nous proposer un contenu éclairant le sujet, utilisez le formulaire commentaire.
 
Vos commentaires
Vous souhaitez réagir sur cet article, écrivez-nous.
Retour à la liste

Sites en vue

National board of education

Ministry of education Finland

Ecole suèdoise à Paris


 
Essentiel de la Finlande
 
  Octobre
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31