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Bilan 2006

Politique > Politique étrangère
26-06-07
Auteur : Jacques Mer
Comme les années précédentes, trois thèmes ont été au centre de la politique extérieure finlandaise au cours de 2006 : les questions relatives à l'Union européenne ; les relations avec les pays voisins, dont les autres pays nordiques et la Russie ; les affaires de défense et de sécurité. Surtout, au cours du second semestre, Helsinki a été en charge de la "présidence (tournante) de l'Union européenne", que la Finlande exerça (pour la seconde fois depuis l'adhésion), dans un environnement délicat (crise libanaise, raidissement russe, etc.). Le bilan en sera honorable.
Politique étrangère et de défense


Mais le contexte international a évolué. Depuis le rejet du projet de traité constitutionnel, en 2005, par la France et les Pays-Bas l’Union européenne semble un peu « en panne », et l'on attend sans doute le résultat de l'élection présidentielle française du printemps 2007 pour envisager un véritable "redémarrage". La tâche de la "présidence finlandaise" fin 2006 n'en sera pas facilitée.
Par ailleurs, la Russie, sous la direction de V. Poutine, semble, malgré une embellie économique (largement due à la hausse des cours du pétrole), reculer sur la voie de la démocratisation. Elle observe, en outre, avec méfiance des États voisins, naguère sensibles à son influence, prendre leurs distances vis-à-vis de Moscou, encouragés par les changements de régime qui se sont produits en Géorgie et en Ukraine. Les relations entre la Russie et le monde occidental sont mises à l'épreuve par cette crispation.

En Finlande même, les discussions des précédentes années sur d'éventuelles divergences de vues -en matière de relations extérieures- entre le Chef de l’État Tarja Halonen, le Premier ministre (centriste) Matti Vanhanen et le Ministre des affaires étrangères (social-démocrate souvent considéré comme « de gauche» ) Erkki Tuomioja, ont pratiquement cessé, et l'exécutif paraît "sur la même longueur d'ondes".
Moins présente que naguère dans les affaires extérieures, principalement européennes (où la responsabilité du Premier ministre est décisive), la Présidente Tarja Halonen n'a pas cessé, en effet, de jouer un rôle non négligeable sur les questions de politique internationale et de sécurité. Elle a continué ses visites officielles à l’extérieur -elle ira même en Inde en janvier 2007 et s'y fera l'avocat du "développement durable" et du Protocole de Kyoto ; puis se rendra en Australie et en Nouvelle-Zélande, en février-, et multiplié les entretiens avec ses homologues de nombreux pays. Elle a assisté à certains sommets européens (mais pas à tous), avec le Premier ministre qui a, sur les sujets en discussion, présenté en détail et défendu les positions de la Finlande. Pendant la présidence finlandaise de l'UE, elle est restée, le plus souvent, à l'écart des discussions.

Mais c’est à propos de la sécurité et de la défense qu'elle a entendu affirmer fortement sa présence. Par exemple, sur le problème de la « gestion de crises » de l’Union Européenne et sur la participation, dans ce cadre, de la Finlande aux opérations de maintien de la paix, elle a tenu à ce que le dernier mot -l'engagement des troupes- revienne au Chef de l'État, en tant que chef des armées, et non au chef du gouvernement, compétent sur les questions européennes.

Si elle estime, comme par le passé, que la politique de non-appartenance à une alliance militaire demeure de circonstance, elle montre dans ses formulations plus de souplesse : en cas de nécessité pressante, elle le rappelle, l’option OTAN reste ouverte ; l’OTAN n’est plus ce qu’elle était au temps de la guerre froide, et est amenée à multiplier ses liens avec l’Union européenne.

D'autre part, l'accent est mis sur la coopération internationale, le rôle de l'ONU et de ses agences, le multilatéralisme. Fin 2006 et début 2007, elle insistera beaucoup sur la nécessaire lutte contre le changement climatique, et se prononcera avec force pour les efforts déployés aux niveaux finlandais, européen et mondial en vue de prendre de nouveaux engagements, succédant au Protocole de Kyoto.
Elle a continué, enfin, à s’exprimer avec vigueur en matière d’aide aux pays pauvres et sur divers effets négatifs de la mondialisation.

En harmonie avec le Chef de l'État, Matti Vanhanen, accusé au départ par les plus « européens » de la sphère politique (et par les Conservateurs), de manquer de « vision » en politique étrangère, spécialement européenne, et de flotter un peu, s’est révélé, au fur et à mesure qu’il assumait sa responsabilité, d’un redoutable pragmatisme. Il a, là où la situation le demandait, fait progresser des solutions largement consensuelles, que ce soit au sein de l’UE (en particulier lors de la "présidence finlandaise") ou en matière de sécurité et de défense, et de rapports avec la Russie, par exemple.

Sécurité et défense

* On a continué la mise en application  du Livre Blanc (rapport élaboré périodiquement par les experts, et approuvé par le gouvernement, il définit les grandes lignes de la politique du pays dans les années à venir en matière de sécurité et de défense), et poursuivi la réorganisation des formes armées, dans le sens d’une diminution des effectifs et des dépenses, et d’une rationalisation du dispositif. Les chefs militaires, dès janvier, ont tiré la sonnette d'alarme sur les dangers de coupes budgétaires estimées trop rudes. En avril, le ministre centriste de la Défense plaidera pour un relèvement modéré de ses moyens, notamment pour les dépenses croissantes de matériel. En novembre, il défendra à nouveau cette augmentation, faute de laquelle il faudrait renoncer à des équipements indispensables, à la conscription et éventuellement adhérer à l'OTAN (présentation des choses peu appréciée de la Présidente Halonen).

* La participation de la Finlande aux opérations de maintien de la paix, initiée les années précédentes, s'est poursuivie sans difficultés. Outre les opérations mises en œuvre par l'Union européenne (voir cette rubrique, ci-dessous), la présence en Afghanistan a été légèrement renforcée.

* La question des relations avec l'OTAN a continué à faire l'objet de réflexions au sein du monde politique et des médias, sans que la ligne "officielle" ait varié. Du fait de l’élargissement récent de l’Alliance (incorporant des “voisins” de la Finlande, tels les États baltes et la Pologne), les principaux responsables ont fait des déclarations prudentes, qui, tout en défendant la “ligne finlandaise”, n’excluent pas pour l’avenir une évolution.

Dans ce domaine, le Parti Conservateur (dans l’opposition entre avril 2003 et mars 2006), son président Jyrki Katainen, et surtout son candidat à l’élection présidentielle Sauli Niinistö (notamment entre les deux tours), ont réaffirmé des prises de position “ouvertes” sur l'OTAN, sans trop ouvertement prôner une adhésion. Les mêmes, rejoints par des membres du Parti Suédois (dont le candidat à la Présidence, Henrik Lax, s’est déclaré partisan de l’adhésion) ont souligné qu’une participation à l’Alliance ne serait pas une décision aussi considérable qu’on le croit, compte tenu de l’évolution de l’Organisation. L’opposition de gauche (Verts et VAS) est restée fidèle à son refus d’envisager tout rapprochement. Le ministre des Affaires étrangères E. Tuomioja a, comme par le passé, rejeté l’idée selon laquelle l’entrée dans l’OTAN permettrait à la Finlande de faire partie du noyau dur -notion ne correspondant à aucune réalité, selon lui- de l’UE.

La Présidente Halonen a confirmé, lors de la campagne présidentielle, qu'il n'était pas question, dans les circonstances présentes, d'entrer dans l'Alliance atlantique : la priorité restait la participation à la lutte internationale contre le terrorisme et la mise sur pied de la "gestion de crises" par l'UE.
Prudemment, le Président du Parlement Paavo Lipponen, au nom d’un “européanisme” militant, semblait, avant de se retirer de la vie politique au début de 2007, voir d’un œil favorable une coopération accrue UE-OTAN.

Le "raidissement "nationaliste" de V. Poutine, au début de 2007, joint aux informations qui circulent alors sur la modernisation projetée des forces armées russes, ne nourrira pas en données nouvelles le débat sur l'OTAN, mais renforcera les "atlantistes" dans leurs convictions.
L’opinion, dans sa majorité (59 % en novembre 2006 contre 25 % de favorables), continue à s’opposer à une adhésion à l’Alliance. La peur de voir le pays entraîné dans des conflits inopportuns est à la base de ce refus, fondé également sur la confiance dans les garanties de sécurité de l'UE.

Enfin, la question des relations entre la politique de sécurité de l’UE et l’OTAN a fait l’objet de nombreuses prises de position allant généralement dans le sens d’une coordination plus étroite. Ainsi, l'Union Européenne est prête à prendre part à des exercices d'entraînement mis en place par l'OTAN pour sa force de réaction rapide dans le cadre de sa propre politique de gestion de crises. La Finlande s'y joindra. Mais, à la différence de plusieurs États européens, membres de l'OTAN ou du Partenariat pour la Paix (dont la Suède), elle ne devrait pas participer à des opérations -à proprement parler- de gestion de crises de la force de réaction rapide de l'OTAN. La Présidente Halonen, dans le contexte du Sommet de l'Alliance de Riga (fin novembre 2006), qui y invitait les Européens membres du PPP, a exprimé sa réserve sur ce point.

Une question a nettement progressé en 2006 : elle est liée aussi aux opérations de maintien de la paix. Depuis septembre 2005, le gouvernement d'Helsinki admet que le pays y participe, dans certains cas, en l'absence d'un mandat de l’ONU ou de l’OSCE. Un mandat de l’Union européenne peut s'y substituer. Le Parlement approuvera cette réforme à la mi-mars à une très large majorité et ratifiera, en décembre, l'inclusion des troupes finlandaises dans les "groupements tactiques" européens en train d'être mis sur pied (en particulier celui avec l'Allemagne et les Pays-Bas, en "état d'alerte" au premier semestre 2007).

La Finlande et l'Union européenne

Avant tout, 2006 a été pour le pays une année "européenne" puisque Helsinki a exercé au second semestre la "présidence (tournante) de l'Union européenne", que la Finlande gère pour la seconde fois depuis l'adhésion. Elle le fera dans un environnement délicat (crise libanaise, raidissement russe, affaire turque, etc.). Le bilan en sera honorable, nous le soulignerons en conclusion.
 
Les institutions européennes
Comme on le sait, au lendemain du rejet par la France et les Pays-Bas (mai 2005) du "projet de traité constitutionnel", le gouvernement Vanhanen, qui avait, lui, prévu une ratification par la voie parlementaire, décida de se donner le temps de la réflexion. Il devait être conforté par la « pause de réflexion » décidée au Sommet européen des 16 et 17 juin. La ratification retardée, Matti Vanhanen présentera en novembre au Parlement -pour discussion en 2006- un rapport sur le projet de traité. Cependant, vers la fin 2005 et durant le début 2006,, de nombreux parlementaires émirent l’idée que le Parlement ratifie le texte du traité lui-même, donnant ainsi aux autres Européens un signal fort de leur attachement à l’Union. Cette ratification devrait, selon eux, être acquise lorsque la Finlande aura la présidence semestrielle de l’Union, c’est-à-dire pour l'été 2006.

Le 12 mai, le Parlement montra clairement son attachement au "projet de traité" en approuvant à une très forte majorité (104 voix contre 24 et 11 "blancs") le rapport gouvernemental déposé en novembre 2005. Le Premier ministre s'engage alors à soumettre prochainement le traité lui-même au vote du Parlement. Au terme de la procédure, les élus de la nation donneront, le 5 décembre, leur approbation audit texte par un vote sans équivoque de 125 voix favorables contre 39, 4 abstentions et 31 "absences". Les oppositions et les réserves provenant surtout de l'"Alliance des gauches", des Démocrates-Chrétiens, des "Finlandais de base" et de quelques Conservateurs.

À remarquer, en contrepoint de ce vote "pro-européen", qu'en début d’année, des enquêtes d’opinion faisaient état d’un scepticisme grandissant de la population : un tiers seulement des Finlandais ont une image positive de l’Union. Près de 70 % considèrent que le coût de l'appartenance à l'Union est trop élevé par rapport aux avantages retirés.

Le budget de l'Union
Le Sommet européen de décembre 2005 avait, après bien des discussions, trouvé un compromis à propos du budget de l’Union pour la période 2007-2013, tant pour les contributions des États membres que pour les aides que ceux-ci recevraient. Le problème s'était posé de manière particulièrement délicate pour la Finlande. Celle-ci avait craint, en raison de la présence au sein de l’UE des 10 « nouveaux » membres au niveau de vie inférieur à la moyenne européenne, de subir une réduction sensible de certaines des aides qu’elle recevait jusqu’ici, au profit de ces nouveaux entrants.
La Finlande n’eut pas satisfaction sur toute la ligne, mais obtint que l’augmentation de sa contribution soit modérée (sa contribution « nette » ne sera que de 0,23 % du PIB) et que les aides (au développement rural notamment) ne diminuent, pour elle, que de 6 %. Les agriculteurs manifesteront toutefois leur mécontentement et demanderont des compensations nationales au gouvernement. L’affaire ne sera réglée par ce dernier qu’en août 2006 (préparation du budget 2007) et, après des passes d'armes entre le ministère de l'Agriculture et celui des Finances, tout comme entre le Centre et le PSD, le monde agricole obtiendra pratiquement pleine compensation.

L'élargissement de l'Union
* L’élargissement (à 10 États) réalisé en mai 2004 est « digéré » progressivement. Nombre de craintes se dissipent peu à peu. Et notamment celle d’un afflux de travailleurs immigrants en provenance des nouveaux membres, de l'Estonie par exemple. Les partenaires sociaux et le gouvernement sont d’ailleurs tombés d’accord pour mettre fin au 1er mai 2006 à la « période de transition » en vigueur depuis 2004 et concernant la circulation des travailleurs.
Certes le coût financier de l'élargissement n'est pas négligeable, mais à moyen terme, les exportateurs nationaux trouveront des débouchés croissants à l'Est.

* S’agissant de l’entrée prochaine dans l’Union de la Roumanie et de la Bulgarie, le cabinet Vanhanen suit de près l’évolution de la situation, en liaison avec M. Rehn, le membre finlandais (en charge de l’élargissement) de la Commission bruxelloise. Les appréhensions vives provoquées par la persistance dans ces pays de la corruption, de la criminalité organisée, la lenteur des réformes (justice, etc.) alourdissent l'atmosphère, y compris au Parlement. Sofia et Bucarest ont néanmoins fini par satisfaire aux conditions requises.

* En ce qui concerne l’avenir des relations avec la Turquie, qui ne semble pas trop « effrayer » les Finlandais, le Premier ministre Vanhanen s’est à plusieurs reprises, en 2005 et début 2006, déclaré partisan de jouer le jeu de la négociation, ne se réfugiant pas derrière l’éventualité d’un « partenariat privilégié ». Mais, sensible aux avertissements d’Oli Rehn (pour qui, en outre, l’entrée de la Croatie et de la Turquie suppose que l’Union ait préalablement réglé les problèmes liés à ses institutions et à leur fonctionnement), il redoute au même moment que des difficultés sérieuses surgissent lors de la "présidence finlandaise" de l'UE (en particulier sur la question cypriote). C'est en fait ce qui se produira (voir plus bas).

La dimension septentrionale
En 2006, Helsinki a continué de suivre de près l’évolution de son initiative de 1997 sur la "dimension septentrionale". La « dimension » concerne, outre l’environnement, la santé, les affaires sociales, la sécurité intérieure et extérieure, la formation, les sciences, la culture et l’économie. Un accent particulier étant mis sur les dossiers spécifiques aux régions septentrionales, tels la fragilité de l'environnement, les populations autochtones et la diversité culturelle.

La Finlande a surtout tenté de mettre à profit sa "présidence de l'Union" pour donner un "coup d'accélérateur" à cette initiative.

Depuis l’entrée de la Pologne et des États baltes dans l’Union, la Russie du Nord-Ouest est le seul bénéficiaire de cette politique commune de l’Union. Comme toujours avec Moscou, les réalisations sont marquées du sceau de la lenteur, les Russes donnant l’impression de ne pas s’impliquer ou manquant de projets concrets à proposer. Le scepticisme marque alors des points en Finlande, même si Matti Vanhanen se déclare attaché à l’initiative et observe qu’elle a porté des fruits dans les domaines de l’environnement -épuration des eaux de Saint-Pétersbourg- et de la sécurité nucléaire. Elle peut en outre avoir des champs d'application multiples dans la région de Saint-Pétersbourg, chère à V. Poutine et où sont actuellement concentrés d'importants projets énergétiques russes, impliquant une interdépendance accrue entre Moscou et les Européens.

Rappelons qu'une réunion des Ministres des affaires étrangères de l’Union -à laquelle étaient invités leurs homologues russe et norvégien-, fin novembre 2005, avait décidé d’étendre après 2006 la « dimension septentrionale » à la région de la mer Baltique et aux régions arctiques du Groenland à l’Oural, dont le potentiel de croissance en hydrocarbures est grand. Il y aurait alors lieu d’impliquer l’Islande, la Norvège, la Russie comme parties souveraines au niveau de la prise des décisions, qui ne relèveront plus de la seule Commission de l’Union. Ces orientations ont été confirmées par le "Sommet de la dimension septentrionale" tenu le 24 novembre, dans le contexte du Sommet UE-Russie, et réunissant le chef du gouvernement finlandais, le président Poutine, les Premiers ministres norvégien et islandais, le président Barroso et M. Javier Solana pour la Commission de l'UE. Il a adopté les textes nécessaires pour la mise en œuvre future d'une coopération soutenant le développement durable, la stabilité, la prospérité et la sécurité dans les zones septentrionales.

 Les problèmes de sécurité et de défense
Comme précédemment, Helsinki a accordé beaucoup d'importance aux discussions européennes sur les questions de sécurité et de défense.

* Le problème de la "gestion de crises", en particulier, a été au centre des préoccupations finlandaises, avec en premier lieu, l’adoption en mars 2006 d’une loi d’exception, confirmant la compétence du Président en dernier ressort pour l'envoi de troupes.
D'autre part, Helsinki a agi sans relâche pour que les engagements pris de 2000 à 2005 et visant à doter l’Union des capacités indispensables pour les opérations de gestion de crises soient tenus et les délais respectés.

Dans cette perspective, les Finlandais se préparent à mettre à la disposition de l'Union des troupes affectées à deux « groupements tactiques » : avec les Suédois, les Estoniens et les Norvégiens, d’un côté ; les Allemands et les Néerlandais de l’autre. En décembre 2006, le Parlement a donné, sans équivoque, son aval à ce second groupe.

En outre, la Finlande a été sollicitée pour prendre part à une opération européenne de maintien de la paix en République démocratique du Congo, lors des élections présidentielles prévues pour juin 2006. Compte tenu des forces déjà déployées dans le monde pour de telles missions (Afghanistan, Balkans), la présence finlandaise sera symbolique et limitée à quelques officiers d'état-major.

* La "crise libanaise" de l'été a, de plus, débouché sur la participation de la Finlande à la force internationale de maintien de la paix (FINUL) dont l'envoi avait été décidé, à la mi-août, par l'ONU. Ce point est traité plus loin dans le développement consacré à la "présidence finlandaise".


Les problèmes de l’agriculture
Le monde agricole et la classe politique se sont penchés avec un intérêt soutenu sur l’évolution, en cours et à venir, de la Politique Agricole Commune. Les Finlandais ont rappelé combien ils étaient attachés au maintien d’avantages -subventions et aides diverses- obtenus dans le passé -et confirmés notamment en 1999-. L’élargissement de l’Union met en péril ces avantages, et, des sacrifices étant inéluctables après 2007, le gouvernement a dû, lors des débats européens de la fin 2005 sur les « perspectives financières » de l’Union, faire preuve de détermination pour limiter ces sacrifices (voir plus haut). Il a largement réussi. En 2006 il a, en outre, réglé la question (électoralement importante) des « compensations » attendues par le monde agricole, qu'il a intégralement prises en charge.

La présidence finlandaise de l'Union (au second semestre 2006)


* Données générales
Pendant sa présidence, la Finlande a présidé les réunions (3 000 à Bruxelles et 130 sur son territoire) du Conseil Européen à tous les niveaux. À ce calendrier très chargé se sont ajoutées trois rencontres majeures : le sommet ASEM 6 (Asie-Europe) à Helsinki en septembre ; la réunion informelle des Chefs d'état et de gouvernement, à Lahti en octobre ; et le Sommet européen de Bruxelles, en décembre.
En réponse aux "non" français et hollandais de 2005, Matti Vanhanen entendait un an et demi après s'attaquer au déficit de légitimité de l'Union auprès des citoyens, en prouvant que les 25 étaient capables de surmonter leurs divergences pour se retrouver sur des questions fondamentales. Avec comme méthodes, la transparence et l'efficacité du mode de fonctionnement des institutions.

Venant entre la présidence autrichienne et la présidence allemande, la présidence finlandaise était, au départ, considérée par les experts, à l'exemple de la première, comme une présidence de "transition" avant que Berlin puisse, à la faveur de l'élection présidentielle française, user de son influence pour relancer la machine européenne. Il fallait évidemment ne rien faire qui puisse compromettre les discussions futures sur les aspects institutionnels. Par ailleurs, des thèmes jugés prioritaires par Helsinki, comme les relations avec la Russie (en particulier dans le domaine de l'énergie) et la "dimension septentrionale", les questions énergétiques, la libéralisation des services, l'accroissement de la compétitivité européenne, les perspectives de l'élargissement, et bien d'autres, pouvaient receler des possibilités -même limitées- d'amélioration du fonctionnement de l'Union, que l'outil constitué par la présidence, habilement utilisé, permettrait de mettre au crédit de la Finlande.
Ne pas commettre d'impairs contre-productifs, et tirer le meilleur parti du rôle de chef d'orchestre fourni par le calendrier, voilà ce que les Finlandais pouvaient, raisonnablement, espérer d'un bon usage de la présidence.

* Le démarrage du semestre : la crise libanaise
Le Parlement approuva le 22 juin le projet d'ordre du jour de la "présidence" sur la base des priorités (voir ci-dessus) définies par le Premier ministre.
Très vite, le sort sembla jouer contre la Finlande. Le déclenchement de la guerre du Liban, à la mi-juillet, perturba gravement les choses et il fallut dans les débuts toute l'énergie et l'habileté d'Erkki Tuomioja pour conduire le navire européen au milieu de la tempête, alors même que des différences d'appréciation sensibles séparaient les pays membres, notamment les grands (Allemagne, Royaume-Uni, France). Matti Vanhanen fut, en revanche, l'objet de quelques critiques (des Conservateurs, entre autres), "pour ne pas être suffisamment visible" sur ce conflit. La situation se rétablit par la suite. Entre temps l'envoi d'une force internationale de maintien de la paix (FINUL) avait été décidé, à la mi-août, par l'ONU, et le problème de la participation de casques bleus finlandais mobilisa l'attention. Finalement, la participation, largement approuvée par le Parlement (122 voix contre 7, le 7/9/2007), prendra la forme d'une compagnie renforcée du génie, qui coûte au pays 43 millions d'euros, dont 6,7 remboursés par l'ONU. Elle se déploiera en octobre et novembre, pour une année environ. Le Secrétaire Général des Nations Unies félicitera Helsinki pour son rôle dans cette crise, où elle a contribué activement à la mobilisation européenne pour le Liban.

* Un intermède sans grandes surprises : le sommet ASEM 6
Alors que les nuages s'étaient partiellement dissipés sur le Levant, le 10 septembre, 45 pays européens et d'Asie se retrouvaient dans la capitale finlandaise pour un sixième Sommet Europe-Asie (ASEM), mieux organisé que les précédents. Une déclaration générale de "bonnes intentions" sur le changement climatique y était adoptée, y compris par la Chine. L'accroissement de la coopération a été encouragé. Sur les droits de l'homme, dirigeants chinois et birmans ont entendu les critiques européennes, sans résultat. Exercice de style sans grande portée, diront les humanitaires.

* Le dialogue avec Moscou "en panne provisoire"
À l'issue d'un "sommet informel" tenu à Lahti, le 20 octobre, et consacré -outre un court débat sur la politique d'immigration- à la politique d'innovation de l'Union et à la dimension extérieure de sa politique énergétique, les chefs d'État et de gouvernement ont évoqué, lors d'un dîner de travail avec le Président Poutine (qui s'est entretenu en plus avec la Présidente Halonen), le développement du partenariat stratégique UE-Russie, notamment en matière de coopération dans le domaine énergétique. Faisant taire à cette occasion leurs différences, les Européens ont réussi à formuler une position commune sur ce thème. Des questions difficiles ont été abordées, tels l'assassinat de Mme Politkovskaïa, la Tchétchénie, les relations entre Russie et Géorgie. Les représentants des États européens de l'Est ont fait preuve vis-à-vis du "grand voisin" d'une franchise parfois agressive.

Lors du Sommet avec la Russie, réuni à Helsinki le 24 novembre, les différends politico-commerciaux entre la Pologne et Moscou ont, empêchant tout accord au sein de l'UE sur le mandat de négociations, bloqué le lancement des discussions en vue du nouvel accord-cadre de coopération et de partenariat Union-Russie. Les efforts de M. Vanhanen pour dégager un compromis russo-polonais n'ont pas abouti. Dès lors, les résultats de la rencontre furent maigres et décevants. Sur ce dossier difficile, lui tenant à cœur, le Premier ministre ne pouvait, en raison de l'obstination polonaise, d'une certaine rigidité russe et de l'ampleur des problèmes de fond (énergie comprise) impliquant l'Union et Moscou, qu'enregistrer un relatif échec, sans qu'il en fût responsable.

* L'affaire turque source de difficultés inextricables
Sujet particulièrement sensible, la relation européo-turque ne fit pas mentir sa réputation. La présidence finlandaise allait se trouver face à l'épineuse question de la gestion du calendrier des négociations relatives à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Comme M. Oli Rehn, le membre finlandais (en charge de l’élargissement) de la Commission bruxelloise, l'avait prévu avec clairvoyance, ce point devait se télescoper avec les relations difficiles qu'entretiennent Ankara et Chypre, membre de l'UE, mais non reconnu par la Turquie. Aussi bien, dès le 17 mai, Matti Vanhanen avait-il fait une visite préparatoire en Turquie, rencontrant le Premier ministre Erdogan.

Voulant éviter une interruption du "calendrier" mentionné et détendre la situation inamicale existant à Chypre entre les deux communautés turque et grecque, la Finlande, au départ de sa présidence, s'efforça rapidement d'organiser des réunions et rencontres de conciliation. Elle tenta de convaincre Ankara de la nécessité de ratifier et de mettre en œuvre l'accord douanier avec l'Union, donc avec Chypre. Ce fut peine perdue. Le 8 novembre, la Commission de Bruxelles jugea insuffisants les progrès réalisés par la Turquie sur ce point, insistant pour qu'elle ouvre rapidement ses ports aux navires chypriotes. La menace de proposer au Conseil européen de décembre le gel des négociations d'adhésion fut explicitement brandie. Les Finlandais multiplièrent dans la foulée les démarches pour arracher un compromis, Matti Vanhanen effectuant vainement le 1er décembre un "voyage de la dernière chance" en Turquie.

Le résultat final entérina l'échec. Le 11 décembre, les ministres des affaires étrangères de l'Union convinrent d'un gel partiel des négociations d'adhésion, suspendant sélectivement huit des 35 chapitres de l'agenda, et autorisant la poursuite des discussions sur la politique économique et monétaire, l'éducation et la culture. Les Turcs ressentiront cela comme un affront. Pour les Finlandais, l'avertissement nécessaire avait été donné, mais la porte n'était pas fermée.

* La fin de 2006. Un bilan décevant ?
Il est sans doute prématuré de tirer un bilan de la seconde "présidence" finlandaise. Et sans signification de la comparer avec la première "présidence" de 1999, dont le contexte et les conditions étaient radicalement différents.

Quelques faits sont toutefois éloquents. Les relations UE-Russie et le dossier turc ont de fait été l'occasion de sérieux blocages. Mais, sans doute, nul autre État n'eût pu, mieux que la Finlande, démêler l'écheveau particulièrement embrouillé, pour l'un et l'autre thème. Dans le premier cas, les grands pays européens continuent à préférer les négociations bilatérales avec Moscou au dialogue engagé par l'Union. Les pays de l'Est, tournés vers les Etats-Unis, n'attendent que peu de choses de l'UE. Et l'"expertise" prêtée à Helsinki dans les affaires russes ne s'est pas révélée aussi précieuse qu'espérée.

Autres "lacunes" incontestables : comme plusieurs avant elle, la Finlande n'a pu, face à l'intransigeance britannique, dégager un compromis pour la directive sur le temps de travail. Le chantier de l'amélioration de la compétitivité de l'Union est resté pratiquement en friche. On peut s'inquiéter également de l'absence de progrès sur les problèmes de sécurité intérieure, la lutte contre le terrorisme et les affaires juridiques.

En revanche, les responsables finlandais, desservis au départ par l'irruption du conflit libanais, ont vite (la France, en particulier, y contribuant indirectement) repris la maîtrise des arbitrages et facilité les décisions qu'appelait l'intervention des Nations Unies. Incontestablement un bon point pour Helsinki.
Différentes réussites peuvent par ailleurs embellir le tableau. La conférence euro-méditerranéenne, réunissant à Tampere les 27 et 8 novembre les représentants de 40 nations méditerranéennes et de l'Autorité Palestinienne, a débouché à l'unanimité sur des conclusions visant à améliorer la coopération dans la zone dans un large éventail de domaines. Sur un créneau dont la spécificité ne doit pas masquer l'importance, le 13 décembre, au terme de trois ans de négociations, un accord est intervenu sur la réglementation REACH de l'Union, relative à l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques. Un second chantier réglementaire, parmi les plus importants de la décennie, a également été mené à bien durant la présidence finlandaise : celui de la célèbre "directive services", objet naguère de polémiques destructrices.

Le 19 décembre, la Chancelière Merkel, préparant la prise de relais de la présidence de l'UE par l'Allemagne, s'est rendue en Finlande, discutant des gros dossiers avec Matti Vanhanen. Ils ont pu constater qu'aucune maladresse, hésitation ou fausse manoeuvre n'était venue dans les derniers six mois compromettre les discussions sur les aspects institutionnels qui allaient, dans quelque six mois, occuper le devant de la scène. N'est-ce pas là une sorte de compliment que l'on peut, sans hésiter, faire aux dirigeants finlandais pour leur présidence ?

Les relations avec les pays voisins

Helsinki a continué à entretenir ses relations très étroites avec les pays scandinaves, en particulier (coopération multiforme) avec la Suède, dont les priorités en politique extérieure (participation à l'UE, attitude à l'égard de l'OTAN, implication dans des opérations de gestion de crises et de maintien de la paix) sont proches des siennes, tout en s'en différenciant légèrement (s'agissant, par exemple, de l'appartenance à la zone euro, des institutions européennes, ou encore des rapports avec Moscou). Les relations avec la Russie et les États Baltes sont, comme par le passé, restées spécifiques et intenses.

Russie
Les rapports bilatéraux avec la Russie tiennent évidemment une place non négligeable dans la politique extérieure d'Helsinki. Le dialogue entre les hauts responsables finlandais et le Président Poutine et son équipe est en général de bonne qualité.
Certes, des difficultés subsistent. D'une manière générale, l'évolution du régime russe dans un sens autoritaire et les atteintes aux libertés inquiètent. L'attitude "nationaliste" et soupçonneuse de l'équipe Poutine vis-à-vis des anciens États voisins qui prennent leurs distances avec Moscou est mal reçue. Et l'on y voit un facteur de détérioration des rapports avec l'Occident.

Sur le plan bilatéral, outre des problèmes douaniers, la décision russe -finalement adoptée en février 2007- de taxer à l'exportation le bois brut (pour en faciliter la transformation sur place), effraye les Finlandais importateurs de cette matière première en grandes quantités, et Helsinki s'interrogeait au début de 2007 sur la riposte efficace (en liaison avec l'UE et l'OMC) à cette mesure. Les nombreux projets énergétiques près de Saint-Pétersbourg qui renforcent l'interdépendance entre la Russie et l'UE -dont la Finlande- posent, eux, des questions de sécurité maritime dans la Baltique. À l'automne, les difficultés rencontrées à la frontière par la circulation des camions entre les deux pays ont atteint une telle ampleur que les "politiques" ont été appelés à l'aide. Pour Helsinki, les autorités russes n'ont pas assez d'efficacité ni de capacité pour les contrôles prévus. Le 23 novembre, rencontrant Tarja Halonen, V. Poutine se déclara prêt à agir rapidement pour alléger les difficultés.

Quoi qu'il en soit, les rencontres entre dirigeants des deux pays ont été multiples. Les deux Chefs d'État se sont rencontrés à Saint-Pétersbourg le 13 juin à un forum économique mondial. Ils se reverront le 23 novembre à Helsinki, à la veille du Sommet UE-Russie.
M. Fradkov, Premier ministre russe, a participé les 19 et 20 avril en Finlande à un forum économique russe, consacré au développement de la coopération bilatérale dans le domaine des hautes technologies et des innovations. Il a évoqué, avec son homologue finlandais, la possibilité d'un câble électrique russo-finlandais, affaire plus commerciale que politique (fin décembre, pour des raisons techniques et économiques, le Ministère finlandais de l'Industrie répondra négativement aux Russes sur ce projet). Le 30 novembre, c'était au tour de M. Vanhanen de se rendre à Moscou et de s'entretenir, sans résultat, avec M. Fradkov de l'épineux problème des exportations de bois brut russe. Mais aussi de la circulation des camions à la frontière (voir plus haut).

États baltes
Les visites réciproques de hauts responsables politiques (la Présidente Halonen, M. Vanhanen et les dirigeants des trois États baltes, etc.) ont été nombreuses et chaleureuses. Ainsi la Présidente lettone, Vike-Freiberga s'est rendue à Helsinki en avril, suivie en mai par le chef du gouvernement de Tallinn et en octobre par le Président estonien Ilves. Aucun nuage sérieux n'est venu troubler cet horizon, propice à la coopération.

La Finlande au service de la paix

Tout au long de l'année 2006, comme on l'a vu, la Finlande, par le canal de sa politique internationale, en particulier à travers l'UE, a poursuivi intensément ses efforts acharnés au service de la paix dans le monde. Tout autant que l'exemple du conflit libanais, il n'apparaît pas inutile, en conclusion, d'évoquer deux images très diverses de cette même réalité : l'accroissement de l'aide aux pays pauvres, d'un côté ; et, de l'autre, la mission d'un "illustre" Finlandais, l'ancien Président M. Ahtisaari, dans l'épineuse affaire de la crise du Kosovo.

* L’aide publique finlandaise au développement en augmentation
Depuis un certain temps, Helsinki est à la traîne des (généreux) pays nordiques en matière d’Aide Publique au Développement. Celle-ci, en 2005, n’égalait que 0,39 % du PIB. S’inspirant des conseils de la Présidente Halonen elle-même, le gouvernement a décidé de la faire passer à 0,42 % du PIB en 2006. Il est envisagé d'atteindre progressivement l'objectif "onusien" de 0,7 % en 2010. Compte tenu des difficultés rencontrées pour réaliser ces performances dans de bonnes conditions, l’idée est venue aux responsables de diminuer le nombre de bénéficiaires (57 pays en 2004, sans compter l’aide multilatérale), de la concentrer sur les zones les moins développées, et de rationaliser les procédures
d’attribution.

* Martti Ahtisaari, envoyé spécial de l'ONU pour le Kosovo
L'ancien Président de la République Martti Ahtisaari avait, en 2005 et au travers d'une organisation non gouvernementale, Crisis Management Initiative, -créée par lui-, mis son grand talent diplomatique et sa ténacité au service de la résolution du conflit intervenu entre l'Indonésie et la province d'Aceh. Un accord avait été à cet effet, signé à Helsinki le 15 août.

Le 2 novembre 2005, Martti Ahtisaari, fort de ce succès, est nommé par les Nations unies envoyé spécial chargé de superviser les négociations sur le statut final du Kosovo. Cette province serbe, peuplée en majorité d'Albanais, mais aussi d'une minorité serbe, réclame l'indépendance que Belgrade lui refuse. Depuis 1999, elle est gérée par les Nations-Unies.

M. Ahtisaari va multiplier les démarches pour faire asseoir à la même table Serbes et Albanais du Kosovo. Il souhaite qu'ils aboutissent à un accord qui, quel que soit le statut final du territoire, reconnaisse les droits de la minorité serbe. Rappelons que les "indépendantistes" albanais ont l'appui des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France ; et que la minorité voulant le maintien du rattachement à la Serbie est fermement encouragée par cette dernière, laquelle se prévaut du soutien russe.

Des discussions en 2006 entre habitants du Kosovo n'aboutiront pas, pas plus qu'un accord n'interviendra entre Belgrade et Pristina, où siègent les "autorités indépendantistes". En novembre, M. Ahtisaari informe qu'il remettra son rapport et ses propositions, après la tenue d'élections en Serbie courant janvier. Il le soumettra, en février 2007, aux deux parties concernées du territoire "litigieux". Ultérieurement, il le fera parvenir avec d'éventuelles modifications au Secrétaire Général de l'ONU pour le Conseil de Sécurité, appelé à se prononcer.

C'est donc l'année à venir qui nous dira si le négociateur finlandais a pu faire avancer un dossier plein d'embûches. Plus précisément, comme il paraît l'envisager, le désir de la majorité albanaise recevra-t-il satisfaction en tenant compte des droits imprescriptibles de la minorité et avec la présence tutélaire et provisoire de la communauté internationale ?

 

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