| Une nouvelle carte culturelle |  |
On peut proposer - sous la forme d'une métaphore - une nouvelle carte culturelle de l'Europe qui n' a rien à voir avec la réalité géographique. L'Europe culturelle a son coeur non loin de Strasbourg et de Bruxelles, dans l'Europe latine et méridionale. Cette région de l'Europe est quasiment le "continent" de l'Europe culturelle: elle va de la Méditerranée jusqu'à la partie occidentale de l'Allemagne réputée pour la qualité de ses vins et pour la culture de ses roses.
Pour cette carte européenne métaphorique et fantastique, mais pourtant vraie, il n'y a pas seulement de continent européen, mais aussi une "zone côtière" européenne. C'est l'Allemagne du nord et de l'est, c'est la Scandinavie, c'est la Finlande. Le lien avec le présent européen y est fort, mais le passé européen n'est pas pour cette "zone côtière" aussi riche et varié que pour le continent, pour le coeur de l'Europe.
Dans cette géographie fantastique il y a sur le large européen des îles qui se rapprochent de la côte: c'est l'Europe intermédiaire, les pays baltes par exemple, dont les liens avec le coeur de l'Europe sont forts, mais dont l'évolution politique, sociale et économique n'a pas été la même que sur la "zone côtière". Encore plus loin sur le large européen il y a des îlots solitaires européens - tout ce qui dans la tradition de l'Europe de l'est incarne la culture européenne. Quelle image de la Finlande? Avant l'entrée de la Finlande à l'Union européenne l'image que les Français se faisait de ce pays nordique avait souvent une dimension pittoresque et folklorique. La Finlande faisait naître dans l'imaginaire des Français des associations d'idée exotiques sur les Sames, sur les rennes, sur les ours polaires et sur les fjords.
Ces idées exotisantes déformaient la vérité sur la géographie et le climat, sur la politique étrangère et intérieure, sur l'industrie et la culture du pays. La nouvelle coopération internationale et européenne et la présence de la Finlande sur la scène européenne a rendu la Finlande plus accessible aux Français.
Arthur de Gobineau a parlé au milieu du dix-neuvième siècle dans son ouvrage tristement célèbre sur "l'inégalité des races" aussi des Finnois. Il entend par le mot "finnois" l'existence d'une ancienne race jaune qui aurait laissé des traces dans l'anthropologie européenne et dans les populations occidentales. Cette race jaune supposée aurait parlé le finnois ou le préfinnois et les Finlandais actuels seraient des "métisses" entre les anciens Finnois et les populations indo-européennes de l'Europe du nord.
De Gobineau a fait son étude, hélas, pour prouver la supériorité de la race aryenne et indo-européenne par rapport aux Sémites et aux Finnois. La race finnoise était pour lui l'exemple d'une race non créatrice. Selon lui, l'influence néfaste finnoise se fait sentir jusqu'aux pommettes saillantes, au nez retroussé et aux yeux bridés des Bretons. De Gobineau écrit à propos des Finnois et de leur influence chez les figures dessinées sur les pièces d'argent celtes :"Je citerai une médaille d'or, dont la face porte une figure marquée du type le plus laid, le plus vulgaire, le plus commun, et dans lequel l'influence finnique est impossible à méconnaître. Nos rues et nos boutiques sont remplies aujourd'hui de ce genre de physionomies."
De Gobineau n'était pas sans influence dans la France du tournant du siècle, et quelques-unes de ses idées ont imprégné l'information des encyclopédies françaises sur les Finnois. D'autres sources d'information aussi suspectes font allusion aux rapports qui auraient existé entre Attila, les Huns et les anciens Finnois. Ces fausses informations - ainsi que le nom déformé de la capitale finlandaise en France - Helsinsky - n'étaient pas faites pour faciliter le rôle de celui qui voulait expliquer aux Français que la Finlande est un pays occidental.
| Importance de la guerre de l'hiver |  |
Il y a une Russie européenne comme il y a une Russie asiatique. Pourtant les pays frontaliers européens de la Russie ont souligné qu'ils défendent l'Europe contre l'Asie qu'incarne la Russie.
Il est facile de trouver des allusions du même genre dans la littérature et dans la poésie finlandaise par rapport à la Finlande et à la Russie. On comprend que cette mythologie a joué un grand rôle en Finlande et dans le monde entier au moment de la guerre d'hiver, de la guerre finno-soviétique en 1939-1940.
D'un coup les Finlandais sont devenus en 1939 des Européens et les défenseurs des valeurs occidentales.
Les Occidentaux ont considéré cette guerre inégale qui s'est déroulée dans la neige finlandaise comme celle entre David et Goliath,et même comme une lutte de la civilisation européenne contre les forces de la barbarie.
Le Figaro a cité le 15 mars 1940 à la fin de la guerre le fameux ordre du jour du maréchal Mannerheim qui incarnait l'esprit de tous les Finlandais de l'époque:"Nous sommes fiers de la confiance d'une mission historique que nous continuerons à remplir et qui est de défendre la civilisation occidentale qui est notre héritage depuis des siècles. Mais nous avons aussi payé aux pays occidentaux jusqu'au dernier centime de la dette de cet héritage." Malcompréhension Il était d'autant plus cruel vis-à-vis des Finlandais que les médias occidentaux n'ont compris la nouvelle politique finlandaise du bon voisinage avec l'Union soviétique après la deuxième guerre mondiale. Elle était parfois interprétée comme un renoncement aux valeurs occidentales.
Certes, la politique de Paasikivi et de Kekkonen était moins idéaliste que l'héroïsme de la guerre d'hiver, mais dans ce climat politique d'après guerre beaucoup plus pragmatique. Le concept injuste de la "finlandisation" a donné une image caricaturale d'une nation qui pouvait être fière de sa défense des valeurs démocratiques. "L'occidentalisation" La Finlande fait partie de l'Europe officiellement depuis 1155, dès le moment de la première soi-disant "croisade" en Finlande. Il y était question à la fois d' une mission religieuse et d'une expédition militaire pour pacifier et conquérir le pays. Cette croisade était organisée par l'église de Rome et par la couronne suédoise, qui ont pris ensuite le pouvoir en Finlande.
Il est difficile de savoir quel était le caractère exact de la colonisation de la Finlande. En tout cas ce colonialisme n'était pas identique à celui pratiqué par les Européens au dix-huitième ou au dix-neuvième siècle. Elle n'était pas seulement une manoeuvre de pillage.
L'ordre des Frères dominicains est arrivé dans la région de la Baltique en 1220. Les dominicains exercèrent une influence puissante sur la vie spirituelle des Finlandais.. Le travail des dominicains formait la base pour la doctrine catholique dans la Finlande médiévale.
La conversion au christianisme des Finlandais n'était pas instantanée. Les rites païens persistaient parfois jusqu'au seuil de l'ère moderne. L'église catholique avait vaincu l'église orthodoxe dans la lutte pour les âmes finlandaises et la compétition entre les deux églises a duré jusqu'à la paix de Nöteborg en 1323.
| Union européenne, retour au passé? |  |
La Finlande a été annexée au royaume de Suède sauf la partie est de la Carélie qui a été jointe à la sphère d'influence de Novgorod et de l'église orthodoxe. S'il y avait une frontière orientale de l'Europe quelque part au Moyen Age, était-elle celle entre les Caréliens luthériens alliés aux Suédois et les Caréliens orthodoxes alliés à Novgorod?
Les Finlandais sont devenus de fidèles sujets de l'église de Rome ainsi que du royaume de Suède. C'était une sorte d'intégration européenne.
Les paysans ont gardé leur liberté individuelle en Finlande. Ils sont restés maîtres de leurs terres. Les chefs provinciaux faisaient bientôt partie de la noblesse et à partir de la fin du XIVe seuls les Finnois étaient nommés au siège épiscopal de Turku. Avec la présence d'une noblesse étrangère en Finlande la civilisation courtoise européenne pouvait atteindre la Finlande ce qui était très visible au seizième siècle.
L'esprit européen des Finlandais du Moyen Age se distinguait parfois par un esprit plus égalitaire et plus démocratique que celui des grandes puissances médiévales européennes. Le droit de prendre part à l'élection du roi a été reconnu aux Finlandais en 1362. Le pays était représenté aux élections du roi par un représentant de loi, par le clergé et par 12 paysans.
Il n'y avait pas de seigneurs locaux en Finlande dans le même sens qu'en Europe occidentale ou centrale. Cela donnait une certaine indépendance aux paysans. Même les églises étaient construites en Finlande non par les seigneurs locaux, mais par les paysans. Ceux-ci avaient le droit de proposer comme curé une personne de leur confiance et de le destituer.
La position de la femme nordique et finlandaise n'était pas seulement mauvaise dans la Finlande médiévale. Une femme noble pouvait avoir des fortunes considérables en Finlande. Dans les ménages paysans une part importante des travaux se faisait sous la responsabilité des femmes.
L'influence française a atteint même les moeurs et les valeurs esthétiques, intellectuelles et laïques de la société finlandaise médiévale. Les Finlandais suivaient sur la plan de la création artistique les modèles français et européens. Dans les plus anciennes sculptures conservées en Finlande, l'influence française est nettement discernable, mais elle est arrivée en Finlande par l'intermédiaire de l'Allemagne et de la Suède. Quand la Finlande est devenue une partie intégrée de la Suède et de l'Europe catholique ses habitants finnophones avaient la possibilité d'étudier aux universités européennes, surtout à la Sorbonne.
L'université de Paris était pour les Finlandais du Moyen Age de loin la plus importante institution d'enseignement supérieur. Des dizaines de Finlandais ont étudié à la faculté de théologie de la Sorbonne pour devenir ensuite prêtre ou évêque en Finlande.
Le développement des universités allemandes au XVe siècle a pourtant dirigé des étudiants finlandais vers l'Allemagne.
Les navires faisaient venir en Finlande de l'Europe occidentale des tissus, des vins, des épices, des produits de l'industrie métallurgique. Les poissons ainsi que les peaux d'animaux, la graisse de phoque et les fourrures étaient des produits d'exportation finlandais.
Quand les Finlandais ont commencé à construire des chateaux-forts en pierre, ces constructions suivaient les modèles des chateaux-forts européens. Il y avait au Moyen âge en Finlande aussi une utilisation du bois spécifique.
Vers la fin du XIVe siècle Lubeck était devenue la ville la plus importante de la Hanse et elle avait établi des rapports avec l'élite commerciale de la Finlande. Le style allemand était dominant dans l'art écclésiastique de la Finlande pendant tout le XVe siècle. Dès le début du XVe aussi la production finlandaise autochtone est devenue plus importante dans tous les domaines de l'artisanat artistique.
Ce n'était pas encore la libre circulation du capital et des marchandises. Les villes finlandaises côtières n'étaient pas recues comme membre dans la Ligue hanséatique, mais elles faisaient partie du système politique commercial bâti par elle. Une partie importante de la population des villes finlandaises était allemande, ce qui annonçait l'évolution future: à cause de la réforme luthérienne en 1521 la France allait perdre de son importance et les pays germaniques luthériens pouvaient en gagner. La réforme allait couper l'Europe en deux et isoler l'Europe du nord de l'Europe du sud.
La culture française du dix-septième siècle se faisait sentir en Finlande - comme en Suède - surtout au dix-huitième siècle. Mais la philosophie et la littérature et la musique allemande sont devenues encore plus influentes dans la Finlande du XIXe siècle. L'Allemagne était pour beaucoup de Finlandais le pays de la culture par excellence jusqu'à la deuxième guerre mondiale, après laquelle le modèle culturel anglo-américain est devenu plus dominant. L'adhésion de la Finlande à l'Union européenne peut être interprétée comme un retour au passé où la Finlande a été européenne.
| Quelle identité choisir? |  |
Une identité ethnique est toujours le résultat d'une interprétation subjective. L'identité est forgée et enseignés par les éducateurs et par les historiens. Le Finlandais se sent un peu plus Européen après l'adhésion de son pays à l'Union européenne. Mais il n'est pas tout à fait sûr qu'il soit devenu plus Européen qu'avant. Il est devenu plus cosmopolite, plus intégré à la culture globale et mondiale.
Le Finlandais n'est pas très conscient des racines européennes et cosmopolites de sa propre culture. Et pourtant le Kalévala, l'épopée nationale a une parenté avec des autres épopées européennes et même avec des traditions extraeuropéennes. Il contient des mythes archétypaux de l'humanité entière.
Même l'idée capital de notre philosophe national J.W.Snellman de sauvegarder la langue et la culture finnoise et créer une nation finlandaise est de la philosophie allemande plutôt qu'une idée finlandaise. On ne peut pas penser à l'éthique, à l'idéalisme et au patriotisme finlandais du XIXe siècle sans y voir une dimension qui provient directement du romantisme allemand.
Aucune culture n'est née dans le vide. La culture finnoise ou finlandaise n'est pas une exception. Une culture ne peut naître, vivre et s'accroître sans dialogue et sans communication avec les autres traditions. Ce qu'on appelle une culture nationale est une sorte de choix et de concentration des éléments culturels internationaux en libre circulation. Ce choix des valeurs peut servir un peuple pendant une certaine période dans un certain contexte culturel. Mais le tout est en permanent devenir.
Le romantisme national de la Finlande et l'âge d'or de la culture finlandaise au tournant du siècle dernier avec Jean Sibelius, Akseli Gallén-Kallela et Eino Leino est une période secrètement européenne où l'influence du naturalisme et du symbolisme européen est visible aussi en Finlande. Le romantisme national finlandais était l'équivalent du "moderne style" anglais, du Jugendstil allemand et de l'Art Nouveau en France. L'architecture finlandaise qui s'inspirait au tournant du siècle du mode de construction populaire ou des motifs ornementaux caréliens, avait eu des prédécesseurs dans le style suisse en vogue en Europe aussi bien que dans le style scandinave qui s'inspirait de l'époque viking.
Les artistes finlandais ont communiqué avec les meilleurs traditions européennes et ils ont combiné la simplicité noble et le primitivisme raffiné aux styles "fin de siècle" et "décadence".
Personne en Finlande n'a mis sérieusement en doute que la Finlande est un pays européen. L'Europe a toujours été un concept chargé de valeurs positives pour les Finlandais. La plus grande partie des Finlandais qui ont voté contre l'adhésion de la Finlande à l'Union européenne n'ont pas agi dans un esprit proprement antieuropéen. Leur protestation manifestait plutôt la méfiance à l'égard de l'Union européenne, non à l'égard de l'Europe de la culture.
| Défi à l'Europe |  |
La Finlande paraît incarner le principal des vertus européennes malgré son industrie de plus en plus internationale et sa quête des valeurs et des biens matérielles plutôt américains qu' européens. La Finlande n'est pas seulement européenne par sa littérature, par ses musiciens et ses chanteurs. Elle est européenne par sa culture politique et sociale. Tout n'est pas seulement idéal dans la Finlande actuelle , mais avec sa culture sociale et politique elle lance un défi à l'Europe menacée par les problèmes de son ordre intérieur, et parfois même par la corruption, par la fraude sociale, par la désorganisation administrative et politique, par le déficit démocratique et par le manque de la transparence de son administration.
La Finlande est un pays européen occidental. Elle est sur le plan culturel et social beaucoup plus proche de la tradition scandinave que de la tradition russe. La Russie éternelle ainsi que les pays baltes ont connu une histoire sociale radicalement différente de celle des pays scandinaves et celle de la Finlande. La frontière finno-russe est même aujourd'hui une frontière dramatique, qui témoigne de l'existence de deux traditions culturelles et sociales fondamentalement différentes.
Les Finlandais représentent une tradition ancienne démocratique nordique et scandinave. Bien que l'évolution très égalitariste et démocratique de notre pays soit en partie un fruit des hasards de l'histoire, il peut y avoir aussi des raisons historiques pour l'existence de cette culture politique. Le féodalisme n'a pas joué en Finlande le même rôle primordial que dans la plupart des pays européens. La modeste densité de la population a laissé beaucoup d'espace et de liberté aux Finlandais et chaque individu - même la femme - a compté dans la vie du travail et dans la vie sociale.
Le luthérien finlandais n'a pas accepté d'autorité d'Eglise. Il a voulu lire lui-même sa Bible et interpréter son Dieu et les dogmes indépendamment de toute autorité. Il a pris sa destinée non seulement religieuse et théologique, mais finalement aussi politique entre ses propres mains. Le luthéranisme a, lui aussi, renforcé le penchant individualiste des Finlandais en soulignant la responsabilité personnelle de chacun. Le fait religieux avec sa stricte moralité s'est fait ressentir dans les pays du nord fortement dans la vie publique. Tout cela peut expliquer un peu l'évolution politique et sociale de toute la Scandinavie même encore au vingtième siècle.
Le fait que les Finlandais appartiennent au même groupe ethnique ou linguistique que les Estoniens et les Hongrois n'est pas en contradiction avec leur identité européenne, ni d'ailleurs la parenté linguistique avec quinze autres peuples finno-ougriens, même si ces peuples sont anthropologiquement et culturellement très éloignés des Finlandais. La langue et l'ethnie sont deux entités différentes. La parenté linguistique peut être très éloignée, celle entre le finnois et le hongrois par exemple est comparable à celle entre le français et le suédois. Néanmoins les liens émotionnels et culturels sont forts entre les Finnois et les Hongrois sans parler des liens qui unissent les Estoniens aux Finnois. Une douzaine de petits peuples finno-ougriens parsemés en Russie et en Sibérie, sont suivis et vus avec intérêt et avec sympathie par les Finlandais, mais non à cause d'une identité commune finno-ougrienne, mais plutôt comme une sensation anthropologique: notre passé finno-ougrien a son coté énigmatique.
Quand la Finlande est devenu un grand duché autonome au sein de l'empire russe en 1809, cela a fortifié paradoxalement l'identité des Finlandais. Les tsars russes qui étaient aussi de grands ducs de la Finlande étaient le plus souvent d'esprit européen et parfois marqué - comme Alexandre premier - par les idées du siècle des Lumières. Les autorités russes ont laissé les Finnois développer leur culture et leur langue d'une facon impressionnante pour les faire éloigner des Suédois. Le libéralisme de certains grands ducs de Finlande a aplani la voie des Finlandais vers l'indépendance nationale et indirectement vers l'Union européenne. La différence La Finlande est de plusieurs façons un pays européen différent. C'est pourquoi elle peut ajouter quelque chose d'original à la polyphonie des cultures européennes. Elle est aussi originale.
Le pays remplit toutes les critères économiques, politiques et culturelles d'un pays de l'Union européenne bien qu'elle aiet un accès direct aux civilisations arctiques. Une société relativement homogène comme la Finlande est de mainte façon plus facile à développer qu'une grande tradition multiculturelle. Tous les Scandinaves peuvent apporter aux grands pays européens l'expérience d'une société qui n'est pas encore gigantesque et trop hétéroclite.
S'il manque à l'Europe actuelle de la simplicité et de l'innocence, reste à voir si les pays nordiques peuvent en donner à l'Europe et à l'aider à récupérer quelques vertus européennes quelque peu négligées. Dans notre Europe d'aujourd'hui toute spécificité est nécessaire pour que l'Europe reste multiforme, pour que l'Europe reste l'Europe. La tête de l'Europe doit écouter son corps et ses voix intérieures pour garder sa richesse et sa fraîcheur.
L'Europe doit progresser et rester en même temps fidèle à ses racines. Pour un Finlandais européen cela signifie que le portable de Nokia ne doit pas faire taire le chant magique du chaman finno-ougrien, même si celui-ci est audible aussi en cassette vidéo. |