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Les élections européennes

Politique > Institutions
01-07-09
Auteur : Kyösti Karvonen
La gauche finlandaise en loques, à l’issue des européennes
par Kyösti Karvonen, le 12 juin 2009

Au lieu du Parti du Centre, ce sont les formations de gauche qui ont essuyé, en Finlande, une sévère défaite aux élections européennes. C’est le revers le plus cuisant jamais essuyé par la gauche finlandaise, écrit Kyösti Karvonen, rédacteur en chef du journal Kaleva.

Il y a quelques décennies, les partis de gauche constituaient, en Finlande, une force avec laquelle il fallait compter sur la scène politique ; elle obtint même, une fois, une majorité au parlement national. A l’issue du décompte des voix du scrutin européen du 7 juin dernier, ses jours de gloire semblent bel et bien révolus ; la gauche, en effet,  a subi une défaite sans précédent dans l’histoire moderne de la vie politique finlandaise.

Du côté des gagnants, deux partis – les Verts et le populiste Vrais Finlandais – ont bien progressé. Les partenaires de la coalition au pouvoir – le Parti de Rassemblement  (conservateur modéré) et le Parti du Centre – ont essuyé des pertes moyennes sinon sévères, tout en sauvant les apparences.

Sur le plan finlandais, c’est incontestablement une première à laquelle on assiste : le Parti social-démocrate (SDP) et l’Alliance des Gauches n’ont réussi à s’assurer ensemble qu’un quart du suffrage populaire. La défaite est cinglante, en particulier pour la seconde formation, successeur d’un Parti communiste qui fut puissant. En cinq ans, l’Alliance des gauches a perdu,  approximativement, un tiers de ses voix.

Quant au SDP, son score est le pire jamais enregistré aux européennes, juste après avoir touché le fond lors des élections municipales qui se sont déroulées à la fin de l’année dernière.

Coup de semonce pour Urpilainen

Au parlement finlandais, les partis de gauche sont dans l’opposition ; la grave récession économique qui secoue la planète n’a pas épargné la Finlande. Ces faits qui, d’ordinaire, se traduisent facilement par des avantages politiques, ont eu l’effet inverse, suivant en cela, d’une manière générale, le modèle européen. Les sociaux-démocrates ont vu leur popularité sérieusement entamée ; ils n’obtiennent, cette fois, que deux sièges, soit un de moins que lors des précédentes élections, il y a cinq ans.

 « En politique, il est une vérité déplaisante : la perte des voix ne cesse que lorsque celles-ci sont épuisées » écrit, dans son blog et sur un ton acide, Erkki Tuomioja, ancien ministre des Affaires étrangères et éternel dissident social-démocrate.

Le faible score des sociaux-démocrates ne suscite pas d’appels immédiats à la démission des dirigeants du SDP. Il n’en constitue pas moins un avertissement pour sa présidente, Jutta Urpilainen.  Ces élections étaient supposées constituer un tremplin pour cette dernière, avant les cruciales élections parlementaires de 2011.

Autre retournement de situation, le résultat a été des plus décevants pour le SDP du fait que l’un des deux députés élus n’est pas même membre de ce parti. Le prêtre orthodoxe Mitro Repo, qui se présentait sur la liste SDP, sous l’étiquette d’indépendant, a obtenu lors du scrutin le plus grand nombre de voix, devançant ainsi les vieux briscards du parti.

Haro sur l’extrême-gauche

C’est dans les rangs de l’Alliance des gauches que le tollé a été le plus bruyant. Esko Seppänen, député européen sortant, a demandé tout net au chef du parti, Martti Korhonen, de jeter l’éponge.

La situation est pour le moins embarrassante : le parti a, en effet, perdu le seul siège qu’il détenait au Parlement européen. Lors des premières élections européennes auxquelles la Finlande participait, en 1996, le parti avait même obtenu deux sièges. La Finlande ne disposant désormais que de 13 sièges au Parlement européen – un de moins que durant la précédente mandature – il va sans dire que, sur le plan politique, chaque siège vaut de l’or.

Trois jours après l’élection, Korhonen a finalement démissionné ; le communiqué de presse de l’Alliance des Gauches rappelle toutefois que le blâme n’est pas à jeter sur une seule personne. Les scores du parti sont, depuis longtemps, dans une spirale descendante. A l’issue de ce scrutin, il vient loin derrière, en septième position ; il se trouve relégué parmi les formations mineures, après un couple de décennies durant lesquelles il avait fait figure de poids moyen. Ce n’est  que tout récemment qu’il a perdu sa quatrième place au profit des Verts.

Le Parti du Centre tiré d’affaire

Durant la campagne, la manière dont le Parti du Centre, leader de la coalition gouvernementale, allait se comporter, a fortement retenu l’attention. Les spéculations allaient bon train : en cas de défaite électorale majeure, le Premier ministre Matti Vanhanen pourrait être contraint à démissionner de son poste de chef de file du parti, pensait-on.

Lors de la précédente mandature, le Parti du Centre détenait quatre sièges au Parlement européen. Beaucoup s’attendaient - même au sein du parti – à la convocation d’un congrès extraordinaire de celui-ci au cas où il n’obtiendrait que deux sièges.

Tout ayant perdu une proportion de ses voix plus importante encore que le SDP, le Parti du Centre de M. Vanhanen peut s’estimer heureux d’avoir obtenu trois sièges. Par la suite, l’attention de l’opinion a essentiellement  été focalisée sur les partis de gauche, tirant d’affaire l’actuel Premier ministre. Son avenir politique est assuré jusqu’aux prochaines élections parlementaires.

En ne perdant qu’un siège, le Parti du Centre ne s’en sort pas trop mal, aidé en cela par le Parti de rassemblement, son allié dans la coalition gouvernementale. Les conservateurs ont conservé leur rang de plus grande formation sur la scène politique finlandaise, obtenu lors des dernières municipales, pour la première fois de son histoire. Il compte désormais trois députés au parlement européen, au lieu de quatre dans le parlement sortant.

Le match nul, entre les principaux partis de la coalition, en terme de sièges obtenus, a préservé l’équilibre politique au sein du gouvernement. Une perte de deux sièges par le Parti du Centre et un résultat au moins égal à quatre élus pour les conservateurs, voilà qui aurait pu ébranler la coalition.

Les populistes s’avèrent plutôt populaires

Comme on s’y attendait, le parti populiste des Vrais Finlandais, a obtenu un franc succès, en particulier son président, Timo Soini.  Celui-ci a obtenu quatre voix sur cinq données à son parti, ce qui lui vaut d’être élu au Parlement européen par un véritable raz-de-marée électoral.

Les Vrais Finlandais ont infligé la plupart des pertes essuyées par les autres partis défaits, dont les supporters ont voulu marquer leur désapprobation. Dans l’ensemble du pays, le parti de M. Soini a obtenu environ 10% des voix. Son score place son parti en cinquième position.

Les chrétiens-démocrates, joignant astucieusement leurs forces à celles des Vrais Finlandais, sous la forme d’un bloc électoral de caractère technique, ont obtenu un siège en s’accrochant aux basques de M. Soini.

Le résultat du scrutin constitue un départ en trombe pour la nouvelle présidente des Verts, Anni Sinnemäki, élue en mai à ce poste. Ces élections européennes ont consolidé la position des Verts, qui viennent en quatrième position. Le 13ième siège est allé au Parti populaire suédois, qui a réussi à réussi à tirer son épingle du jeu dans une élection maquée par le désintérêt général ; le taux de participation électoral de 40,2% en témoigne.

Liens

europa.eu/index_fr.htm

 
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