| La Finlande apporte une dimension arctique à l’UE |  |
Le réchauffement du climat, l’élévation du niveau des mers consécutif au dégel des calottes polaires, de nouvelles voies maritimes qui s’ouvrent à la faveur du recul des banquises, des gisements de pétrole et de gaz jusque là hors d’accès, de nouvelles questions qui se posent en matière de sécurité et de politique étrangère : tout cela n’a pas manqué d’interpeller l’Union européenne.
La communication intitulée « L’Union européenne et la région arctique » adoptée par la Commission européenne à la fin de l’année 2008 a permis de focaliser l’attention publique européenne sur la politique économique et les actions à mener en faveur de la protection de l’environnement de la région arctique. Cette même communication propose par ailleurs que soit créé un Centre européen d’information sur l’Arctique ; or on peut se demander si la Finlande, qui dispose déjà d’un Centre Arctique, ne serait pas le pays de l’Union le mieux placé pour accueillir un organisme européen compétent pour ces questions.
Rattaché à l’Université de Laponie, le Centre Arktikum est établi à Rovaniemi, à faible distance du cercle polaire ; c’est précisément dans cette région située à la croisée de la Finlande urbanisée et des espaces désertiques du Grand Nord que commence la zone arctique finlandaise.
Le Centre Arctique fut fondé en 1989 afin de servir de banque de données sur les régions européennes les plus septentrionales et favoriser la recherche internationale dans ce domaine ; plus tard, le projet de bâtiment qui devait abriter le centre fut adapté pour que les lieux puissent accueillir par la même occasion le Musée Provincial de Laponie.
C’est ainsi que les deux entités, toutes deux axées sur une dimension strictement nordique, purent finalement s’installer en 1992 dans un ensemble architectural qui porte désormais le nom « Centre Arktikum ». Cette initiative a d’ailleurs porté ses fruits : aujourd’hui, près de 80.000 visiteurs viennent tous les ans prendre connaissance de l’offre culturelle et scientifique du lieu, plus de la moitié des visites étant par ailleurs le fait de touristes étrangers.
Le Centre Arctique s’est montré à la hauteur de la mission d’information sur l’environnement nordique qui lui était assignée en mettant à la disposition du public l’ensemble des connaissances disponibles sur la région arctique et en menant des études sur celle-ci dans le cadre d’une vaste coopération internationale.
Le centre est également devenu un organisme de recherche pluri-scientifique, où plusieurs dizaines d’experts mondiaux éminents s’attachent à étudier les phénomènes de changements climatiques et autres modifications de l’équilibre planétaire, de même que les questions relatives au développement durable et au droit de l’environnement et au statut des minorités ethniques présentes dans la région arctique.
La spécificité du Centre Arctique et des expositions qui y sont organisées réside dans l’interaction des scientifiques de haut niveau et des professionnels de la communication qui y travaillent sous le même toit : cette association produit des informations non seulement destinées au grand public, mais aussi aux décideurs, que ceux-ci se situent au niveau local, national ou international.
La recherche et les connaissances et informations qui en sont issues sont d’une importance fondamentale pour la compréhension et l’examen des perspectives d’avenir de la région arctique, et elles ont par ailleurs vocation à permettre la mise en place de plans d’action en faveur de la région : il n’est donc pas surprenant que le Centre Arctique participe activement à la prise de conscience, tant en Finlande que dans l’ensemble de l’Europe, de toute l’actualité du dossier arctique.
Aussi, la création d’un Centre européen d’information sur l’Arctique serait-elle une excellente initiative, qui se situerait dans le droit fil de la stratégie arctique de la Finlande actuellement en cours d’élaboration à l’instigation d’Alexander Stubb, ministre finlandais des Affaires étrangères ; celui-ci a d’ailleurs présenté la position de la Finlande à ce sujet lors d’un discours prononcé récemment à Rovaniemi pour marquer le vingtième anniversaire de la création du Centre Arctique.
Il ressort des déclarations ministérielles que l’heure n’est plus à la poursuite pendant les vingt ans à venir d’une réflexion sur la stratégie arctique de notre pays : en l’absence d’actions rapides et résolues dans ce domaine, la chance de la Finlande de jouer la carte de son expertise arctique lui passerait sous le nez comme une plaque de glace flottante. | Jenni Lintula |  |
L’auteure de cet article est responsable des relations de presse au Centre Arctique de l’Université de Laponie (www.arcticcentre.org) ; outre l’ensemble du dossier arctique, son domaine de compétence comprend la communication sur les questions relatives au secteur de la mer de Barents, thème sur lequel le Centre Arctique a ouvert un site internet à l’adresse www.barentsinfo.org.
(La chronique de J. Lintula est parue initialement dans le numéro d’avril 2009 de la revue finlandaise Museo ; pour plus d’informations : www.museoliitto.fi/tiedotus/museo-lehti)
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