| Le résultat définitif pour le pays: |  |
Taux de participation : 61,3 % (+2,7)
Rassemblement national 23,4 % (+1,6)
Parti Sociale Démocrate 21,2 % (-2,9)
Parti du Centre 20,1 % (-2,7)
Les Verts 8,9 % (+1,5)
Alliance de gauche 8,8 % (-0,8)
Parti des vrais finlandais 5,4 % (+4,5)
Parti suédois 4,7 % (-0,5)
Les démocrates crétiens 4,2 % (+0,2)
_______________ Le 26 octobre, les électeurs finlandais se rendront aux urnes pour élire aux municipales plus de 10 000 conseillers; les résultats du scrutin auront aussi une portée nationale.
“Toute politique est locale” – la formule est de Tip O’Neill, ancien président de la Chambre des représentants des États-Unis. Des mots qui s’appliquent aussi à la Finlande où l’échéance des municipales approche. Le dimanche 26 octobre, en effet, des élections auront lieu dans plus de 400 municipalités de la République. L’électorat choisira d’abord et, avant tout, ses représentants aux conseils municipaux, urbains et ruraux. Mais, en même temps, les électeurs rendront aussi un premier verdict sur l’actuel gouvernement de centre-droite du pays, à mi-parcours de la législature. Trois facteurs, au moins, sont susceptibles d’avoir un certain impact sur ce que sera le résultat. En premier lieu, les retombées de la crise financière, cause de dégâts aux États-Unis et de ralentissement économique mondial, impriment leurs marques sur l’économie finlandaise. Selon les prévisions, la croissance économique de la Finlande sera érodée au point de n’atteindre que près de la moitié du taux enregistré l’an dernier. Deuxièmement, la récente fusillade dans une école, second événement du genre en moins d’un an, cette fois dans la petite ville de Kauhajoki, a provoqué un tollé politique au niveau national. La tragédie de Jokela, en novembre dernier, n’avait pas suscité une telle réaction.
Enfin, troisièmement, tous les sondages indiquent qu’un parti populiste, dénommé Les Vrais Finlandais, est en passe de remporter une confortable victoire électorale. Entre-temps, les sondages d’opinions réalisés avant la tragédie survenue dans cette école, montrent que les trois plus grandes formations politiques du pays sont au coude à coude, ce qui rend vaine toute tentative de prédire quoi que ce soit et encore moins de déclarer par avance un vainqueur. | Chasse gardée du Parti du Centre |  |
Pour être précis, ce sont 10 142 conseillers municipaux qui seront élus lors du scrutin. Un chiffre diminué de plus de 1 500 sièges par suite des fusions de communes survenues depuis les précédentes élections municipales en 2004 qui ont rayé de la carte plusieurs dizaines de municipalités. Historiquement, en termes d’élus, les élections locales ont toujours été dominées par le Parti du Centre ; les électeurs qui, traditionnellement, vivent dans les zones rurales représentent, en effet, la part du lion. Indépendamment de sa densité démographique et si faible soit-elle, chaque municipalité compte au moins 13 conseillers municipaux.
Tant que le nombre des municipalités se comptera par centaines, le règne du Parti du Centre perdurera. Le Parti Social-Démocrate (SDP) et le Parti du Rassemblement national, conservateur modéré, jouent cependant un rôle majeur sinon prédominant dans les villes et les banlieues, où le Parti du Centre vient, la plupart du temps, loin derrière.
Les municipalités et les villes, qu’elles soient petites ou grandes, jouissent d’une grande autonomie, y compris un monopole sur l'aménagement du territoire. Responsables de l’enseignement, de la santé et des services sociaux, elles perçoivent un impôt municipal forfaitaire, dont le taux varie selon les municipalités. L’Etat les subventionne et décide du type de services qu’elles doivent produire Un grand nombre de municipalités, en particulier celles de petite taille, se portent plutôt mal sur le plan économique. | Un débat incontournable |  |
La crise financière mondiale n’a pas englouti les entreprises finlandaises. C’est pourquoi, elle n’a pas eu, jusqu’à présent, de répercussions politiques. Anticipant le ralentissement économique, dans le projet de budget que le Parlement doit examiner cette année, le gouvernement avait prévu des réductions fiscales significatives.
La réaction à la fusillade de Kauhajoki, dans laquelle 11 personnes ont trouvé la mort, a été d’autant plus violente. Si la tragédie de Jokela avait choqué la Finlande, il y a un an, elle n’avait cependant pas entraîné de débat politique sérieux. Après la réédition de ce tragique événement, le débat est devenu incontournable.
Certains députés du Parti Social-Démocrate et de l’Alliance de Gauche, deux formations dans l’opposition, ont même exigé la démission de la ministre de la Justice, Anne Holmlund, reprochant à celle-ci de ne pas avoir soumis, après le premier incident, de proposition relative au droit de contrôle des armes de poing. La question ne manquera pas de s’inviter dans le débat au cours des dernières semaines avant les élections. | Les populistes progressent |  |
Beaucoup suivront de prés, et même avec une certaine inquiétude, le score que fera un petit parti populiste aux élections. Le Parti des Vrais Finlandais ne compte actuellement qu’une poignée de députés au Parlement. Ce parti semble promis à une belle victoire aux municipales, pense-t-on généralement ; il pourrait même doubler son soutien populaire, pour atteindre quelque 7%.
Quant aux raisons sous-jacentes, on serait bien en peine de dire ce qu’elles sont. Indubitablement, le chef de file de ce parti, M. Timo Soini est une des personnalités politiques les plus en verve du moment. Un récent sondage du journal Kaleva plaçait M. Soini parmi les dirigeants politiques de premier plan. Celui-ci a surfé avec succès sur la vague anti-européenne qui a déferlé sur la Finlande durant ces dernières années. Certains estiment que les dégraissages opérés dans l’industrie forestière finlandaise, avec des fermetures d’usines et des pertes d’emplois, ont également joué en faveur de son parti.
À l’instar de ce qui ce que l’on observe dans bien d’autres pays, l’audience du parti populiste a connu les hauts et des bas des montagnes russes. Dans les années 1970 et 1980, le prédécesseur du Parti des Vrais Finlandais avait eu jusqu’à 18 députés dans un Parlement qui en compte 200 ; ce parti avait même siégé au gouvernement, dans les années 1980. Depuis, il avait piqué du nez et eu bien mauvaise presse.
Le Parti du Centre et le Parti Social-Démocrate ont eu fort à faire pour trouver autant de candidats aux élections du 26 octobre qu’ils n’en présentent habituellement aux municipales. Le Parti du Rassemblement et le Parti des Vrais Finlandais ont, pour leur part, réussi à augmenter le nombre de leurs candidats.
Les élections sont particulièrement importantes pour le président du Parti du Centre, le Premier ministre Matti Vanhanen, et pour la nouvelle présidente du SDP. Sous sa présidence, M. Vanhanen n’a remporté, de manière décisive, aucune élection. Quant à Madame Utriainen, elle préside son parti depuis environ six mois, durant lesquels la popularité de sa formation politique n’a pas vraiment décollé.
|