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Bilan entre deux scrutins

Politique > Histoire politique
26-06-07
Auteur : Jacques Mer
La Finlande en 2006 : entre le scrutin présidentiel (janvier 2006) et les élections législatives  (mars 2007).

Pour la Finlande, 2006, sur le plan de la politique intérieure, s’inscrit dans une certaine continuité avec l’année qui l’avait précédé. Le scrutin présidentiel des 15 et 29 janvier a vu la victoire, après bien des péripéties, de la présidente "sortante" Tarja Halonen, candidate à un second mandat.

Mais celle-ci ne l'a emporté, au deuxième tour, que d'une courte tête sur son adversaire Sauli Niinistö, ancien chef du parti Conservateur, qui bénéficiait du désistement et de l'appui du président du Parti centriste (et Premier ministre) Matti Vanhanen, postulant malheureux éliminé au premier tour. Au lendemain du vote, le gouvernement tripartite, dirigé par M. Vanhanen, et composé du parti social-démocrate, du parti centriste et du parti suédois, reste en fonctions, et sauf accident, doit se maintenir jusqu'aux élections législatives, fixées au 18 mars 2007. Dans la perspective de ce scrutin, la question se pose de savoir si l’alliance des « partis bourgeois » lors du combat présidentiel a eu des conséquences en profondeur sur les relations entre le Centre et le PSD, associés au gouvernement. Comme on le verra, la page a été tournée et chaque parti reprend sa liberté pour l'affrontement à venir, s'efforçant de maximiser ses chances propres et n'excluant aucune alliance pour l'après 18 mars.

Dans le domaine économique, la conjoncture finlandaise, avec un taux de croissance avoisinant 2006, permet une amélioration du niveau de vie de beaucoup, une diminution du chômage et une élévation du taux d'activité. La pression fiscale recule légèrement. Les comptes extérieurs demeurent nettement excédentaires. Les finances publiques se portent bien et, au sein de l'Union européenne, font figure de modèle à imiter. Seul point d'ombre : en raison de la proximité des élections, la volonté réformatrice est quelque peu entamée et il faudra attendre 2007 et la venue d'un nouveau gouvernement pour s'attaquer à certains problèmes structurels.

Sur le plan des relations internationales, la Finlande, qui maintient ses grandes orientations, s’efforce de tirer les leçons des évènements, complexes et d’une portée parfois préoccupante, qui sont intervenus au-dehors, et notamment de la crise paralysant la construction européenne, et, à un moindre degré, de l’évolution interne de la Russie et des péripéties récentes affectant les relations de Moscou avec son ancienne zone d’influence. Mais le fait marquant de l'année 2006 pour Helsinki sera la "présidence (tournante) de l'Union européenne", que la Finlande exerce (pour la seconde fois depuis l'adhésion) au second semestre. Le bilan en sera honorable.

Politique intérieure

Les retombées de l'élection présidentielle 
Aucun observateur sérieux n'anticipa au cours de l'année 2005 le résultat final du scrutin présidentiel : à savoir, la réélection "à l'arrachée" de Tarja Halonen, le soir du second tour (29 janvier 2006). On la crédita longtemps d'une élection facile, au premier tour et à la majorité absolue. Ce n'est qu'au tournant de l'année que la probabilité d'un ballottage apparût, puis, rapidement, se confirma. Deux autres "surprises" se joignirent à ce déclin inattendu. D'abord, la percée rapide de M. Niinistö (24,1 % au premier tour), produite par la vigueur d’une campagne qui permit de « ratisser large » parmi l’électorat « bourgeois ». Puis, le "désistement" en sa faveur du Premier ministre Matti Vanhanen, -victime d'une contre-performance et éliminé au premier tour- associé pourtant depuis 2004 aux Sociaux-Démocrates au sein du gouvernement.

Ces derniers accusèrent le coup : une entente des "partis bourgeois" s'était facilement opérée contre leur candidate (les petits partis du centre et de la droite, en outre, s'étaient aisément ralliés à M. Niinistö) et cela éveillait des méfiances à gauche en perspective des législatives.

Assez vite, toutefois, le cours de la vie politique et parlementaire reprit son cours normal et la coopération au sein du cabinet Vanhanen entre Sociaux-Démocrates, centristes et Parti suédois se poursuivit comme au préalable. Bien entendu, chacun des partis s'efforça, en prévision du verdict des électeurs, de maximiser son audience, PSD et Centre (et même les Conservateurs) visant la première place. Mais la rivalité des partis ne passionnait pas une opinion assez blasée ; et, celle-ci fut, dans le domaine politique, plus intéressée par la présidence finlandaise de l'Union européenne au cours du second semestre 2006 que par les relations entre les partis.

A) L’action gouvernementale, « en phase avec l’opinion » en 2006
Le cabinet Vanhanen, constitué à l’été 2003, a poursuivi son existence tranquille (le 2 janvier 2007, comme prévu, M. Stefan Wallin -Parti Suédois- remplacera M. Enestam -même parti- à l'Environnement), et aucun obstacle sérieux n’a entravé sa route, l’opposition n’étant pas en mesure de le faire trébucher.

Ce gouvernement était d’ailleurs apprécié par l'opinion, si l’on en croit des sondages effectués au cours de 2006 et au début de 2007 (les trois-quarts des Finlandais lui donneront alors une bonne note). Il a bénéficié d'une conjoncture économique favorable et, à partir de juin, des retombées positives, en matière d'"image", de la présidence finlandaise de l'U.E. Des enquêtes d'opinion, faites à la mi-février 2007, font apparaître, outre la grande popularité de M. Vanhanen -dont 49 % des Finlandais souhaitent la reconduction (les présidents social-démocrate et conservateur recueillant seulement 11 et 7 %)-, la préférence des électeurs pour la coalition sortante, choisie par 41 % des sondés, contre 26 % pour une coalition du Centre et des Conservateurs, et 20 % pour une alliance PSD-Conservateurs.

D’une manière générale, l’audience des partis politiques dans l’électorat a connu des oscillations limitées durant cette période. Au début de mars 2006, peu après la percée de M. Niinistö aux "présidentielles", elle était de 25,8 % pour le PSD (au-dessus du niveau des "législatives" de 2003), de 22,5 % (en nette hausse depuis 2, et surtout 4 ans) pour les Conservateurs (Kookomus), et de 22 % pour le Centre, qui régressait nettement par rapport à son "score" de 2003. Ces formations étaient suivies de l’Alliance des gauches (8,7 %) alors en crise, des Verts, des Démocrates-Chrétiens (en baisse), des Suédois et des Finlandais de base (en hausse). En avril, les chiffres ne changeront guère, avec un bon « score » des deux partis du gouvernement (25,6 % et 23,5 %), suivis des Conservateurs (21,9 %), des Verts (9,1 %), de l’Alliance des gauches (8,6 %) toujours en crise, etc. Début juillet, les écarts se resserrent entre les trois premiers : 24,3 % pour le PSD, 22,8 % pour le Centre et 22,7 % pour les Conservateurs, le phénomène étant confirmé en septembre.

C’est dire que, mis à part le Parti conservateur, "réveillé" au début de 2006 par la "performance "de S. Niinistö, les diverses oppositions ne sont pas créditées d’avancées significatives depuis les élections présidentielles. D'ailleurs une motion de censure sur la politique énergétique et environnementale, déposée en janvier 2007 par les Conservateurs, fera un net fiasco, tout comme une motion assez semblable venant des autres opposants.

L’Alliance des gauches (VAS), surtout, a connu une sérieuse crise. Dès février, sa présidente, Suvi-Anne Siimes, une "rénovatrice" assez proche des Sociaux-Démocrates, avait mis en garde sa formation contre les luttes de tendance et, en particulier, contre la crispation des tenants de la ligne "dure" restée "stalinienne", notamment en matière de politique européenne et internationale. Au début mars, elle démissionna de sa charge, annonçant son intention de ne pas se présenter aux législatives de 2007. Un congrès extraordinaire, réuni en mai, élit à la présidence de la formation le député Martti Korhonen, un des leaders de l'aile "dure". Mme Siimes a rejoint le secteur privé au printemps 2007. L'avenir du VAS reste problématique

Les Verts, qui en 2005 s'étaient donné pour présidente la dynamique députée Tarja Cronberg, n'en piétinèrent pas moins. Leur éviction du cabinet en 2003 ne les a pas servis, divisés qu’ils restaient sur le choix d’une stratégie efficace. Leur congrès de juin 2006 a été largement centré sur les problèmes énergétiques. Rappelant leur opposition à tout nouvel élargissement du parc nucléaire, ils ne font pas de ce refus un préalable à toute participation gouvernementale, au lendemain des législatives. "Il est plus efficace de s'opposer au nucléaire dans le gouvernement que dans l'opposition".

Quant au parti Conservateur, il a pris conscience du fait que son grand atout électoral était Sauli Niinistö. Son président, Jyrki Katainen (un jeune parlementaire) ne s’impose pas, à première vue, comme porteur de projets et d’initiatives à même de provoquer un choc favorable. Le parti se borne à reprendre ses thèmes favoris, que ce soit en matière économique (moins de fiscalité, actions en faveur des classes moyennes et aisées, etc) et dans le domaine international (choix plus ou moins explicite de l’adhésion à l’OTAN, critiques de la politique européenne jugée « floue » du gouvernement). S'y ajoutent maintenant des flèches plus ou moins acérées -adressées également à la Présidente Halonen- contre la prétendue absence d'une politique dynamique vis-à-vis de Washington.

Le congrès du Parti Conservateur, réuni les 9, 10 et 11 juin, réélira à l'unanimité Jyrki Katainen, le charismatique Sauli Niinistö n'étant pas intéressé par cette fonction. Il se présentera finalement aux législatives, mais se tiendra "en réserve", sans doute dans la perspective du scrutin présidentiel de 2012

Au même moment, le congrès du Parti du Centre reconduit -à l'unanimité- à sa tête le Premier ministre Matti Vanhanen. Celui-ci espère bien que, lors du scrutin de mars 2007, les Finlandais, satisfaits de son bon bilan intérieur et extérieur (et spécialement européen), placeront le Centre en tête des grandes formations. Il pourrait ainsi se succéder à lui-même à la tête d'une coalition, qui, soit, -comme c'est le cas depuis 2003-, se fonderait sur une entente avec le PSD, soit reposerait sur une alliance Centre-Conservateurs, le Parti Suédois étant dans les deux cas un appoint pratiquement incontournable. M. Vanhanen se déclare ouvert aux deux formules, et tend même la main aux Verts. Les adhérents du Centre, alors, sont à peu près également partagés.

Le Parti Suédois, à la mi-juin, a remplacé, à sa présidence, M. Enestam, par ailleurs Ministre de l'Environnement (il le restera jusqu'à la fin de 2006), qui souhaitait se retirer, par M. Wallin, Secrétaire d'État. Ce dernier espère devenir plus visible que son prédécesseur dans la politique finlandaise.

B) Le Chef de l'État et le Gouvernement en bonne harmonie
La Constitution entrée en vigueur en 2000 a rogné les pouvoirs du Chef de l’État et la Présidente Halonen a, après des années de « transition », accepté, de bonne grâce, de jouer le rôle des nouvelles institutions et d’adopter, en matière de politique intérieure notamment (mais aussi s’agissant des relations avec l’Union Européenne), un profil relativement bas.

Après sa réélection et dans le courant de l’année 2006, elle s’est contentée de s’exprimer sur les plus “rassembleurs” parmi ses thèmes favoris de toujours : maintien de l'Etat Providence, lutte contre les discriminations et les inégalités criantes, accent mis sur l’éducation, la formation et la recherche, défense des droits des défavorisés et de la diversité culturelle.

Dans le domaine de la politique étrangère, l’intéressée a joué, comme les années précédentes, un rôle non négligeable, mais sans empiéter sur les compétences du gouvernement. Elle a poursuivi sa politique de déplacements à l’étranger (allant en Inde en janvier 2007 et s'y faisant l'avocat du "développement durable" et du Protocole de Kyoto ; puis se rendant en Australie et en Nouvelle-Zélande, en février). Elle a assisté à certains sommets européens (mais pas à tous), avec le Premier ministre qui a, sur les sujets en discussion, présenté en détail et défendu les positions de la Finlande. Pendant la présidence finlandaise de l'UE, elle s'est tenue, le plus souvent, à l'écart, même si quelques petites questions de délimitation des compétences se sont posées avec le chef du gouvernement.
Mais c’est surtout à propos de la sécurité et de la défense qu'elle a tenu à affirmer sa présence. Par exemple, sur le problème de la « gestion de crises » mise en place par l’Union Européenne et sur la participation, dans ce cadre, de la Finlande aux opérations de maintien de la paix, elle a tenu à ce que le dernier mot -l'engagement des troupes- revienne au Chef de l'État, en tant que chef des armées. Une loi a été votée en ce sens en 2006.

Surtout, si elle estime, comme par le passé, que la politique de non-appartenance à une alliance militaire demeure toujours de circonstance, on note dans ses formulations plus de souplesse : en cas de nécessité pressante, l’option OTAN reste ouverte ; l’OTAN n’est plus ce qu’elle était au temps de la guerre froide, et est amenée à multiplier ses liens avec l’Union européenne.
D'une manière générale, l'accent est mis sur la coopération internationale, le rôle de l'ONU, le multilatéralisme. Fin 2006 et début 2007, elle insistera également sur la nécessaire lutte contre le changement climatique, et se prononcera avec force pour les efforts déployés aux niveaux européen et mondial en vue de prendre de nouveaux engagements, succédant au Protocole de Kyoto.


Une campagne électorale sans relief 
1)
Après un second semestre où, en raison de la présidence finlandaise de l'UE, l'ouverture de la campagne électorale a, dans les faits, été retardée, la fin de 2006 et le tout début de 2007 vont connaître une relance de la compétition entre les partis, en vue de l'échéance de mars. Cette "compétition" ne suscitera guère d'intérêt dans une opinion plutôt atone et blasée. 
Les enjeux semblent assez modestes. Le différend qui notamment opposait PSD et Centre en matière de réforme du système communal a été réglé en 2006 par un compromis. Il en a été de même, en mars et en août, pour la question, épineuse, de l'indemnisation des agriculteurs -soutenus par le Centre face à un PSD réservé- pour les pertes résultant des réductions des aides agricoles communautaires. Les choix financiers, budgétaires et fiscaux, en outre, ne donnent pas lieu à des clivages partisans importants. Par ailleurs, avec une croissance de quelque 6 %, la conjoncture économique a été favorable, permettant une hausse du pouvoir d'achat, un recul du chômage (à son niveau le plus bas depuis 15 ans), et un allègement substantiel de la fiscalité (2,8 milliards d'euros pour la législature). L'objectif de M. Vanhanen de créer 100 000 emplois durant la législature a été atteint. Les motifs de mécontentement sont, ainsi, aussi limités que possible.

Sur le plan international, les prises de position des grandes formations, affichées depuis longtemps, indiquent que l'adhésion à l'OTAN ne devrait pas faire l'objet d'un débat de fond en début de législature, donc ne serait pas un thème de campagne.

2) La "campagne électorale", commencée tardivement, ne devait guère mobiliser les citoyens. En prévision de cette atonie, la ministre de la Justice organisa des actions ciblées (jeunes, certaines communes rurales, banlieues des grandes villes) pour augmenter le taux de participation, de 70,7 % en 2003, et le porter à 75 %. Elle échouera et ce taux s'établira à 67,8 %.
Les "priorités "des électeurs, selon une enquête de la mi-janvier, vont à la santé, la situation des personnes âgées, l'énergie, le vieillissement démographique et le chômage. Les questions internationales sont en fin de liste. Ainsi les préoccupations ne sont guère différentes de celles de 2003.
Les divers partis ne feront guère preuve d'imagination dans les programmes qu'ils présentent. Ils seront assez prudents concernant la fiscalité, et ne feront pas de promesses exagérées entraînant des dépenses lourdes, même si les Sociaux-Démocrates chargent un peu la barque dans le secteur social, pour les retraites, etc.

Les débats télévisés ne permirent pas de stimuler l'intérêt des électeurs.
En gros, ladite "campagne" va se réduire à une compétition entre les trois grands partis -en pratique entre leurs chefs- pour la première place, en raison de l'"avantage spécifique" que la pratique nationale réserve à celui des "dirigeants" arrivé en tête. Compte tenu des personnalités en présence, le conservateur Jyrki Katainen, le social-démocrate Eero Heinäluoma (ministre des Finances) et le chef de gouvernement Vanhanen, ce dernier jouit dès le départ d'un pronostic favorable. Le premier pâtit de la popularité, au sein de la droite, de S. Niinistö, qui "attend son heure". Le second, homme d'appareil, n'arrive toujours pas à acquérir la carrure pour un destin "primo-ministériel". En revanche, Matti Vanhanen, même si, au départ la présidence finlandaise de l'UE a plutôt mis en lumière le rôle du ministre des Affaires étrangères, s'est par la suite "rattrapé", et la valse des réunions qui accompagnent la présidence en exercice a mis en évidence sa participation, son habileté comme son dynamisme. Joint à une bonne gestion intérieure, ce bilan le servira beaucoup pour la première place. À la mi-janvier 2007, 80 % des électeurs lui donnent une bonne note.


Des résultats sans grandes surprises
* Les résultats du scrutin, tels qu'ils apparurent dans la nuit du 18 au 19 mars, ne surprirent pas l'opinion plus que les analystes.
* Malgré les efforts du gouvernement, l'abstention continua à progresser, notamment chez les jeunes électeurs, les couches populaires, les banlieues des grandes villes. La participation ne dépassa pas 67 %.
* La proportion de femmes élues a augmenté par rapport à 2003 : il y aura 84 femmes (42 %), soit 9 de plus. Elles sont majoritaires dans les groupes parlementaires de trois partis : l'Alliance Verte, le PSD et le Parti Suédois.
* Le parti du Centre, emmené par le populaire Matti Vanhanen, conserva la première place, acquise quatre ans auparavant. Avec 23,1 % des suffrages et 51 élus, il perdit, certes, quatre sièges par rapport à 2003. Mais ses principaux dirigeants furent aisément réélus. Comme M. Vanhanen l'avait répété, il n'excluait aucune formule pour la formation de la coalition gouvernementale, même si au départ la reconduction de la formule sortante ("rouge-ocre") semblait avoir la préférence de beaucoup de ses amis à défaut de la sienne.
* Le vrai vainqueur des élections était, pour beaucoup, le Parti Conservateur, propulsé -avec 22,3 % des voix et 50 députés (+ 10 par rapport à 2003)- à la seconde place, sur la lancée de la ""percée" de S. Niinistö aux Présidentielles quatorze mois auparavant. Son chef, J. Katainen, très satisfait de cette progression, déclarait aussitôt qu'elle imposait la présence du Kokoomus au gouvernement. Sauli Niinistö se signalait particulièrement en battant le record des voix : plus de 60 000 voix - soit l'équivalent de 10 % du total national de son parti- dans la circonscription d'Uusima, la province autour d'Helsinki.
* Le grand perdant se révéla, sans conteste le PSD, relégué à la troisième place. Ne recueillant que 21,4 % des voix, il perdait 8 sièges et n'avait plus que 45 élus. Sous réserve d'analyses approfondies à venir, son chef Eero Heinäluoma (ministre des Finances sortant) mit en cause la faiblesse du taux de participation, l'abstention touchant plus les milieux populaires. Il compara la situation finlandaise à celle de la Suède, où en 2006 les sociaux-démocrates avaient été défaits par une coalition de droite. Il n'hésita pas à incriminer diverses maladresses de la campagne du PSD.

Sera-t-il tenté, pour l'avenir, par une cure "régénératrice" d'opposition ?
* Le sort des deux partis "moyens", VAS et Verts, fut sans réelle surprise. L'Alliance des gauches ne réussit pas à récupérer des forces peu après la crise de 2006, qui avait abouti au départ de Mme Siimes. Et son nouveau président, Martti Kohonen, ne parvint pas à le sortir de son marasme, lié en partie à l'"archaïsme" de ses querelles internes, et à son incapacité à se définir par rapport au PSD, et, plus généralement, à l'évolution de la société finlandaise. Avec 8,8 % il perdit 2 sièges (sur 19).
Les Verts, eux, gagnèrent un élu. Leur nombre, correspondant à 8,5 % des électeurs, s'établit à 15. Satisfaite, leur présidente, Mme Tarja Cronberg n'est toutefois pas élue le 18 mars.
* Du côté des petites formations, le Parti Suédois a eu 10 députés et a donc gagné 1 siège, avec 4,5 % des suffrages. Les Chrétiens-démocrates conservent leurs 7 sièges (4,9 %). Les Finlandais de base ont progressé de 3 à 5 sièges, soit 4 % des voix. 
 
Comme il a été noté, les résultats du scrutin pouvaient, pour la constitution du nouveau gouvernement, donner naissance à deux formules très différentes : 1) la continuation du précédent cabinet tripartite Centre, PSD et Parti Suédois, qui aurait disposé de 106 sièges ; 2) la formation d'un "gouvernement "bourgeois" axé sur une entente Centre-Kokoomus. Dès les jours qui suivirent le scrutin, M. Vanhanen eut des conversations officieuses avec ses homologues des deux autres grands partis. Elles devaient ensuite déboucher sur des entretiens plus formels, lesquels aboutirent le 24 avril à la formation d'un cabinet Vanhanen quadripartite ("bleu et vert"), les deux partis arrivés en tête (Centre et Conservateurs, qui ont chacun vingt portefeuilles) s'étant adjoint le concours de deux autres formations (avec 2 ministres, l'une et l'autre), auxquelles les élections avaient profité : les Verts et le Parti Suédois. Le 25 Sauli Niinistö était élu Président du Parlement.


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