Sanna Kannisto, (née en 1974 à Hämeenlinna, Finlande) pour l’exposition Tangle, propose une nouvelle série de photos réalisées pour la plupart à la station biologique La Selva, Costa Rica, en 2004 et 2005.
Ces oeuvres s’inscrivent dans la continuité de la série Collection Privée, où Sanna Kannisto présentait des photos où elle mettait en scène des éléments de la faune et de la flore amazonienne. Pour l’exposition Tangle l’accent est mis sur son approche intrigante de paysages panoramiques d’une troublante densité, accompagnés d’une série étonnante où elle a réussi à capter le mouvement d’oiseaux-mouches en vol.
Harri Laakso* à propos de la série : Hummingbirds flight, Thalurania glaucopis
‘Cette série fonctionne à la limite de la photographie, d’au moins deux manières significatives : Ce petit oiseau se confronte aux limites du cadre aussi bien qu’à la vitesse de l’image. Je crois que ces images mettent aussi à l’épreuve la capacité de la photographie à reproduire fidèlement les nuances des ailes minuscules, même si les coups d’ailes et les trajectoires du vol se dessinent sur les limites invisibles d’un espace blanc, qui dirige l’attention sur l’oiseau.
Les études du mouvement tiennent une place importante dans l’histoire de la photographie, en tant qu’images révélant ce que le simple regard ne peut percevoir. Le point de départ pour leurs analyses est souvent le temps suspendu, la négation du mouvement. Les études de mouvement sont sculpturales – elles nous renseignent plus sur la potentialité du mouvement que sur l’action en cours…’ *In catalogue to be continued…Helsinki Photography Festival 2005
Question de Birgit Eusterschulte* à Sanna Kannisto
*commissaire, extrait de l’entretien pour le catalogue de l’exposition Self-timer/ Selbstauslöser, Kunsthalle Fridericianum Kassel, 2005 Est-ce que les théories de Claude Lévi-Strauss et de Michel Foucault ont une signification particulière pour votre travail ? Vous mentionnez Lévi-Strauss dans plusieurs textes. De quelle façon ses écrits accompagnent-ils le développement d’une approche plus conceptuelle de votre travail ? Je ne sais comment répondre à cette question. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour la façon dont Claude Lévi-Strauss explique le comportement humain et l’irrationnel, et pour son travail en Amérique du Sud. Son idée de la pensée sauvage convient bien au travail artistique car les artistes recueillent le savoir par le biais des perceptions sensorielles et par les expériences. La Pensée sauvage - la logique concrète- essaie d’établir des hiérarchies et une forme de compréhension globale de l’environnement, contrairement à la science qui divise analytiquement l’objet d’étude en autant de parties qu’il s’avère nécessaire pour comprendre…..
Je me vois plutôt travaillant comme une personne de la Renaissance ou comme une dilettante. Lévi-Strauss nous rappelle que l’on peut appréhender le monde par différent moyens. Je suis d’accord avec les structuralistes français lorsqu’ils disent que les vérités scientifiques, le discours culturel et les pratiques sont ouverts au débat et au changement.’
Extraits du texte de Mika Hannula in catalogue de l’exposition Self-timer/ Selbstauslöser,Kunstalle Fridericianum Kassel, 21.12.05/26.02.06 ‚... Sanna Kannisto inverse le point de vue. Elle ne part pas du particulier pour aller vers le général, mais à partir de notions personnelles elle met en lumière des détails de notre écosystème. En fait, elle choisit et orchestre des vues spécifiques de la flore et de la faune amazonienne…Ce que je vois, ce sont des prises de vues du monde inconnu soigneusement mises en scène. Ce n’est pas l’ensemble, mais plutôt les détails.
Elle déplace les plantes, les retirant de leur environnement naturel pour les installer en studio, leur conférant ainsi une singularité.. ..Sanna rend ainsi visible la part de magie qu’il recèle; cette magie à laquelle nous n’avons pas accès normalement. L’espoir réside alors dans la faculté à évaluer l’étendue de ce que nous ne connaissons pas, de ce que nous n’avons pas la capacité de protéger et de reconnaître.
Cela se réduit ici à ces phénomènes spécifiques à notre écosystème qui sont hélas en voie de disparition, mais qui sont encore là, avec nous. C’est un espoir voilé de tristesse et d’un sentiment de disparition..’
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