Bour bon nombre d’étudiants s’interroge sur leur avenir. Si les possibilités sont étendues en France, il est toujours intéressant, aussi bien humainement que professionnellement, de profiter d’une expérience à l’étranger.
La Finlande, justement, se présente comme une terre d’accueil chaleureuse, dynamique et reconnue en termes de qualité de l’enseignement .
Voici quelques conseils pour bien préparer son départ.
Si les plus anciennes facultés européennes ont vu le jour en Angleterre et en France, certaines universités finlandaises sont vieilles de plusieurs siècles. Le pays en compte aujourd’hui vingt et toutes sont des institutions publiques, donc sous la tutelle de l’Etat. Dix universités sont pluridisciplinaires, trois sont des centres technologiques et quatre des académies d’art. L’ensemble représente 170.000 étudiants, dont 3.500 venus de l’étranger. Une différence avec le système français, et de taille : toutes les filières ont un examen d’entrée. Et la sélection est sévère : 68.000 demandes pour 28.000 places en 2008 !
Pour ce qui concerne le calendrier, l’année universitaire se décompose, à l’instar du schéma français, en deux semestres : le semestre d’automne, de septembre à mi-décembre, et le semestre de printemps, de mi-janvier à mi-mai. Les diplômes préparés sont les mêmes que dans l’hexagone : licence, master et doctorat.
Depuis les années 1990, en marge de ces universités, vingt-neuf écoles supérieures professionnelles (polytechniques) proposent des formations professionnelles post-bac à peu près similaire à celles de nos BTS et DUT. Bonne nouvelle : ces institutions, au même titre que les universités, sont totalement gratuites ! Elles dispensent des enseignements dans les domaines du commerce, de la gestion, de l’industrie, de l’hôtellerie et de la restauration, des ressources naturelles, de la santé, des sciences de l’éducation ou encore de la culture. Plusieurs de ces établissements proposent des cours en anglais.
Voilà pour ce qui est de l’organisation générale. Pratiquement, si vous souhaitez étudier en Finlande, plusieurs solutions s’offrent à vous.
Si vous parlez finnois couramment, vous pouvez, une fois votre baccalauréat en poche, vous inscrire dans une université. Vous devrez cependant, comme tous les autochtones, passer l’examen d’admission obligatoire.
Si vous souhaitez apprendre la langue finnoise avant votre départ – et que vous n’avez pas peur de la difficulté –, les Langues O’ à Paris (INALCO) et l’Université de Caen professent des enseignements en la matière, de même que l’Institut finlandais. Il est aussi possible de suivre les programmes d’enseignement dispensés en anglais sur le sol finlandais, et ils sont nombreux. Tous ces programmes – près de 450 ! – peuvent être consultés sur le site www.studyinfinland.fi.
Mais le plus simple reste d’inscrire son expérience en Finlande dans le cadre du programme ERASMUS, ou European Community Action Scheme for the Mobility of University Students. Le nom du programme provient du moine et grand voyageur du 15ème siècle, le Néerlandais Érasme. ERASMUS est donc un programme d’échange d’étudiants entre les universités et les grandes écoles dans l’Union européenne et quelques autres pays (Suisse, Turquie, Norvège, etc.) Depuis 1987, année de lancement du programme, les lycéens et étudiants ont la possibilité d’effectuer une partie de leurs études dans une institution étrangère. Le séjour doit durer trois mois minimum et ne peut excéder un an.
Le budget alloué par l’Union européenne pour la période 2007-2013 est de 3,1 milliards d’euros.
En France, les lycées, universités et grandes écoles qui proposent des échanges avec leurs homologues finlandais sont légions. Après avoir intégré votre établissement, celui-ci vous indiquera si un accord a été signé avec une institution finlandaise.
Pour l’année universitaire 2006/2007, 435 étudiants finlandais se sont rendus en France, et 878 Français ont choisi de partir en Finlande. Pour la même période, 3 773 étudiants finlandais ont étudié dans une université étrangère, tandis que 5 998 étrangers se rendaient en Finlande. En 2008, le budget alloué au projet ERASMUS en Finlande s’élève à 7,5 millions d’euros. Il est difficile d’indiquer tous les accords d’échange franco-finlandais, mais les exemples qui suivent montrent que les possibilités d’exil (temporaire) sont nombreuses.
Ainsi, l’Université Paris 12 Val de Marne a mis en place des partenariats de type ERASMUS avec cinq établissements finlandais :
- L’EVTEK (Espoo Vantaa Institute Of Technology, récemment nommé Metropolia), dans le domaines du génie électrique et de l’informatique industrielle ; - L’Université d’Helsinki, pour le droit ; - L’Université de Kuopio, dans le champ disciplinaire de la physique de l’environnement ; - L’Université d’Oulu, pour les sciences économiques ; - L’Université technologique de Tampere, dans le domaine de l’ingénierie.
Des grandes écoles offrent aussi à leurs étudiants des partenariats avec des structures finlandaises. Exemple : l’IPAG (une école de commerce installée à Paris et Nice) propose des partenariats avec deux polytechniques, l’EVTEK d’Helsinki et le PIRAMK de Tampere. Ce dernier a d’ailleurs conclu des accords avec deux autres établissements français : le Centre scolaire Tézenas du Montcel, à Saint-Étienne, et l’ITP Billieres de Toulouse (formations en BTS). Quant à l’EVTEK, il possède des partenariats avec sept autres institutions françaises :
- L’Ecole Supérieure d’Informatique Electronique Automatique (Paris et Laval). Cette école possède d’ailleurs, toujours dans le cadre ERASMUS, des programmes d’échanges avec le polytechnique de Vaasa et le TKK, l’Université Technologique d’Helsinki. - L’Institut National Polytechnique de Grenoble. Ce dernier a, de son côté, signé des accords de partenariats avec dix-huit institutions scandinaves, donc sept finlandaises. - L’Université de Savoie. - L’IUT 1 de Grenoble. - L’Université Montpellier 2. - L’Université Nancy 2. - L’Université Paris 12 Val De Marne.
Il est difficile, voire impossible, de recenser tous les échanges franco-finlandais, mais, vous l’aurez compris, que vous soyez universitaire, étudiant dans une grande école ou en BTS, il est probable que votre établissement ait signé un accord avec une ou plusieurs institutions finlandaises.
Evidemment, émigrer quelques mois en Finlande a un coût, mais il est possible de ne pas en supporter l’intégralité. L’Etat finlandais, par le biais du CIMO (Centre finlandais pour la Mobilité Internationale), propose des bourses aux doctorants, post-doctorants et chercheurs de tous pays.
Le site de CIMO fournit toutes les informations relatives aux programmes d’étude et d’échange, stages pratiques et bourses. Il existe deux types de bourses de doctorat et de recherche : les bourses individuelles (les demandes sont faites directement par les jeunes chercheurs) et les bourses d'accueil (les candidatures sont déposées par le Ministère de l’éducation supérieure finlandais souhaitant accueillir des chercheurs et des doctorants). Les conditions d'éligibilité, les modalités d'inscription, les formulaires de candidature et les dates limites varient selon le programme.
Une fois l’assurance de votre départ obtenue, et vos finances consolidées, vous devez accomplir un certain nombre de formalités administratives, et trouver votre chemin – sinueux – jusqu’à votre arrivée au Pays des 1.000 lacs. Dans la plupart des villes, les syndicats d’étudiants s’occupent des problèmes de logement et vous orientent vers les résidences universitaires. Pour de renseignements, n’hésitez pas à contacter Finland’s Student Housing Ltd, sorte de maison des étudiants finlandaise.
Si vous avez besoin de financer votre séjour une fois sur place, vous pouvez chercher un job d’étudiant par l’intermédiaire des petites annonces publiées dans la presse locale. Le bureau local de l’emploi (équivalent de l’ANPE) offre aussi quelques possibilités dans le domaine.
N’oubliez pas non plus de vous présenter au Consulat Général de France. Ce dernier a notamment la charge d'assurer la défense et la protection des Français. Il propose en outre des services de Mairie ou de Préfecture. Il est recommandé de s’inscrire au registre des Français et de solliciter une carte consulaire. Cette inscription permet aux autorités consulaires d'avoir connaissance de votre présence sur le territoire.
Vous voilà prêts à franchir le pas ! La Finlande n’ayant rien à envier aux grandes métropoles universitaires européennes, votre séjour ne peut être qu’enrichissant. Si les Finlandais peuvent paraître, au premier abord, un peu froids, votre curiosité à l’égard de leur culture et de leurs traditions vous ouvrira bien des portes.
Et, en termes de festivités, la Finlande a du répondant. Tervetuloa Suomeen (Bienvenue en Finlande) !
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