| Repousser les frontières et battre les records |  |
Dans le domaine des biotechnologies la Finlande pointe à la sixième place en Europe, grâce à une longue tradition de recherche. Il faut reconnaître que les scientifiques finlandais se sont énormément investis dans ce secteur, avec un gros effort sur les matériaux biogénétiques : polymères, etc...
Principalement concernées, les métropoles d'Helsinki et Tampere abritent centres de recherches et compagnies privées, un petit monde qui voit le bout du tunnel et commence à rentabiliser les résultats obtenus en biotech. Le trident finlandais La sphère des matériaux biogénétiques englobe les polymères bio absorbables et composites, les matériaux organiques naturellement modifiés, les implants chirurgicaux et les systèmes organiques de diffusions de substances. Grâce à ces matériaux la médecine effectue sa propre révolution. Il est d'ores et déjà possible de recomposer des articulations endommagées sans avoir à opérer, de rénover ou renforcer des parties osseuses sans poser de broches. Egalement de diffuser uniformément dans l'organisme un anti-biotique, toutes choses encore inimaginables il y a dix ans.
Les compagnies Biohit à Helsinki, Finn-Medi et FITBiotech à Tampere forment à elles trois le trident de ces avancées scientifiques.
| Les compagnies |  |
Biohit et son potentiel
Basée dans la banlieue d'Helsinki, la compagnie Biohit est parvenue à combiner deux activités complémentaires : la production de pipettes médicales sophistiquées et extrêmement précises et leur application la plus courante : les tests de prélèvements sanguins ou d'autres liquides organiques. Biohit a fait de la quantification des risques de cancer de l'estomac son principal objectif. Par extrapolation, Biohit a appliqué son savoir-faire aux tests de détection de l'ulcère peptique et aux tests de diagnostics à l'intolérance à la lactose ainsi qu'à une maladie de la peau : le lupus érythémateux. Concrètement, le test « Biohit GastroPanel » est destiné à remplacer progressivement la gastroscopie encore couramment pratiquée en milieu hospitalier. Ce test, économique, simple et rapide permet au gastro-entérologue de rendre un diagnostic sûr et précis et surtout de distinguer si un patient ne souffre que de désordres fonctionnels, au cas où un cancer serait à craindre.
On estime à deux milliards le nombre de personnes atteintes d'une forme de gastrite. Néanmoins, plus de la moitié de cette population serait sujette à un risque cancéreux.
PDG de Biohit, M. Osmo Suovaniemi, prévoit une croissance régulière, et à deux chiffres, de sa compagnie qui emploie actuellement 285 personnes.
www.biohit.com
La synergie Finn-Medi
A 150 kms au nord d'Helsinki, au coeur du campus universitaire de Tampere, Finn-Medi incarne, à la finlandaise, l'exemple idéal de synergie entre secteurs public et privé, entre universités et compagnies. Finn-Medi fonctionne comme un pôle international de recherche médicale, incluant un nombre respectable de start-ups spécialisées en biotechnologies. Au sein de cette nébuleuse l'Institut des biomatériaux de l'Université Technologique de Tampere (TUT) peut s'enorgueillir d'une première clinique mondiale : en 2001, cet institut a réussi à implanter des vis biodégradables pour parfaitement ressouder un os fracturé. Applicable à toute partie osseuse du corps humain, ce procédé donne aussi d'excellents résultats pour la chirurgie du ménisque. Il s'agit ici d'un implant biodégradable, peu à peu absorbé par les tissus du corps humain. En comparaison, un implant « biostable » restera immuable. Acier, titanium, céramique, verre, à la TUT on utilise aussi bien ces biomatériaux synthétiques que d'autres, « naturels » tels l'acide hyaluronique ou les collagènes. Se consacrant essentiellement à la R&D, l'institut des « biomatériaux » compte une cinquantaine de personnes dont deux professeurs.
www.finnmediresearch.com
FIT Biotech, le surdoué
Restons à Tampere pour trouver le petit génie des biotechnologies : FIT Biotech. Le jour où un vaccin contre le SIDA sera officiellement découvert et déclaré FIT Biotech y prendra sa part de gloire. En effet la recherche sur la DNA, base de toute recherche en vaccin « génétique », demeure la spécialité exclusive du Dr Sillanaukee, PDG fondateur de FIT Biotech. Un vaccin « génétique » attaquera son virus de la façon la plus efficace possible car ce type de vaccin SAIT où et comment il doit opérer. Quarante millions de personnes sont déjà infectées par le SIDA, un marché « curatif » qui pèsera 8 milliards d'euros en 2007 avec un marché « préventif » évalué à 12 milliards d'euros. Au-delà, FIT Biotech s'intéresse à l'hépatite C (170 millions de malades dans le monde) et au mélanome (400.000 nouveaux patients par an).
Pour M. Sillanaukee la mission de la compagnie se résume ainsi :
« Nous sommes très activement engagés dans la recherche de remèdes destinés à combler les « vides » de la médecine mondiale quand il n'y a pas de remède déjà trouvé ou quand il existe une nette marge d'amélioration. Nos découvertes sont développées à partir de notre GTU (Unité de Transport de Gènes), servant à la recombinaison des protéines en harmonie avec les plate-formes anticorps. » La compagnie effectue, en outre, des recherches sur les allergies et sur plusieurs types de cancers. Dernier-né sorti de ses laboratoires, le FITkit se pose en tant que premier test commercialisé et destiné à mesurer avec précision l'allergie au latex, largement répandue dans le monde.
www.fitbiotech.com
Un Deus ex-machina : TEKES
A l'arrière-plan de ces compagnies et organismes finlandais se dissimule TEKES, le fonds mixte d'investissement en technologies de pointe lancé par l'Etat finlandais. Particularisme finlandais, TEKES, financier stratégique, a été mis sur pied afin d'optimiser les synergies entre R&D du même secteur mais également de permettre à la Finlande de conserver et de poursuivre le développement de son avant-garde technologique. Il s'agit aussi d'oeuvrer à la pérennité finlandaise : basé à Helsinki, TEKES met en avant dans toutes ses publications les valeurs de bien-être, de développement durable, de confiance mutuelle, de coopération et développement. Rien que de très finlandais mais qui démontre une volonté très nette de promotion de la compétitivité de l'industrie nationale et du secteur des services en s'appuyant sur les technologies de pointe. L'activité de TEKES vise aussi à la diversification des structures de production, à l'augmentation de cette production et des exportations s'en dégageant. Ainsi TEKES peut se targuer de contribuer à renforcer les fondations indispensables au niveau d'emploi et au bien-être social. Un pays qui ne compte qu'un peu plus de cinq millions d'habitants, comme la Finlande, a nécessité de bien s'organiser et d'être apte à défendre ses propres valeurs et positions face à la mondialisation.
www.tekes.fi |