CultureEconomiePolitiqueSociétéTourisme
Recherche
Entreprendre
Etudier
Travailler
Visiter
Les nanotechnologies

Economie > Recherche
07-03-07
Auteur : Nicolas Benard
Concevoir des objets à partir de l’infiniment petit, c’est possible grâce aux recherches sur les nanotechnologies. Ce secteur encore méconnu, mais en pleine expansion, séduit chercheurs et industriels finlandais.

Les nanotechnologies, késako ? Concrètement, il s’agit des technologies de l’infiniment petit. Les objets d’études se mesurent en nanomètre (du grec nanos, nain), unité de mesure correspondant à un milliardième de mètre. Les nanotechnologies (ou nanosciences) définissent des techniques dont l’objectif est l’utilisation de matériaux microscopiques. Il est alors possible de construire des objets atome par atome, molécule par molécule ! Par conséquent, cette technologie, jeune et révolutionnaire, permet de développer des applications impossibles à réaliser à une échelle « normale ». Par le biais des nanotechnologies, les chercheurs souhaitent créer des équipements toujours plus efficaces, et plus intelligents.
Voilà pour la théorie.


Les nanosciences couvrent les disciplines suivantes : technologies de l’information et de la communication, technologies de l’énergie, neurotechnologies, technologies liées à la sécurité… Il s’agit d’un champ de recherche pluridisciplinaire puisqu’il associe chimistes, biologistes, physiciens et informaticiens. Les applications, aujourd’hui, sont encore peu nombreuses, mais dans un futur proche (dix ou vingt ans), notre vie quotidienne sera sans doute parsemée de nanomatériaux, notamment dans les domaines de la santé et de l’informatique.


Depuis une dizaine d’années, les industriels comme les scientifiques cherchent à mettre au point ces technologies. En 2004, l’effort mondial a été estimé à 11 milliards d’euros pour un taux de croissance de l’activité de 40%. En 2010, le chiffre d’affaires issu du marché des nanotechnologies pourrait atteindre les 1.000 milliards d’euros. Le marché mondial des nanotechnologies se répartit entre l’industrie pharmaceutique (18%), l’électronique (30%), la chimie (10%), les transports (7%) et les nanomatériaux (35%). Les perspectives sont donc légion.


En Finlande, les nanotechnologies sont un secteur en plein développement, en raison d’une volonté à la fois politique, scientifique et industrielle.


Ainsi, une chaire universitaire a été créée en août 2002 à Jyväskylä, dans le centre du pays. Rattachée à l’Université de la Ville, l’Ecole supérieure nationale finlandaise de la nanoscience (NGS-NANO) propose aux étudiants, depuis 2005, un cursus spécialisé dans ces nouvelles technologies. Toujours à Jyväskylä, le NSC (Centre pour la nanoscience) regroupe une dizaine d’entreprises dont les laboratoires de recherches oeuvrent dans le domaine de l’électronique moléculaire.


Le double programme de recherche FinNano, lancé en 2005 et doté d’une enveloppe de 70 millions d’euros, doit financer, sur cinq ans, plusieurs projets entrepris par le TEKES (l’agence de l’innovation finlandaise) et l’Académie de Finlande, tout en soutenant des travaux dans les domaines de la chimie, de la physique et des biosciences. Par ailleurs, un vaste projet de coopération pluridisciplinaire associe les universités de Helsinki et Jyväskylä, l’Abo Akademi de Turku ainsi que les écoles supérieures techniques de Tampere et d’Helsinki.
Last but not least, dans le domaine de la santé, Nanohealth se présente comme le fer de lance d’un programme de recherches avec un financement de 782.000 euros pour la période de 2007 à 2010. L'objectif de Nanohealth est d'étudier les conséquences d'une exposition prolongée aux nanoparticules, ainsi que leurs effets sur les systèmes biologiques humains.


Conséquence logique de tous ces programmes de recherches, un certain nombre d’entreprises finlandaises commencent à diffuser leurs découvertes à l’échelle internationale.

Précurseur en la matière, le groupe Nanoway Oy, implantée à Jyväskylä, a mis au point en 1999 un nanothermomètre capable de mesurer des températures proches du zéro absolu. Il s’agit de la toute première réalisation issue de la nanotechnologie, à peine plus grande qu’une tête d’épingle ! Depuis sa commercialisation, plusieurs dizaines d’appareils ont été vendus dans le monde. L’entreprise a d’ailleurs été récompensée par le prix de l’innovation INNOSUOMI, en 2001.

Toujours à Jyväskylä, Nanolab Systems Ltd propose des équipements issus des nanotechnologies dans les domaines de la chimie, de la physique et de la biologie. Fondée en 2005, cette société a développé une nanoépoxyde, substance permettant de fabriquer des colles et des résines d’une solidité exceptionnelle. Au Canada, des équipes de hockey sur glace utilisent d’ores et déjà des crosses conçues à partir de ce matériau révolutionnaire.


En marge de cette nouvelle réalité économique, il est difficile de prévoir, a priori, les conséquences des nanotechnologies sur l’environnement, donc sur l’homme, même si elles peuvent contribuer au développement durable (réduction des déchets, maîtrise des dépenses énergétiques, etc.). Certaines voix, déjà, dénoncent les risques potentiels liés aux recherches sur l’intelligence artificielle. Greenpeace a ainsi demandé un moratoire sur les travaux concernant les nanorobots.

Comment satisfaire aux exigences de protection de la santé et de la sécurité des consommateurs ? L’Union européenne est à l’initiative du projet NanoSafe2. Coordonné par Le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), ce projet a pour ambition d’apporter des solutions technologiques à la sécurisation des nanomatériaux et aux risques liés à la production industrielle des nanoparticules (conditionnement, stockage, transport, etc.). NanoSafe2 regroupe une vingtaine de partenaires (universitaires, industriels, PME, instituts de recherche, etc.) répartis dans sept pays. En Finlande, le Centre National de la Recherche Technique (VTT) participe à ce projet.


Pour promouvoir les découvertes et encourager les échanges entre, d’une part, industriels et scientifiques finlandais, et, d’autre part, les partenaires et/ou concurrents européens, le Congrès NTNE2007 (NanoTech Northern Europe 2007) ouvre ses portes du 27 au 29 mars 2007, à Helsinki. Il s’agit du plus grand rendez-vous sur les nanotechnologies en Europe du Nord. C’est l’occasion pour les chercheurs et les industriels non seulement de présenter leurs découvertes et leurs produits, mais de créer des rencontres, d’initier de nouveaux projets et de réfléchir sur des futures applications. Plusieurs centaines de participants originaires de 25 pays sont attendus sur les rives de la Baltique.

 

 

 

 

Liens

www.tekes.fi (site Internet de l’agence de l’innovation finlandaise)
www.jyu.fi/science/muut_yksikot/nsc (site Internet de l’Université de Jyväskylä)
www.nanosafe.org (site Internet du projet NanoSafe2)
www.tekes.fi (site Internet du Congrès NTNE2007)

 

 
Vos commentaires
Vous souhaitez réagir sur cet article, écrivez-nous.
Retour à la liste

 
Essentiel de la Finlande
 
  Octobre
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31