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La biotech, une nouvelle vague de leadership ?

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25-01-02
Auteur : Jean Pierre Frigo
Biotechnologies finlandaises (biotech) pointe à l'horizon.  2007-2010, la biotechnologie apportera une nouvelle vague de célébrité et leadership. La Finlande s'y prépare, les acteurs sont déjà sur scène, le rideau va se lever.
Dans la cour des Grands

En 2002 la biotech désigne la branche de la médecine conduisant à guérir certaines maladies au moyen d'un traitement génétique. Ce secteur pèse de plus en plus lourd en Finlande, pays abritant dix pour cents des sociétés européennes de biotech et occupant la sixième place en Europe. Pour mémoire, les locomotives de tête sont : le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et la Suède, des nations disposant de ressources démographiques et économiques sans commune mesure avec la Finlande.


La clé R&D

Existerait-il une sensibilité spécifiquement finlandaise pour la biotech ? Dès les années 1960 les Finlandais ont mis en place une solide industrie pharmaceutique, boostée par son dynamisme en R&D. A partir de cette base saine, on observe dès 1985 un décollage du secteur biotech finlandais suite à la concentration stratégique réalisée simultanément par l'Académie de Finlande, le TEKES (Agence Nationale pour les Technologies) et le SITRA (Fonds National Finlandais pour la Recherche et le Développement). Depuis, cette montée en puissance s'est confirmée et les chiffres de R&D ont doublé en quinze ans.


Hyper-spécialisation

Le panorama biotechnique finlandais s'ouvre sur trois centres majeurs : Helsinki, Turku et Kuopio, suivis par deux centres moindres : Oulu et Tampere. Au total on dénombre 120 compagnies biotech, 4.500 emplois et plus de dix mille postes en incluant tous les acteurs. Le chiffre d'affaires du secteur avoisine les 800 millions d'euros, et approche, consolidé, les deux milliards d'euros. Ces compagnies biotech, dont un bon nombre de start-ups, se spécialisent étroitement. En biotech, entre le premier euro investi et le premier million en retour sur investissement, il y a loin de la coupe aux lèvres et identifier une « cible » potentielle prendra de longues années. On évitera donc la dispersion. Les compagnies hyper-spécialisées sont légion (voir encadré n°2).


Avantage Finlande

A l'origine la biotech finlandaise a visé à trouver des solutions pour la guérison de maux « typiquement » finlandais telles les maladies cardio-vasculaires et les allergies. L'UCLA; célèbre université de Los-Angeles; a fait un pont d'or à Leena Peltonen, star finlandaise de la génétique, afin de s'assurer ses services. Avant de passer aux choses sérieuses, Leena démontre aisément que les craintes de clonage relèvent de la plus grande fantaisie (voir encadré n° 1). Toujours selon elle, la Finlande, peu peuplée et quasiment sans mélange de populations, présente un particularisme unique : celui d'être un pays génétiquement homogène. Cela permet de faire des recherches sûres sur la population finlandaise, ses origines, sa généalogie, ce qui affine l'établissement du génome finlandais, tout en en cernant les vulnérabilités récurrentes, ce qui permet des progrès rapides dans la guérison de certaines maladies. Cette situation extraordinaire donne à la Finlande un indéniable avantage dans la course à la génétique et explique, en partie, l'excellence des résultats nationaux.


Encadré n° 1 :

L'inconcevable clonage :

Pour Leena Peltonen le fantasme du clonage produit des ravages mais restera fantasme. Dans l'éventualité d'une utilisation de soldats clonés par un quelconque tyran, le clonage n'étant possible qu'à partir d'un embryon, une vingtaine d'années serait nécessaire pour qu'un bébé devienne « utilisable ». Quel dictateur aurait la patience d'attendre aussi longtemps pour parvenir à ses fins ? Plus fantaisiste encore est la production d'un « corps clone » servant, par la suite, à fournir des « pièces de rechange » aux fins de « réparations » du premier corps. Sachant que le « corps clone » serait également doté d'intelligence, de sensibilité, etc… Quel « clone » accepterait de se « démonter » ainsi, de se sacrifier de la sorte, au profit du « corps maître » ?

Encadré n° 2 :

Quelques exemples de l'hyper-spécialisation-concentration finlandaise en biotech :

- BioTie Therapies Corp., de Turku, est spécialisée dans les maladies inflammatoires aiguës et chroniques, les thromboses et le cancer.

- Hormos Medical Ltd., de Helsinki, produit des médicaments pour la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires et de l'ostéoporose.

- Juvantia Pharma Ltd., traite les désordres psychiques et neurologiques.

- Carbion Oy produit des carbohydrates complexes destinés à l'industrie pharmaceutique.

- Medicel Oy développe des médicaments à base d'enzymes et de glycobiologie aux fins de combattre les maladies inflammatoires et infectieuses.

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