| Tôt ou tard |  |
Avant de donner leur feu vert aux activités d’Ekokem sur leur territoire, nous avons appris que les habitants de Riihimäki et le Conseil Municipal local se sont longuement concertés. Car tout en faisant de la protection environnementale son cheval de bataille, dans la pratique Ekokem traite quand même tout déchet ou rejet dont l'industrie et les collectivités doivent se débarrasser. Et, de fait, toutes les stars de la pollution lourde se retrouvent un jour ou l’autre à Riihimäki: tubes de néon, équipements frigorifiques, déchets pharmaceutiques, poisons tels que l’arsenic, le cadmium, le cyanure, des substances toxiques telles le bromure, mercure des piles, et tant d’autres substances toxiques et dommageables pour l’environnement. Tous les produits chimiques nocifs, métaux dits “lourds”, matières toxiques, tout ce qui est polluant et dangereux pour les êtres humains et la nature arrive à l'unité de Riihimäki. Tôt ou tard. | Huit zones |  |
Une fois passées les portes de l’usine, la propreté quasi maniaque des lieux surprend: “Nous sommes extrêmement conscients des responsabilités morales que notre activité entraîne et je suis fier de vous annoncer que les proches voisins d’Ekokem ont constaté une amélioration de leur environnement depuis notre installation ici, en 1984”, affirme Aarno Kavonius, Directeur de l'entreprise. Aarno Kavonius expliquera de façon très détaillée comment il a fallu préparer le terrain, en amont, en délimitant une zone de sécurité, sorte de tampon encerclant le site tel un mur invisible, afin de protéger les alentours en cas de problème. Ceci pour l’extérieur. A l’intérieur, il a fallu compartimenter le site en zones, chacune ayant son activité spécifique: “Nous comptons huit zones définies selon leur fonction car chaque livraison de déchets à risques que nous recevons demande un traitement approprié. Ici, vous trouverez trois unités d'incinération différentes, une unité de récupération d'équipements frigorifiques, grands ennemis de la couche d'ozone, comme chacun sait, une unité de traitement des eaux usées, une unité physico-chimique de recyclage de lampes et de tubes fluorescents et deux zones d'épandage définitif, tout cela sous haute protection”, explique Aarno Kavonius. Les livraisons parvenant à Ekokem- Riihimäki proviennent exclusivement de l'industrie et des collectivités.
| Des risques et du feu |  |
En route pour une visite qui promet de l’inédit! Aarno Kavonius continue les explications : “Notre travail consiste surtout à incinérer. Mais quand nous incinérons, les gaz produits sont séparés de leurs éléments nocifs par un procédé chimique original et sont récupérés.” Aarno montre aussi qu’avant de traiter le fréon des réfrigérateurs, les réfrigérateurs et congélateurs sont démontés, pièce par pièce et soigneusement triés pour passer au recyclage. Traitant prioritairement les lampes, l'unité physico-chimique traite aussi les déchets non-organiques dangereux, comme le mercure: “Il faut commencer cette tâche en isolant d’abord le mercure des bulbes fluo pour le stocker et le réorienter vers d'autres utilisations: c'est un métal à surveiller comme le lait sur le feu et, surtout, à ne pas relâcher dans la nature!”, ironise Aarno Kavonius. Justement, venons-en au feu: Aarno Kavonius nous confiera que deux incendies se sont déclarés sur le site au cours des trois dernières années et qu’à chaque fois les pompiers de l'usine ont maîtrisé, tout seuls, les deux sinistres: “Nous devons disposer de nos propres moyens de lutte anti-incendie de façon à attaquer les foyers le plus rapidement possible, puisqu’en la matière plus on attend, plus la température monte et plus il sera difficile de maîtriser l’incendie”. Aarno Kavonius précise que la négligence du client est souvent à l’origine de tels sinistres: “En principe nous devons détenir une liste précise des matières à traiter. Toute information incomplète ou erronée sur les matières toxiques à incinérer comporte un risque potentiel élevé: imaginez qu’on ait incorporé, par mégarde, de la poudre d’explosifs à ce que nous brûlons! Par conséquent, plus nous connaissons avec précision le contenu des livraisons et plus le risque est faible”, explique Aarno Kavonius. | Fiertés |  |
Résumons-nous: à un bout de la chaîne, des entreprises et des collectivités se retrouvant dans une impasse: incapables d'utiliser ou de traiter leurs déchets toxiques. Cela va des minibars d’un grand hôtel, que l’on remplace par un modèle plus récent, à la démolition d’un bâtiment dont il faut traiter l’amiante. A ce stade Ekokem intervient, traitant et recyclant le maximum de matériaux et isolant le reste dans des puits de stockage pour le mettre hors d’état de nuire. A l'autre bout de la chaîne, en plus du salutaire recyclage des plastiques et des métaux, on fait d'étonnantes trouvailles comme le chauffage de la ville de Riihimäki, une assez belle histoire: “En Finlande, les habitants des villes sont depuis longtemps chauffés au chauffage urbain collectif, un système économiquement plus rentable que le chauffage individuel. Normalement, chaque ville possède sa propre centrale thermique. A Riihimäki, nous avons eu l'idée de connecter notre propre centrale Ekokem au chauffage urbain général. Grâce à notre centrale thermique, alimentée aux gaz récupérés, nous chauffons également les logements de notre ville à hauteur de 40 %”, annonce Aarno Kavonius. Les habitants de Riihimäki semblent, dans leur grande majorité, s’enorgueillir d’avoir sur le territoire de leur commune une usine aussi performante et utile à l'environnement : “En 21 ans d'exploitation nous n'avons eu à déplorer qu'un nombre très réduit de plaintes, en général à cause d'odeurs désagréables, en dépit du fait que le site a été conçu en fonction des vents dominants. A chaque fois nous nous sommes inclinés, avons reconnu les faits et dédommagé les plaignants au-delà de leurs attentes. Dans un secteur aussi sensible, braquer le public ou laisser s'accumuler les frustrations nous serait bien trop dommageable”, révèle Aarno Kavonius. | Nucléaire et explosifs, non merci! |  |
Ekokem importe, notamment d'Allemagne, des déchets à risques particuliers comme les pesticides à date de péremption dépassée ou les déchets pharmaceutiques inconsommables: “Nous ne nous limitons pas à ces produits puisque, éventuellement, nous sommes en mesure de traiter une grande variété de matières organiques”, poursuit Aarno Kavonius. Au bout du compte, les seuls produits qu'Ekokem s'interdit de traiter sont les explosifs et les matériaux radioactifs: “Même si nous avons réussi à traiter 135.000 tonnes de déchets en 2004, 400 euros la tonne ne nous semble pas un prix assez élevé pour que nous nous autorisions à contaminer toute une région ou à faire exploser toutes nos installations”, conclut Aarno Kavonius avec un léger sourire moqueur.
Chiffres 2004 :
Personnel : 190 CA = 36,3 M d'euros Investissements = 8,3 M d'euros Résultat Brut = 1,9 M d'euros R&D = 1,4 M d'euros
Tel : + 358 10 7551
|