Une des plus remarquables histoires de succès de la décennie…
Une reconnaissance de la poursuite soutenue de cette amélioration de performance économique a été soulignée, pour 3e année consécutive, par l’étude sur la compétitivité mondiale du World Economic Forum (http://www.weforum.org). En effet, le WEF place la Finlande, sur les plans micro et macro-économiques, en tête du palmarès mondial des 120 pays analysés. Quelle est donc la « potion magique » de ce pays , dont la position géographique autant que les ressources naturelles ne constituent pourtant pas des atouts a priori ?
Dans le cadre de ses missions d’analyse de l’économie finlandaise, la Chambre de Commerce Franco-Finlandaise (CCFF) s’est beaucoup intéressée à cette performance dynamique de la Finlande. Le programme de Lisbonne, qui vise à rendre l’Union la région la plus compétitive dans le monde en 2010, estimait la politique de l’" échange des bonnes pratiques " essentiel pour aboutir à ce but. A son niveau local -régional et national, la CCFF assiste à cet échange
Cet article, qui vise à distinguer les raisons du succès finlandais (et ses éventuels ratés), de les mettre en comparaison avec celles de la France, est basé sur les résultats de deux études sur la compétitivité mondiale : le rapport 2004 du WEF déjà cité, publié en octobre dernier et celui de mai 2004l’International Institute for Management Development (IMD)</a>
*<a target="_blank" href="http://www.mintc.fi/www/sivut/dokumentit/julkaisu/julkaisusarja/2004/2404.pdf">Ministère des télécommunications, communiqué de 2002<br />
<typohead type="1">Classement</typohead>
The World Economic Forum publie annuellement, depuis 25 ans, un classement de la compétitivité mondiale. Les résultats de WEF sont tirés des enquêtes accomplies auprès des " business leaders " nationaux qui donnent leur opinion sur leur propre pays (environ 8700 en 2004). Les enquêtes mesurent toute une panoplie d’aspects clefs pour une croissance économique stable, une attention particulière étant donnée aux éléments macroéconomiques, à la qualité des institutions publiques et au développement technologique. On arrive ainsi à notre première conclusion de la réussite finlandaise : la compétitivité de la Finlande s’appuie premièrement sur un sain budget public et une habile gestion macroéconomique et aussi sur une expansion technologique continue depuis les années 90.
L’intérêt de ce rapport n’est pas seulement de produire des statistiques; il se veut d’abord une étude de référence concrète pour les directeurs d’entreprises et les décideurs politiques qui cherchent à rendre plus efficace la coopération entre le public et le privé. Monsieur Augusti LOPEZ-CLAROS, Chief Economist and the Director of the WEF’s Global Competitvness Program, affirme que le facteur clef pour réussir dans la mondialisation économique est une action concertée des sphères publiques et privés. Leurs actions sont complémentaires et fortement liés. Un environnement macroéconomique stable, légal et sécurisé crée les meilleures conditions possibles pour un fonctionnement fluide et réussi de la sphère microéconomique. On constate donc que la deuxième clef de réussite finlandaise est celle d’une coopération approfondie, cherchée, voulue et soutenue des sphères publique et privé.
Le classement suivant résume les forces de la Finlande selon le WEF (classement réalisé auprès de 120 pays) :
<strong>Technologie</strong>
• sophistication technologique (1)<br />• degré d’utilisation de la technologie dans les entreprises et dans les écoles (..)<br />• collaboration technologique entre les entreprises et les universités (..)<br />• environnement légal des NTIC (1)
<strong>Macroéconomie / institutions</strong>
• excèdent budgétaire (3)<br />• indépendance du système judiciaire (1)<br />• droits de propriété bien respectés (2)<br />• confiance dans la classe politique (3)<br />• encaissements fiscaux réguliers (3)<br />
<typohead type="1">Et nos amis les Gaulois ?</typohead>
Dans le rapport de 2004, la France a perdu une place par rapport à 2003; cette année, elle se trouve donc en 27e position. Malgré une qualité des institutions publiques améliorée et des progrès en matière technologique, les rouages français sont moins efficaces….
Pour continuer, observons tout d’abord certaines faiblesses des deux pays, illustrées par le tableau ci-joint : <br />
<typohead type="1">Résultats finlandais à relativiser</typohead>
Si en effet la Finlande est " Une des plus remarquables histoires de succès de la décennie… " , comme le constate le rapport du WEF, comment donc réagir face à l’étude de IMD citée plus haut, qui place le pays en 8e position dans la comparaison mondiale dans son " World Competitivness Yearbook " ? La Finlande, qui se trouvait l’an précédent à la 3e place, a été dépassée par Hongkong, le Canada, l’Australie, Singapour (pour en citer quelques uns). Un taux d’impôts élevé, des rigidités dans le marché du travail (notamment les politiques d’embauche et de licenciement) sont quelques-unes des faiblesses finlandaises selon cette étude. Cette analyse relativise donc un peu l’étude du WEF, sans pour autant la rejeter !
Qui et que croire? Appuyons-nous sur Occam: "Non sunt multiplicanda entia praeter necessitatem"; la simplicité avant tout. Les deux rapports mesurent des variables différentes : IMD se veut une étude quantitative, WEF plus qualitative. Les statistiques posent un problème temporel (les références des années précédentes), les réponses qualitatives celui de la subjectivité. Si le WEF mesure des facteurs qui permettent une croissance à long terme, sur les potentiels du pays, IMD s’accroche plus à une approche de la "représentation" du pays aujourd’hui. Ni l’un, ni l’autre ne présente de vérité absolue, mais ensemble, ils nous donnent plutôt une idée de la compétitivité du pays.
Nous pouvons tirer une conclusion finale : avec des conditions climatiques défavorables au commerce, une isolation géographique et des barrières linguistiques (hélas, c’est todellakin –en effet, le cas), avec ses rennes et ses loups, avec ses portables et Internet, il est évident que la Finlande est un des pays le plus compétitifs du monde.
La prévision n’a jamais été un domaine scientifique très sûr et ni les louanges du WEF, ni les reproches de IDM, ne garantissent la compétitivité de demain. La compétitivité est un projet permanent qui se pilote dans un environnement mouvant lié aux processus de la mondialisation. Elle exige des efforts conscients, de la sensibilité aux transformations, une capacité d’adaptation… et, finalement aussi, un coup de main de Lady Luck… ! |