En terme de rythme de croissance, la Finlande est dépassée par le groupe Nokia ; l’an dernier, le navire amiral des entreprises du pays a amassé un chiffre d’affaires (CA) de 41 milliards d’euros. Le CA de Nokia est déjà supérieur au niveau du budget de l’État finlandais. Le géant de la téléphonie mobile a réalisé un bénéfice record de 4,3 milliards d’euros.
Le bilan de l’économie nationale ne prévoit pas une ligne spécifique faisant état du bénéfice. Pour les citoyens, l’emploi ou l’accroissement des revenus disponibles pourraient être des indicateurs de réussite. La demande intérieure n’a gagné que quelques points, en Finlande, ce qui montre bien que la croissance vertigineuse du P.i.b. n’a pas pour autant garni les porte-monnaie des ménages dans les mêmes proportions.
Les exportations, excellemment porteuses, ont effectivement nourri la croissance économique de la Finlande grâce aux conjonctures favorables de l’économie mondiale. La demande dans les pays asiatiques, en particulier, a valu des commandes à l’industrie finlandaise. Pour l’année en cours, les carnets de commandes de nombreuses entreprises de la construction mécanique sont également remplis.
L’arrêt de travail de deux mois survenu l’an dernier dans l’industrie papetière a eu pour effet de fausser quelque peu les statistiques ; son incidence sur les chiffres de la croissance était de l’ordre d'un pour cent. Au printemps 2005, la papeterie était à l’arrêt, et le phénomène était visible dans les chiffres de la croissance de 2006, les chiffres comparatifs restant inférieurs à la normale.
La Finlande a longuement souffert d’un fort chômage, à l’aune de ce qu’a connu l’Europe; par l’effet des conjonctures favorables, la situation s’est toutefois améliorée. L’an dernier, le taux de chômage a été ramené à 8%, taux inférieur à la moyenne des États membres de l’Union européenne.
La vigoureuse croissance de l’an dernier a surpris les instituts finlandais de pronostique. Au début de 2006, ceux-ci tablaient sur une croissance proche de 3% ; la croissance survenue a presque doublé ce chiffre.
Pour l’année en cours, les sages de l’économie prédisent à nouveau un taux de croissance de 3% ; un pronostique sans risque car il correspond, approximativement, à la tendance sur le long terme. Si le pronostique de 3% devait se réaliser, la Finlande ne ferait pas aussi bien que le peloton de tête des pays de l’OCDE. Le tableau conjoncturel ne semble pas aussi prometteur que celui auquel on avait pu s’habituer l’an dernier.
L’incertitude quant aux perspectives pour l’année en cours tient essentiellement à l’économie mondiale. Si le ralentissement de la croissance de l’économie américaine rafraîchit aussi la conjoncture en Europe, un épuisement des marchés d’exportation importants pour la Finlande pourrait s’ensuivre.
S’il faut en croire les pronostiques, le chômage diminuera pour se situer à 7% ; toutefois, à l’occasion de la publication des données relatives à leurs bilans pour 2006, les sociétés finlandaises cotées en bourse ont évoqué d’importants licenciements. Les sous-traitants et les fabricants sous contrat de la téléphonie mobile, en particulier, doivent réduire leurs effectifs face à un durcissement de la concurrence dans le monde.
Les sociétés Perlos et Elcoteq, sous-traitantes de Nokia, transfèrent leur production et quittent entièrement la Finlande. Spécialisé dans les boîtiers de téléphones mobiles, Perlos licencie un peu plus de 1100 personnes – licenciement record en Finlande - tandis que le fabricant sous contrat Elcoteq fait de même pour 500 personnes. Des nouvelles accablantes pour les petites villes que sont Joensuu et Lohja où ces deux entreprises comptaient parmi les plus gros employeurs.
Nombreux sont aussi les promis au chômage dans l’industrie forestière, traditionnellement la pierre angulaire de l’économie finlandaise. La baisse prolongée des cours réels du papier et la surcapacité qui guette dans la production acculent les sociétés de la filière bois-papier à des licenciements radicaux.
Quant à l’avenir économique de la Finlande, l’optimisme semble être de mise. Selon la plupart des indicateurs, l’économie finlandaise est promise à l’amélioration comme d’ailleurs dans toute l’Europe. Le chômage élevé, problème commun aux Européens, affecte également la Finlande.
Pour Nokia, l’année 2007 s’annonce bonne. Résultat et croissance seront au rendez-vous, de quoi apaiser les analystes boursiers. Toutefois, n’est pas en mesure de créer de nouveaux emplois en Finlande; sa présence, en effet, est requise près de plus gros marchés en Europe, en Asie et en Amérique du Nord.
Dans le sillage de Nokia, ses sous-traitants finlandais suivent le mouvement. Bien que des sociétés boursières finlandaises qui ont le vent en poupe - comme Nokia, UPM-Kymmene, Koné, Metso, Outokumpu et Wärtsilä – transfèrent leur production vers des pays où les coûts sont moins élevés, ces entreprises n’envisagent pas le transfert de leur siège. La Finlande semble être assez attrayante pour que le siège des sociétés boursières internationales y soit domicilié. |