CultureEconomiePolitiqueSociétéTourisme
Recherche
Entreprendre
Etudier
Travailler
Visiter
L'économie finlandaise au premier semestre 2006

Economie > Politique économique
24-10-06
Auteur : Jacques Mer
La situation économique avait été incertaine en 2005 (croissance : +2,9 %, en tenant compte d'une révision du système des comptes nationaux), en raison notamment de la grève dans le secteur forestier, mais aussi d'une conjoncture internationale décevante, particulièrement dans la zone euro. Toutefois, la fin de l'année avait bénéficié d'une embellie, qui semble se poursuivre en 2006.

Le premier semestre 2006, en Finlande, a bénéficié d'un environnement international positif, malgré les incertitudes pétrolières et la hausse des biens intermédiaires. La zone euro (Allemagne, France, etc.), particulièrement, se redresse quelque peu (+2,2 % pour l'année ?). La conjoncture reste robuste en Chine et au Japon. Les Etats-Unis, toutefois, connaissent un ralentissement de leur progression.

S'agissant du PIB finlandais, faisant suite à des années contrastées (1,8 % en 2003, 3,5 % en 2004, 2,9 % en 2005), la prévision donnée par le Ministère des Finances avoisine 4,5 % pour l'année 2006. Mais, la croissance devrait en 2007, pour de nombreuses raisons, redescendre à 3 %.

2006, année relativement prospère ?

La tenue robuste de la croissance au premier semestre 2006 a été caractérisée par un comportement positif des diverses composantes de la demande.

La demande extérieure a été satisfaisante, et l'on a enregistré de nets progrès par rapport à l'exercice précédent. Les exportations ont augmenté de quelque 19 % en valeur (bons résultats pour les industries métallurgiques et connexes).
Les importations ont enregistré dans le même temps une accélération de leur progression : + 16 % (estimations) contre 6 %.
Pour cette période, le surplus de la balance courante dépasse 5,5 % du PIB, en ligne avec les années précédentes (5,9 % en 2003, 7,6 % en 2004, 4,6 % en 2005). Il descendrait légèrement en 2007 (4,7 %).

Du côté de la demande intérieure, le moral des ménages au premier semestre 2006 a été soutenu, grâce à une réduction du chômage, une légère amélioration du pouvoir d'achat, et à la baisse des impôts. Leur consommation s'établit à +4 % (prévisions pour 2006 : + 2,8 %, et pour 2007 : 2,1 % ; les ménages étant de plus en plus endettés). La consommation du secteur public, elle, n¹a crû que de 1 % (rigueur budgétaire).
L'investissement a connu une relative reprise (5,3 %, contre 3,3 % en 2005) :  l'investissement privé (5,7 %), qui comprend la construction d¹habitations et la modernisation des machines, se gonflant ; celui du secteur public se révélant en revanche plus modeste : 2,9% . Une certaine prudence semble prévaloir pour 2007 (+ 3,7 %).

Au total, le PIB devrait enregistrer une augmentation substantielle en 2006 : +4,5 %.
Pour 2007, les incertitudes internationales (prix du pétrole, fluctuations monétaires, etc.) rendent toute prévision délicate, mais un léger pessimisme règne actuellement, envisageant une croissance de 3 %.

Le taux d'emploi, comme en 2005, s'est relevé au premier semestre 2006, autour  de 68,8 %, vu les créations de postes dans la construction et dans de nombreuses branches des services (35 000 pour l'année). Le mouvement devrait se poursuivre en 2007 (taux d'emploi : 69,1 % )
Le taux de chômage, à 8,4 % en 2005, a régressé jusqu'à 8 % ; le sous-emploi frappant certains secteurs (industrie, agriculture) plus que d'autres (services) et certaines régions périphériques plus que le Sud. En 2006 le taux est prévu à quelque 7,7 % (7,4 % en 2007 ). N'oublions pas que 3,5 % de la force de travail bénéficie de programmes de formation ou d¹emplois subventionnés.

Conséquence de ces évolutions, les pressions inflationnistes ont été modérées, malgré la hausse des cours du pétrole et des prix des logements, et grâce aux effets de la concurrence (services). L'indice des prix à la consommation s'est accru de 1,5 % seulement en 2006 (0,9 % en 2005). C¹est la meilleure performance au sein de l'Union Européenne. L'ascension de l'euro a eu, dans ce domaine, des effets positifs ; tout comme la modération des augmentations de salaires. La compétitivité de l'économie ne s'est que très légèrement dégradée ; le pouvoir d'achat des Finlandais s'est amélioré. 2007 devrait voir pour diverses raisons une hausse des prix légèrement plus faible (1,3 %).

En 200, la politique budgétaire a été relativement restrictive, malgré des baisses d'impôt (qui, pour le contribuable, ont été compensées par des hausses de taxes locales et de certaines contributions sociales). La pression fiscale a atteint 43 % du PIB (43,8 % en 2005) et devrait baisser un peu en 2007 (42,7 %). La dépense publique s¹établit autour de 49 % du PIB. Le ratio de la dette publique a diminué de plus d'un point entre 2005 (40,5 % du PIB) et 2006 (38,4 %). L'excédent des dépenses publiques (au sens de l'UE) reste très honorable : 2,5 % en 2005 (la meilleure performance dans la zone euro) ; 2,9 % en 2006.

S¹agissant des réformes structurelles, 2005 avait vu la Finlande adopter une importante réforme des pensions, bénéficiant d¹un large consensus national.
Le gouvernement compte sur cette réforme pour contribuer fortement à allonger la vie professionnelle de deux-trois ans, en améliorant les incitations à travailler plus longtemps, surtout grâce à des taux plus élevés d¹accumulation des droits pour les travailleurs âgés (63-67 ans) et au déplafonnement du montant maximal de la pension.

Dans sa récente " Étude ", l'OCDE recommande aux autorités finlandaises de veiller à l'accroissement de la productivité (notamment du secteur public), de tirer les conséquences de la réforme des pensions en luttant contre les préretraites et l'abus des pensions d'invalidité précoces, de réformer l'enseignement supérieur en réduisant la durée des études, de promouvoir une plus grande flexibilité du travail (notamment par le biais des négociations salariales tripartites) et de réformer la réglementation de l'aide au logement social. Il semble difficile, avec la perspective des élections législatives se rapprochant, de mettre ces recommandations en oeuvre.

Liens
Pas de sélection à vous proposer pour le moment.
Si vous souhaitez nous proposer un contenu éclairant le sujet, utilisez le formulaire commentaire.
 
Vos commentaires
Vous souhaitez réagir sur cet article, écrivez-nous.
Retour à la liste

 
Essentiel de la Finlande
 
  Septembre
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30