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Conjoncture et politique économiques 2005

Economie > Politique économique
26-10-06
Auteur : Jacques Mer
La situation économique a été relativement médiocre, en raison notamment de la longue grève dans le secteur forestier en mai, qui a fait baisser sensiblement la croissance du PIB, mais aussi d’une conjoncture internationale moins favorable qu’en 2004.

 Certes, malgré des déficits extérieurs croissants, la croissance est restée robuste aux Etats-Unis jusqu’à la survenue de l’ouragan Katrina, et la demande intérieure n’a pas été affectée par la hausse du prix du brut. La conjoncture n’a pas faibli en Chine ni au Japon. L’économie russe bénéficie de l’ascension des cours du pétrole. En revanche, la situation de la zone euro, partenaire important pour la Finlande, reste morose (chômage, moral des ménages, confiance des entreprises) dans l'ensemble et l'appréciation de l'euro pose des problèmes aux exportateurs : on enregistre cependant un léger « mieux » vers la fin de l’année, mais la croissance ne devrait pas y dépasser 1,3 % en 2005.

S’agissant du PIB finlandais, faisant suite à des années contrastées (+5,1 % en 2000, mais seulement +1,1 % en 2001, 2,2 % en 2002, 2,4 % en 2003, et 3,6 % en 2004), le chiffre provisoire donné par le Ministère des Finances avoisine 2,1 % pour l'année 2005. Mais, en tablant sur une reprise (en particulier pour la production industrielle, la construction et la plupart des services), qui se produisit fin 2005 et se poursuit en 2006, les prévisions pour 2006 sont -en mars 2006- d’environ 3,7 %.


2005, année relativement médiocre ?

 
La tenue hésitante de la croissance en 2005 (plus particulièrement au premier semestre) a été caractérisée par un comportement différent des diverses composantes de la demande.
La demande extérieure a été relativement satisfaisante, et l’on a même enregistré un progrès par rapport à l’exercice précédent. Les exportations avaient, pour l’année 2004, augmenté en volume de 5,6 %, en même temps que les prix de ces ventes se raffermissaient (en raison de la situation sur les marchés mondiaux). La tendance s’est détériorée dans les six premiers mois de 2005, à la fois à cause du ralentissement des échanges internationaux et de la grève du secteur forestier finlandais. Mais les performances sont bonnes pour les industries métallurgiques et électroniques (télécommunications, etc.). Compte tenu d’un redressement net et général au second semestre, la progression doit être proche de 7 % pour l’exercice 2005. Au regard des dernières données sur la conjoncture internationale, les perspectives pour 2006 sont positives : +7,9 % en volume, avec une croissance appréciable pour les industries électroniques.

Les importations ont enregistré en 2005 une accélération de leur progression : + 10,3 % (estimations) contre 6 %, en 2004.
Pour 2005, le surplus de la balance courante avoisine 2,4 %, en retrait sur les années précédentes (6,9 % en 2001 ; 7,3 % en 2002 ; 3,8 % en 2003, 4,1 % en 2004). Il remonterait légèrement en 2006 (3 %).

Du côté de la demande intérieure, le moral des ménages en 2005 a été meilleur qu'on l'anticipait, grâce à une réduction du chômage, une légère amélioration du pouvoir d'achat, et à la baisse des impôts. Leur consommation s'établit à +3,4 % (prévisions pour 2006 : + 2,8 %, les ménages étant de plus en plus endettés). La consommation du secteur public, elle, n’a crû que de 1,5 % (rigueur budgétaire) en 2005.

L'investissement a connu une relative morosité en 2005 (1,7 %, contre 5 % en 2004) : seul, l'investissement privé (3,1 %), comprenant la construction d’habitations et la modernisation des machines, se maintenant ; celui du secteur  public se révélant en revanche négatif : - 6,2% . Un certaine prudence teintée d’optimisme semble prévaloir pour 2006 (+ 4 %).
Au total, le PIB devrait enregistrer une augmentation modeste en 2005 : +2,1  % (contre 3,6 % en 2004). La production industrielle aurait même diminué de 1,2% .

Pour 2006, les incertitudes internationales (prix du pétrole, fluctuations monétaires, etc.) rendent toute prévision délicate ; mais un optimisme tempéré règne actuellement, envisageant une croissance de 3,7 %.

Malgré le contexte, le taux d'emploi, qui avait fléchi en 2003 (67,3 %) et en 2004 (67,2 %), s’est relevé en 2005, autour  de 68% , vu les créations de postes dans la construction et dans de nombreuses branches des services (50 000 pour 2005). Même le secteur industriel, propice aux délocalisations, qui se poursuivent (emploi forestier, etc.), en a bénéficié. Le mouvement devrait se poursuivre en 2006 (taux d’emploi : 68,8 % ?)

Le taux de chômage, à 8,8 % en 2004, a régressé en 2005 jusqu'à 8,4 % ; le sous-emploi frappant certains secteurs (industrie, agriculture) plus que d'autres (services) et certaines régions périphériques plus que le Sud. En 2006 le taux est prévu à quelque 7,8 %. N’oublions pas que 3,5 % de la force de travail bénéficie de programmes de formation ou d’emplois subventionnés.

Conséquence de ces évolutions, les pressions inflationnistes ont été faibles, malgré la hausse des cours du pétrole et des prix des logements, et grâce aux effets de la concurrence (services). L'indice des prix à la consommation s'est accru de 0,9 % seulement en 2005 (0,2 % en 2004). L'ascension de l'euro a eu, dans ce domaine, des effets positifs ; tout comme la modération des augmentations de salaires. La compétitivité de l'économie ne s'est que très légèrement dégradée ; le pouvoir d'achat des Finlandais s'est amélioré. 2006 devrait voir pour diverses raisons (hausse du pétrole ; fluctuations des changes) une hausse des prix légèrement plus forte (1,1 %).
En 2005, la politique budgétaire a été relativement restrictive, malgré des baisses d’impôt (qui, pour le contribuable, ont été compensées par des hausses de taxes locales et de certaines contributions sociales).

La pression fiscale a atteint 44,4 % du PIB (44,2 % en 2004) mais devrait baisser d’un point en 2006. La dépense publique s’établit autour de 50 % du PIB. Le ratio de la dette publique diminuera de plus d’un point entre 2005 (41,1 %, contre 45,1 % en 2004) et 2006 (39,6 %). L’excédent des dépenses publiques (au sens de l’UE) reste très honorable : 2,4 % en 2005 ; 2,5 % en 2006.
S’agissant des réformes structurelles, l’OCDE préconisait dans ses derniers rapports une diminution de la pression fiscale. Un tel effort, mis en œuvre en 2005, se poursuivra les deux années suivantes. Était aussi conseillée une réduction de la présence de l’État dans l’économie. Les recettes des privatisations ont augmenté en 2005, et la part des prestataires du secteur privé dans les services municipaux a continué de s’accroître modérément. Le système centralisé de négociations salariales est, par ailleurs, conformément aux recommandations, assoupli en partie au niveau local. Par contre rien n’a été tenté pour réduire sensiblement l’indemnisation du chômage et encourager la recherche d’emploi.

À suivre.

 

 

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