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CCFF

Economie > Politique économique
01-02-07
Auteur : Nicolas Benard
La Chambre de Commerce Franco-Finlandaise (CCFF) est composée de deux organismes distincts qui proposent aux entrepreneurs finlandais, d’un côté, français, de l’autre, différents services afin de les accompagner dans l’approche du marché de leur voisin européen.

Créée en 1923, la Chambre de Commerce Franco-Finlandaise s’adresse, dans sa version française, aux Finlandais qui cherchent à intégrer le marché hexagonal. Son pendant en Finlande, dirigé par un conseiller économique rattaché à l’Ambassade de France à Helsinki, s’occupe lui d’accompagner les entreprises françaises désireuses de s’installer de l’autre côté de la Baltique. Cette double institution revendique une mission dont les principaux aspects sont les suivants :

1/ fournir une aide concrète aux entreprises françaises dans leur approche du marché finlandais.

2/ recevoir et orienter les demandes d’appui des entreprises finlandaises vers la France.

3/ constituer un organe de représentation des intérêts d’affaires franco-finlandais.

4/ organiser des évènements (salons, cycles de conférence) afin d’encourager les contacts entre les membres.

5/ soutenir toute initiative ou projet visant à développer les échanges entre les deux nations.

Pour mener à bien sa mission, la Chambre offre une panoplie de services et de prestations précis : informations de nature économique, juridique et fiscale ; aide à la recherche de stages ; interprétariat et traductions ; séminaires, conférences, petits-déjeuners de rencontres et de débats ; enfin, manifestations culturelles et sportives.

Exemple, la présentation de créateurs de mode et de photographie finlandais en janvier 2006. Un évènement dont l’objectif était d’accroître la notoriété des artistes et des créateurs finlandais auprès du public et de permettre une meilleure diffusion de leurs travaux et de leurs œuvres. Par ce genre de manifestations, la CCFF cherche à mieux faire connaître la Finlande aux Français.


En 2002, selon le Ministère des Affaires étrangères, une petite centaine d’établissements français était répertoriée en Finlande. Si les Français sont encore frileux dans leurs investissements en Finlande, qu’en est-il de leurs partenaires européens dans l’hexagone ?

Pour en savoir plus sur le fonctionnement de la CCFF et, d’une manière plus générale, sur les relations économiques entre la France et la Finlande, nous avons interrogé Serge Ferré, président de la Chambre française et vice-président de Nokia France.

Info-Finlande : la Chambre de Commerce Franco-Finlandaise a plus de 80 ans. Dans quel contexte a-t-elle vu le jour ?
Serge Ferré :
Elle a été créée très peu de temps après la déclaration d’indépendance de la République finlandaise [le 6 décembre 1917, ndr]. La Finlande voulait échapper à l’étau soviétique, d’une part, et allemand, d’autre part. Elle a donc créé, dans la logique de ses relations avec les pays qui l’ont reconnue rapidement, une banque de commerce et d’industrie pour aider sa jeune économie à trouver des territoires, ce afin d’y exporter ses productions, agricole et semi manufacturières, dans un premier temps, et au fil des années, orientées vers les activités de service, avec quelques fleurons comme Nokia. Ces entreprises sont les piliers de ses exportations, et les piliers de la Chambre.


Quels sont les missions et objectifs principaux de la CCFF en France ?
La CCFF est une chambre où tout le monde est bénévole. Nous avons des objectifs et des ambitions à la hauteur de notre temps et de notre énergie disponibles. Nous ne réalisons plus d’études de marché, alors que c’était le cas au départ, parce qu’il y a suffisamment d’organismes et de chambres d’affaires structurées pour cela. Nous souhaitons aider des jeunes entreprises finlandaises à régler certains des problèmes qu’elles connaissent face à l’administration française par des conseils et la mise en relation avec les membres de notre chambre qui sont établis de longue date en France. Nous leur offrons des conseils juridiques, puisque bon nombre de nos membres sont des avocats. Plus généralement, nous nous efforçons de donner une lisibilité en lui adjoignant une activité de club de réflexion. A ce titre, nous avons inauguré une série de petits-déjeuners avec des personnalités françaises de tout premier rang qui viennent parler de la France, de la France dans l’Europe, et répondre aux questions que se posent nos membres.


Quels sont vos partenaires, politiques, économiques ou autres ?
Nous n’avons pas de partenaires. Nous sommes une chambre agnostique, pragmatique. Nous ne sommes sponsorisés ni financés par qui que ce soit. Nous nous efforçons de ne pencher ni à gauche, ni à droite. Nous avons invité des hommes politiques comme Jack Lang, Bernard Kouchner, Dominique Strauss-Kahn, Alain Juppé, Renaud Dutreil, Thierry Breton mais aussi des entrepreneurs comme Louis Schweitzer, Michel Pébereau, Ernest-Antoine Seillière. Nous essayons d’être pour nos membres un club amical tout en cherchant à donner un peu plus d’éclat à cette Chambre. Je crois que tout le monde est très content de cette dimension.


Quelle est la part, et surtout l’évolution, de l’investissement finlandais en France, notamment depuis l’entrée de la Finlande dans l’Union, en 1995 ?
La France est un marché important, mais pas le plus important pour la Finlande. La Finlande est un marché moyen pour la France. Le courant est donc davantage des exportations finlandaises vers la France. Les entreprises françaises s’intéressent peu à ce pays et sont en général plus focalisées sur des nations comme la Suède ou la Norvège. De toute façon, les Français ne sont pas des grands champions des exportations, contrairement aux Allemands et aux Anglais par exemple. La Finlande n’est donc pas un cas un part, mais subit les conséquences d’un comportement plus général des exportateurs français qui se focalisent sur les grands blocs : la Chine, les Etats-Unis ainsi que l’Afrique francophone. Selon eux, la Finlande exige beaucoup de travail pour peu de résultats.

Les différences qui existent entre la France et la Finlande d’un point de vue administratif, ainsi qu’au niveau du développement économique ou technologique, peuvent-elles être un frein à l’investissement français en Finlande ?
En aucun cas. La Finlande est un pays champion de la compétitivité et de la concurrence. Elle invite tous les pays à faire œuvre de leurs qualités et de leurs talents, sans jamais vouloir les enfermer dans quelque carcan que ce soit. Je crois qu’en cela elle est un exemple à suivre pour nous qui la regardons d’ici.


En tant que responsable d’une entreprise comme Nokia, mondialement connue, avez-vous senti que les Français étaient particulièrement réceptifs et interrogatifs face à son succès ?
C’est vrai que Nokia est une entreprise mythique, sans doute un peu moins aujourd’hui. Tout le monde essaye de comprendre comment Nokia a fait pour devenir leader - de très loin - sur son marché. Tout le monde s’interroge sur la formule de son succès. Cela fait partie des questions qui sont régulièrement posées. Il n’y a pas une réponse, mais dix. Je crois cependant que ce qui contribue au succès de Nokia, c’est d’être très ouvert aux clients, d’être fondamentalement commerçant, innovant et prêt à s’adapter à tous les changements. C’est cette agilité, cette « niaque » comme on dit qui fait qu’on réussit là où d’autres échouent. Il ne faut pas avoir trop d’états d’âme non plus. Quand on se trompe, ce qui arrive, il faut très vite rectifier le tir, ce que Nokia a toujours essayé de faire au cours de son histoire. C’est ce qui explique que l’entreprise, aujourd’hui, soit dans une situation de conquête permanente, malgré tout ce qu’en disent les analystes.

 

 

 

Liens

Pour plus de renseignements : www.ccff.asso.fr

 
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