| Besoin de beaucoup d’énergie |  |
La société et l'économie ont besoin de grandes quantités d'énergie. Le pays a appris, de bonne heure, à faire de l'énergie un usage plus efficace que dans la plupart des autres pays. L'absence de pétrole, de houille et gaz naturel dans le sous-sol finlandais l'a également incité dans ce sens.
Dans un pays nordique au climat froid, les logements doivent être chauffés durant la majeure partie de l'année. Aussi, les foyers finlandais ont-ils adopté, voici deux siècles déjà, les fours à air circulant, lesquels sont plusieurs fois supérieurs en efficacité aux traditionnels foyers anglo-saxons, dont la majeure partie de la chaleur s'échappe par la cheminée. Les fenêtres à double vitrage étaient une évidence en Finlande il y a plus d'un siècle. De nos jours, ce vitrage est souvent triple.
A partir des années 1950, les villes ont essentiellement adopté le chauffage central, lequel combine, en général et de manière efficace, la production d'électricité et de chaleur. Le chauffage à l'électricité et au mazout est abondamment utilisé dans les petites maisons individuelles, à la campagne, mais de plus en plus, les exploitations agricoles utilisent aussi le bois secondaire tiré des forêts dont elles sont propriétaires.
La Finlande étant le pays le plus boisé d'Europe, la transformation du bois y a toujours été naturelle et vitale. La production de pâte mécanique utilisée en papeterie, en particulier, consomme beaucoup d'énergie; les fûts d'épicéa sont en effet défibrés pour produire la masse, utilisée principalement pour produire du papier journal. Par contre, de nos jours, la production de pâte chimique ou cellulose ne requiert nullement d'énergie extérieure, car l'abondant résidu liquide contenu dans la masse est utilisé en guise de matière première. Et dans ce cas, l'usine de production de pâte chimique ne pollue pas non plus les eaux.
La métallurgie et la chimie, branches fortement consommatrices d'énergie, sont également importantes en Finlande. La croissance des industries électroniques, de la construction navale et de la construction mécanique ont, certes, diminué la dépendance de l'économie finlandaise en terme d'approvisionnement en énergie bon marché, mais pour l'industrie qui consomme de l'énergie en abondance, cet approvisionnement reste une condition essentielle à ses activités.
Selon les pronostiques, la consommation d'électricité en Finlande augmentera jusqu'en 2010 au rythme annuel de 1,5 pour cent, avant de connaître un ralentissement de cette augmentation. Bien sûr, dans les ménages également, la consommation d'énergie n'a cessé d'augmenter, comme partout dans le monde occidental. En outre, dans un pays étendu et faiblement peuplé, la quantité d'énergie requise pour les transports est relativement importante.
| De l’hydroélectricité à l’énergie nucléaire |  |
Jusqu'aux années 1960, la politique dans le domaine de l'énergie était basée sur la production d'électricité dans les centrales hydroélectriques et sur l'utilisation énergétique du bois, vaste et dispersée. Les quelques 200.000 lacs sont cependant très peu profonds - les plus étendus, c'est à dire le Saimaa et le Päijänne atteignent à peine 80 mètres de profondeur sous le niveau de la mer. Le recours à l'hydroélectricité est, par conséquent, nettement inférieur à l'utilisation que l'on en fait par exemple, en Suède sans parler de la Norvège; pour l'essentiel, au seuil des années 1960, elle était construite. Les chutes restantes non aménagées ont également été épargnées par souci de l'environnement.
L'aménagement de lacs artificiels en Laponie a permis d'améliorer l'efficacité de l'hydroélectricité, mais leur incidence sur l'environnement est aussi une pomme de discorde. A partir des années 1960, on s'est efforcé de faire du bois combustible une matière première de l'industrie forestière tout en augmentant, par de nombreuses mesures, le rendement des forêts. Aussi, de nos jours, les forêts finlandaises contiennent plus de bois que jamais et leur accroissement annuel dépasse le volume exploité.
Comme indiqué plus haut, la production combinée d'électricité et de chaleur par l'industrie forestière et, de manière ponctuelle, le chauffage urbain ont permis d'obtenir une nouvelle énergie d'origine domestique. Toutefois, à partir des années 1950, la consommation de pétrole et de houille ont également connu une rapide augmentation. Achevé en 1973, le gazoduc reliant la Russie et la Finlande orientale a été prolongé, par la suite, vers la région de la capitale, jusqu'à la ville de Lohja et à l'ouest de la ville de Tampere. Principalement utilisé par l'industrie forestière, le gaz naturel sert aussi à la production combinée d'électricité et de chaleur dans les villes.
Le recours à l'énergie nucléaire a été envisagé dès les années 1950. Le projet conduit par la compagnie nationale d'énergie Imatran Voima se heurta à des difficultés liées à la politique étrangère, et la première centrale nucléaire, dont l'achèvement date de 1977, fut commandée à l'URSS. Toutefois, cette centrale fut entièrement équipée de technologie occidentale pour le volet sécurité, et l'installation fut dotée d'une enceinte de confinement. Les deux tranches de la centrale de Loviisa ont fonctionné de manière particulièrement fiable comparé aux centrales nucléaires occidentales.
A la même époque, la compagnie d'énergie Teollisuuden Voima, détenue par l'industrie, fit l'acquisition de deux tranches d'une centrale nucléaire suédoise Asea, sur le site d'Olkiluoto. Ceci, bien évidemment, par souci d'équilibre, dans la politique étrangère de la Finlande. En 2001, la consommation d'énergie de la Finlande était couverte, à hauteur de 26,3 pour cent par la production de ces quatre centrales nucléaires.
Environ un cinquième de la consommation d'énergie continue de provenir du bois. Plus de la moitié est constituée par la liqueur résiduaire produite par les usines à pâte chimique, et un quart provient des autres déchets de l'industrie forestière (écorce de bois, sciure etc.). De nos jours, la traditionnelle combustion de bûches est faible. Par contre, on produit de l'énergie à partir de plaquettes de bois, tirées notamment du bois résultant des coupes d'éclaircie et du bois d'importance secondaire.
Environ 7 pour cent de l'électricité produite est tirée de la tourbe extraite de vastes marécages dans le pays; cette source d'énergie est, en principe, renouvelable mais la formation de couches suffisamment épaisses nécessite plusieurs milliers d'années. Les plaquettes de bois et la tourbe, très encombrants, nécessitant des transports coûteux, leur utilisation n'est rentable qu'au plan local - en général, dans un rayon d'une cinquantaine de kilomètres.
A partir du début des années 1970, le débat écologique a mis l'accent sur l'économie d'énergie et sur l'utilisation de sources d'énergie renouvelables. L'économie d'énergie a été intensifiée, de manière significative, surtout dans l'industrie; le prix réel - en augmentation - de l'énergie fut de bon conseil, surtout dans les années 1970. L'isolation thermique des maisons d'habitation, il est vrai, fit place alors - avec l'aide économique de l'Etat - à l'exagération: on fit des logements des "bouteilles de plastique" malsaines.
A l'heure actuelle, on dénombre à peine une trentaine de centrales éoliennes et elles ne continuent de représenter, qu'un pour mille de la production d'énergie du pays. Comparé aux pays situés en bordure des océans, le vent est relativement faible en Finlande, et une grande partie des frais de l'énergie d'origine éolienne sont couverts par des subventions. Toutefois, de nouvelles centrales éoliennes sont à l'étude, notamment dans les régions maritimes.
La production d'électricité est répartie entre la société Fortum (né de la fusion, en 1997, des sociétés Imatran Voima et Neste) dont l'Etat reste le principal actionnaire, de l'industrie et des villes. Toutes ces instances sont actuellement présentes au sein de la société Teollisuuden Voima. Ces dernières années, une proportion variable d'électricité (5-17 pour cent) a été importée de Russie et de Suède. Au gouvernement, la politique de l'énergie relève des attributions du Ministère du Commerce et de l'Industrie.
| Différends sur l’avenir |  |
La construction des premières centrales nucléaires en Finlande fut assez peu débattue, mais depuis les accidents de Harrisburg et de Tchernobyl, en particulier, la Finlande également a vu s'intensifier la polémique relative à la sécurité de l'énergie nucléaire. D'un autre côté, on a également reproché aux combustibles fossiles, en particulier à la houille, d'être responsables du phénomène de serre ainsi que de la pollution du sol et des lacs par acidification. L'utilisation de la tourbe présente aussi des problèmes environnementaux - tout comme d'ailleurs, les centrales éoliennes.
Un premier projet de construction d'une cinquième centrale nucléaire a fait long feu, des suites de Tchernobyl, en 1986. Une deuxième tentative a essuyé un échec en 1993, lors du vote à Parlement la législation prévoit que les députés décident, en dernier ressort, de la construction d'une centrale nucléaire. La troisième tentative est donc terminé; le gouvernement s'est, en effet, prononcé, en janvier 2002, en sa faveur, suite à la demande, introduite par la société Teollisuuden Voima Oy, de construction d'une centrale nucléaire de 1000 à 1600 mégawatts d'ici 2010. Les sites envisagés sont Loviisa ou Olkiluoto, c'est à dire à côté du couple de centrales nucléaires existantes.
Au fil des années, les raisons invoquées par les opposants comme par les partisans finlandais du nucléaire ont quelques peu fluctué. La Ministre du Commerce et de l'Industrie, Sinikka Mönkäre, qui est médecin et social-démocrate, a justifié le nucléaire en invoquant les engagements pris dans le cadre du processus de Kyoto, le prix de l'énergie et sa disponibilité. L'alternative est, en effet, une vigoureuse augmentation de la consommation de gaz naturel, ce qui exacerberait la dépendance de l'approvisionnement énergétique de la Finlande vis-à-vis de la Russie. L'extension du gazoduc en provenance de la Norvège via la Suède ou en provenance du centre de l'Europe a, certes, été envisagée à partir des années 1970, mais sans résultat jusqu'à présent.
Les opposants au nucléaire voient une alternative dans la réduction de la consommation d'énergie ou, du moins, dans l'arrêt de son augmentation. La décision du gouvernement en faveur du nucléaire a, elle aussi, mis l'accent sur l'économie d'énergie.
Dans sa décision née à l'issue d'un vote, le gouvernement stipule que la sécurité de la centrale nucléaire doit également être garantie - à la lumière des événements du 11 septembre 2001, dans le cas de l'impact d'un gros appareil de transport aérien.
L'emplacement final retenu pour entreposer les déchets nucléaires reste, évidemment, un important sujet de discorde. Le Parlement a entériné, durant l'été de 2001, le consentement de principe accordé à la société Posiva Oy, détenu par l'industrie, relatif au choix final de cet emplacement, à Eurajoki, à proximité d'Olkiluoto, à un demi-kilomètre de profondeur dans la roche-mère. Le sol de la Finlande et du reste de la Fennoscandie est plus solide que dans le reste de l'Europe, en général, car l'ère glaciaire a éliminé par érosion les sédiments intermédiaires. Les critiques rappellent toutefois que les déchets nucléaires restent dangereux pendant des centaines de milliers d'années.
Sur la construction d'une nouvelle centrale nucléaire, les vues des citoyens comme des députés étaien partagées.
Les syndicats, en particulier la SAK, la puissante confédération des cols bleus, sont favorables à la construction d'une nouvelle capacité nucléaire, en raison des avantages pour l'industrie de base et pour l'emploi. Les organisations écologistes, de leur côté, ont pris la tête de l'opposition au projet. Ainsi, sur l'ensemble des citoyens et des députés, les femmes émettent plus de doutes que les hommes face au nucléaire. |