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L'industrie finlandaise

Economie > Industrie
24-01-01
Auteur : Finfo
L'histoire de l'industrie finlandaise est à la fois ancienne et récente. Dès le 16ème et le 17ème siècle, des forges sont créées et d'autres activités manufacturières se développent sur le sol finlandais: une industrie métallurgique, pour répondre aux besoins domestiques, mais aussi la production de goudron à base de bois et la construction navale. Selon Jyrki Vesikansa - "Kehitysmaasta elintasosuomeen" (Du sous-développement à la prospérité), Keuruu 1992 -, c'est en 1616 que la politique industrielle systématique débuta véritablement en Finlande. Le pays faisant alors partie du royaume de Suède, c'est avec la contribution bienveillante de la couronne que des forges sont construites, dans la partie occidentale de la province d'Uusimaa.

Il faut pourtant attendre les années 1860 pour voir la Finlande devenir, peu à peu, un Etat industriel moderne. L'essor, lent au début, s'accélère avec les progrès de l'industrie du sciage, rejointe plus tard par l'industrie de la pâte à papier et du papier. La prospérité de l'industrie forestière se répercutera sur toute la société, suscitant l'émergence d'autres branches de l'industrie, avant tout du textile et de la métallurgie.

 

L'essor né de l'industrialisation se concrétise par un produit national brut croissant; à l'exception des guerres et des périodes d'exception, sa progression a été vigoureuse et rectiligne.

 

50 années d'expansion

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une ère de croissance qui se poursuit depuis un demi-siècle, débute en Finlande. L'obligation de réparations modifie, de manière substantielle, la structure de l'industrie; les dommages de guerre doivent être versés, principalement sous forme de produits industriels, à ce qui est alors l'Union Soviétique. A côté de l'industrie forestière, traditionnellement solide, une vigoureuse métallurgie se développe. Le succès des chantiers navals, notamment, devait marquer cette époque. Mais la métallurgie n'est pas partie de rien. En fait, elle s'appuie sur une bonne base, dont les fondements ont été jetés avant la seconde guerre mondiale.

 

La Finlande est considérée comme étant le seul pays en Europe à avoir payé l'intégralité des dommages de guerre qui lui furent imposés, soit 226,5 millions de dollars. Le dernier train transportant les marchandises livrées au titre de ces dommages franchit la frontière orientale de la Finlande en 1952, l'année des Jeux olympiques de Helsinki.

L'industrie forestière, sujette aux conjonctures, est orientée vers l'Ouest. Le commerce finlandais avec l'Est nivellera l'effet des conjonctures mondiales auxquelles la filière bois est alors confrontée. Les produits de la métallurgie, du textile, de la confection et de l'habillement trouvent leurs débouchés en URSS qui dispose alors d'une monnaie de paiement valable: le pétrole. Les prix mondiaux du pétrole déterminent le volume des exportations finlandaises et donc de l'échange. La baisse du prix du pétrole, dans les années 1980, est le premier signal d'alarme qui rappelle la fragilité de notre commerce avec l'Est.

L'effondrement de l'Union Soviétique entraîne aussi l'effondrement définitif du commerce de la Finlande avec l'Est. Le commerce était, tant au niveau officiel qu'au niveau d'Etat de caractère bilatéral, comme il était d'usage dans le système que représentait l'URSS. Lorsque survient le déclin du système centralisé dans ce pays, à la fin des années 1980, la récession qui avait débuté en Finlande en 1989 s'aggrave; elle revêtira une gravité sans égale dans les autres pays. Facile, le commerce avec l'Est avait peut-être absorbé des ressources qui auraient été nécessaires dans le commerce avec l'Ouest, autrement plus difficile.

 

Désormais, le commerce avec l'Est a pris la forme de l'échange commercial courant, en devises. Le commerce frontalier en constitue la majeure partie. Les difficultés économiques auxquelles la Russie est confrontée réduisent alors sensiblement le volume des échanges commerciaux. En 1998, il s'effondre une nouvelle fois. Leur niveau, il est vrai, était déjà nettement plus faible que dans le passé. Des signes de relance des échanges commerciaux sont perceptibles, ces derniers temps. Dans les années 1990, c'est en augmentant ses exportations vers l'Ouest que la Finlande compense les pertes subies sur le marché de l'Est.


La croissance interrompue

La Finlande s'est trouvée plongée dans la récession à la suite des mêmes erreurs d'économie de casino que celles qui ont été commises d'abord aux Etats-Unis puis, finalement, dans les pays nordiques. Le premier détonateur, qui a mis le feu aux poudres de cette économie de casino, a été la déréglementation, en soi nécessaire, des marchés financiers; c'était en 1986. La réforme, de caractère essen-tiellement technique, était en fait dictée par la nécessité. Les capitaux ont commencé à circuler à un rythme jusque-là inconnu. La partie s'est jouée à coup d'actions. Les prix des terrains et des logements ont grimpé à une allure vertigineuse, sur fond de hausse des taux d'intérêts.

 

En 1990, force était de constater que le pays était entraîné dans la spirale d'une grave conjoncture défavorable depuis le milieu de l'année précédente. Le secteur financier et, avec lui, l'économie tout entière, ont été confrontés à de graves difficultés. L'Etat s'est retrouvé lourdement endetté, le chômage a grimpé en flèche, touchant jusqu'à un cinquième de la main-d'oeuvre. Les vagues de faillites ont secoué toute l'industrie.

Le modèle de la société nordique de bien-être - l'Etat-Providence - est partiellement remis en question, tant en Finlande que dans le pays où il avait vu le jour, la Suède. En Finlande, la spirale de l'endettement du pays est interrompu par l'effet du programme de réductions budgétaires lancé par le gouvernement de Paavo Lipponen (nommé en avril 1995); par ailleurs, le pays remplit convenablement les critères de convergence de l'Union économique et monétaire. Malgré la conjoncture favorable de l'économie finlandaise à la fin des années 1990, le chômage est resté longtemps très grave.

 

Les exportations forment la base

La récession a gravement secoué l'industrie. Le pays a été contraint de dévaluer en 1991 à la suite d'une tentative de dévaluation interne qui n'avait pas reçu pas l'aval des syndicats. Si la dévaluation a permis à l'industrie exportatrice de se redresser, elle a eu, par contre, des effets destructeurs sur le marché domestique. En raison du taux d'intérêt avantageux, une grande partie des entreprises qui opéraient sur ce marché avaient en effet contracté des prêts en devises. Du jour au lendemain, ces taux ont atteint des hauteurs telles que plus d'une a été contrainte d'abandonner.

 

La croissance des exportations ne reflétait pas l'activité économique du pays comme cela avait toujours été le cas après les dévaluations. L'industrie payait ses dettes; de plus, elle s'était internationalisée. Les investissements se sont orientés facilement vers des pays où les perspectives de marché s'annonçaient meilleures. L'inflation ne succédait pas à la dévaluation, notamment en raison du chômage.

 

Mais, les exportations sont la base de l'économie d'un pays comme la Finlande. L'objectif premier de sa politique commerciale a toujours été de lever les obstacles qui entravent les exportations. Le niveau de vie de la population dépend des exportations. La CE puis l'UE a toujours été un débouché important des exportations finlandaises, dont elle absorbe une proportion sans cesse grandissante. Au cours de la dernière décennie, la part relative des exportations finlandaises vers l'Extrême-Orient a considérablement augmentée, pour devenir en quelques sortes, après l'UE et l'Europe orientale, une troisième région de débouchés. L'importance des Etats-Unis pour les exportations finlandaises s'est accrue. Leur part avoisine celle des pays vers lesquels la Finlande exporte traditionnellement - le Royaume-Uni et la Suède.

 

Après l'inflexion survenue en 1995-1996 et la "mini-récession" de 1998, le rythme de croissance de l'économie finlandaise a été particulièrement musclé. Les difficultés rencontrées résultaient principalement du fait que la Finlande exportait plus vers l'Extrême-Orient que les pays de l'UE en général. Les crises qui ont affecté les "tigres" asiatiques et le Japon se sont répercutées sur la Finlande avec peut-être plus de force que sur les autres pays d'Europe. D'un autre côté, les autres facteurs favorables à la croissance étaient réunis et les effets des crises n'ont finalement pas été aussi graves qu'on le craignait. Le secteur le plus fortement touché par l'épuisement des marchés du sud-est asiatique est la fabrication de machines à papier, secteur industriel très important en Finlande.


L'électronique se hisse au premier plan

Dans les années 1990, l'industrie finlandaise a bénéficié du développement d'un troisième pilier. L'électronique et la haute technologie sont, avec l'industrie forestière et la métallurgie, les grands pourvoyeurs de revenus à l'exportation. Statistiquement parlant, il est difficile de dire quelle est aujourd'hui l'importance de la haute technologie, en raison notamment de l'électronique qui est une composante imposante dans plusieurs branches industrielles. Selon le mode de calcul retenu, la technologie de pointe figure dans le haut du tableau des statistiques relatives aux exportations du pays.

 

L'histoire de Nokia est éloquente à cet égard; l'ancienne société aux activités polyvalentes s'est développée pour devenir l'importante entreprise technologique que nous connaissons, en même temps que le mannequin de la nouvelle technologie. En peu de temps, ce groupe industriel est passé de la production du papier puis des téléviseurs et des terminaux pour ordinateurs aux téléphones mobiles et aux systèmes de télécommunications.


Arrivent ensuite la Communauté, suivie de l'Union européenne

La coopération nordique a également été essentielle pour l'industrie finlandaise. De tout temps, la Suède, pays voisin, a été un important partenaire commercial. Mais la perspective devait être élargie et les pays nordiques ont recherché des solutions communes à leur commerce européen.

 

Sous l'égide de la Grande-Bretagne, l'AELE avait vu le jour pour faire contrepoids à la CE; la Finlande y adhéra en 1961, par le traité dit Finnefta. La Grande-Bretagne était un important acheteur de papier finlandais tandis que la Suède et la Norvège, qui avaient également adhéré, étaient des pays concurrents pour notre industrie forestière.

 

La période durant laquelle la Finlande a fait partie de l'AELE a été jugée utile pour le pays, dans la mesure où elle a été pour l'industrie une période d'apprentissage international. Lorsque la Communauté européenne s'est élargie aux Etats membres de l'AELE qu'étaient la Grande-Bretagne, le Danemark et l'Irlande, la Finlande et les autres pays de l'AELE ont conclu avec la CE un accord de libre-échange, dit accord CEE, qui libéralisait le commerce des marchandises dans le Marché commun. L'industrie s'élance alors vers l'étranger, dans les années 1980, payant d'ailleurs le prix de l'apprentissage lors de ses rachats d'entreprises.

L'AELE se réduit peu à peu comme une peau de chagrin, ses membres adhérant aux Communautés. Parmi les pays nordiques, le Danemark adhère, dans la foulée de la Grande-Bretagne. La Finlande et la Suède adhèrent à leur tour, en 1995, à une communauté devenue l'Union européenne par l'effet du Traité de Maastricht de 1992. A l'issu d'un référendum lors duquel la majorité de ses citoyens expriment leur refus, la Norvège n'y a pas adhéré. Pour la production située au voisinage des frontières de la Suède, de la Finlande et de la Norvège, la situation politique commerciale différente de ces pays entraîne la nécessité de réévaluer la situation. Les effets majeurs de cette différence, due à leur appartenance à des entités différentes, peut être vue dans le domaine, traditionnellement strict, de la politique nordique en matière d'alcool. La Suède et la Finlande devront adopter une orientation plus permissive.


Préparer l'économie à l'UEM

La nécessité de satisfaire aux critères d'adhésion à l'UEM a renforcé les exigences de resserrer la politique économique. A l'exception peut-être de l'Allemagne et de certains petits pays, les économies européennes se portent relativement bien, à l'heure actuelle. Mais la menace mondiale est là. Les théoriciens de l'économie ne sont pas d'accord sur l'état réel de l'économie américaine, ni sur la croissance continue, résultante d'une conviction moderne. La crise économique qui a secoué l'Asie du Sud-est semble s'être progressivement estompée; mais au Japon, par exemple, les structures de l'économie restent rigides et désuètes.

 

Après la récession, la Finlande a opéré de violentes réductions budgétaires et elle a adhéré au groupe de tête des pays de l'UEM. Le pays est d'ailleurs relativement bien préparé à l'échéance de la monnaie commune, en 2002.

Une politique économique indulgente et les conjonctures qui ont secoué l'industrie forestière sont considérées comme les responsables de plusieurs dévaluations de la monnaie du pays. A court terme, l'avantage qui résulte de la dévaluation est d'ailleurs, incontestablement, le rétablissement de la compétitivité perdue. L'UEM retire, en principe, à un pays la possibilité de jouer sur les taux de change des monnaies. L'industrie doit s'adapter aux situations, elle doit réussir par d'autres moyens. S'engager dans l'UEM c'est aussi s'engager sur la voie d'une politique économique dictée par la raison, une politique économique stricte. C'est dans l'intérêt de l'économie nationale et de l'industrie.

 

Le passage à la monnaie unique, l'Euro, s'est bien passé dans l'industrie finlandaise. Les grandes entreprises ont procédé aux restructurations nécessaires et sont prêtes à transférer toutes leurs activités en Euros. On craint que les petites entreprises ne surchargent les entreprises d'informatique à la fin de 2001. Les comparaisons internationales indiquent cependant que les entreprises finlandaises sont relativement bien préparées à faire face à l'échéance.


L'industrie prospère

La compétitivité des industries exportatrices finlandaises est bonne. Dans la papeterie et dans l'électronique, les perspectives sont jugées bonnes. Dans l'une et l'autre branche, les grands courants de la mondialisation se font sentir. Les entreprises finlandaises de la filière bois-papier, qui sont dans la catégorie "lourd" de la spécialité au niveau mondial, ont renforcé leurs positions, ces derniers temps, à la suite des rachats d'entreprises opérés aux Etats-Unis.

 

Infiltrée dans le monde entier, Nokia est une des plus intéressantes sociétés mondiales. En tout cas, si les cours de la bourse servent d'indicateur, cette entreprise est, incontestablement, le leader européen.

Dans le domaine de l'électronique et de la technologie de pointe, en général, la Finlande manque présentement de main-d'oeuvre qualifiée, à l'heure où le pays connaît aussi le chômage. La demande ne semble pas rencontrer l'offre de travail, laquelle demande de nouveaux savoir-faire.

En terme d'employabilité, parallèlement à l'industrie électronique et à la construction, la Finlande se fie de plus en plus aux services. Conformément à une orientation qui caractérise les pays nordiques, la Finlande se fie à elle-même. Il n'a pas été possible d'acheter le travail ailleurs et, en raison de la fiscalité élevée, les services n'ont pas décollé. Les services existants sont essentiellement liés à la production.

 

Un pays d'informatique

 L'exploitation de l'Internet en Finlande est au plus haut niveau mondial. Les activités basées sur l'Internet reposent sur une vigoureuse conviction, comme en témoignent les cours boursiers. Pourtant, comparé par exemple aux Etats-Unis, les applications commerciales sont restées relativement modestes en Finlande, jusqu'à maintenant. La nouvelle technologie a alimenté le rythme de croissance de l'industrie finlandaise. A certains moments de la seconde moitié des années 1990, la croissance a dépendu presque exclusivement d'elle. Sans cette croissance, la Finlande aurait ressenti les effets de deux petites récessions durant cette période.

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