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Max Payne

Economie > Nouvelles technologies
12-11-08
Auteur : Nicolas Benard
En pleine période de fêtes, nul doute que vos enfants vous emmèneront vadrouiller dans les boutiques de videogames à la recherche d’un shoot’em up ou du dernier jeu de course à la mode.  Le film Max Payne sort en France le 12 novembre 2008.

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Le film est l'adaptation du jeux vidéo qui a été développé par la compagnie finlandaise Remedy Entertainment en 2001.

Centré sur l'histoire de Max Payne, un policier new-yorkais déterminé à retrouver ceux qui ont brutalement assassiné sa famille et son partenaire. Après le succès de celui-ci en 2001, une suite viendra en 2003 Max Payne 2: The Fall of Max Payne.

La particularité de Max Payne fut de proposer une innovation tirée du cinéma qui n'avait été que rarement utilisée dans le jeu vidéo : le bullet time. Cet effet, intégré comme un composant du gameplay, permet de ralentir certaines actions donnant plus de temps au joueur pour mieux viser ou esquiver plus facilement.

Les studios finlandais

Fascinés par le réalisme de ces créations, savent-ils que certaines ont été conçues dans des studios finlandais ? Peu probable. Parlez-leur de Remedy, Bugbear et Housemarque, ils vous jetteront un œil perplexe.

Par contre, « Max Payne », « Alan Wake » et « FlatOut » - jeux parmi les plus tendance du moment – n’ont certainement aucun secret pour eux.

Une success story finlandaise


C’est un fait : la Finlande est en passe de devenir l’une des nations les plus novatrices en matière de jeux vidéo. Les entreprises locales (s’)investissent non seulement dans les classiques (jeux pour PC/Mac et consoles), mais dans des nouveaux marchés, notamment les jeux destinés aux téléphones portables.

Avec, pour ces derniers, un double allié de taille : les jeunes et… les transports en commun. Partout sur la planète, des millions d’usagers empruntent chaque jour trains, bus, métros et tramways pour se rendre sur leur lieu de travail. Une situation qui ne risque pas de changer. Si certains rechignent à transporter un ordinateur ou une console avec eux, tous - ou presque – possèdent un téléphone mobile. Et voilà autant de clients potentiels pour les entreprises qui ont su profiter de cette réalité sociale.

Exemple : les sociétés Sumea et Mr. Goodliving, toutes deux fondées en 1999. La première, dont le siège se trouve à Helsinki, est la branche « développement de jeux » de Digital Chocolate, un studio spécialisé dans les créations destinées aux téléphones portables.

A l’origine, l’entreprise ne compte que deux salariés. L’année suivante, ils sont quatre fois plus. Le succès de Sumea est lié à celui de la technologie Java capable de produire des logiciels sans architecture matérielle. Un concept révolutionnaire. Le public visé ? Des jeunes férus de nouvelles technologies ainsi que les usagers des transports en commun. C’est-à-dire, en gros, tout le monde. Assis sur son strapontin, le joueur peut aussi bien diriger une tornade (Tornado Mania) que construire une pyramide égyptienne (Pyramid Bloxx) ou endosser l’uniforme d’un pilote esseulé derrière les lignes ennemies (War Hero 1944).

Bref, une multitude de possibilités sont offertes à ceux que la lecture dans le RER rebute. Sumea, fort de ses succès, a obtenu des dizaines de récompenses mondiales depuis 2002.

Mr. Goodliving est, depuis 2005, une sous-division du géant américain RealNetworks, un éditeur de logiciels basé à Seattle et inventeur du RealAudio et du RealPlayer. Montant du rachat : 15 millions de dollars, payés en espèces !

L’objectif de cette association, selon Juha Ruskola, PDG de Mr. Goodliving, est « de continuer à créer des jeux mobiles parmi les plus populaires et d'offrir ces jeux à une audience mondiale élargie grâce au réseau de distribution de Real. Nous nous réjouissons à l'idée d'appliquer notre créativité et notre habileté technologique pour aider Real à devenir un leader dans un marché des jeux mobiles très dynamique et en constante évolution. »

A l’instar de son compatriote Sumea, Mr. Goodliving développe et publie des jeux destinés aux téléphones portables via une centaine de distributeurs et transporteurs de par le monde.

Par ailleurs, l’entreprise a développé Emerge, une plate-forme qui permet d'éditer de façon rapide et évolutive des jeux dans 200 combinés et 20 langues. L’objectif est de se distinguer dans un marché actuel ultra-concurrentiel, urbi et orbi. Surtout lorsque les concurrents locaux cherchent à innover pour se démarquer.

Fathammer s’est ainsi associé à Gizmondo, une console de jeux vidéo portable lancée en 2004. Le contrat porte sur le développement et le portage d’une dizaine de titres. Last but not least, Ironstar a mis au point un nouveau concept, le MoiPal. Il s’agit d’un « ami » virtuel que l’on créé sur Internet et dont on dirige la vie via son téléphone portable. Entre le tamagoshi - souvenez-vous, ces animaux virtuels made in Japan - et Facebook - le nouveau concept de communauté d’amis en pleine explosion sur le Net. Pour attirer un public jeune (et consommateur), les têtes pensantes d’Ironstar ont eu la bonne idée de s’associer à Warner Music.

Max Payne 


Depuis une dizaine d’années, plusieurs sociétés se sont fait une place au soleil dans le monde impitoyable des consoles de jeux. La plus ancienne, Remedy Entertainment, a vu le jour en 1995.

Le siège de ce studio de développement est installé à Espoo, quelques kilométres d’Helsinki. Une trentaine de salariés a contribué à l’élaboration de Max Payne 1 et 2 dont le succès a retenti partout dans le monde.

Edité en 2001 dans sa première mouture, Max Payne est un jeu vidéo de type « shoot’em up à tir objectif » (ou jeu de tir à la troisième personne). Le personnage est vu de manière externe, avec une vision cinéma. Point fort du jeu : une disponibilité sur la plupart des consoles et sur PC/Mac.

L’originalité réside quant à elle dans un effet inspiré du cinéma, le bullet time, effet qui permet de ralentir certaines actions et d’effectuer des mouvements impossibles à faire en temps réel. L’influence du cinéma made in Hong Kong est palpable, ainsi que celle du roman noir américain. De quoi donner une touche universelle au projet. Assumant ses origines, Max Payne baigne aussi dans la mythologie nordique.

Les références sont nombreuses. La boîte de nuit s’appelle le Ragna Rock (le ragnarök est la bataille de la fin du monde pour les anciens Scandinaves) tandis que plusieurs personnages portent le patronyme de divinités nordiques. Le dernier bébé de Remedy, Alan Wake, est lui décrit comme un « thriller d’action psychologique ». Il sortira prochainement sur PC (Windows Vista) et Xbox 360.


L’un des principaux concurrents de Remedy, du moins en Finlande, est Housemarque. Ce studio, fondé en 1995, est le résultat de la fusion de deux entreprises, Terramarque et Bloodhouse.

Huit jeux sont sortis des cerveaux de la société finlandaise, principalement sur PC. En 2007, Housemarque a changé son fusil d’épaule en se tournant vers la nouvelle génération de jeux en ligne pour PlayStation Network et Xbox Live Arcade. De son côté, Bugbear Entertainment a vu le jour en mars 2000. Cette PME compte aujourd’hui 40 salariés. Sa spécialité : la course de véhicules (voitures, camions, etc.) A l’instar de Remedy, ses sept créations sont toutes devenues des succès commerciaux. Sorti en 2001, Rally Trophy (PC) est immédiatement encensé par la critique. FlatOut et FlatOut 2 (Playstation 2, Xbox et PC), édités en 2004 et 2006, se sont vendus à  2,7 millions d’exemplaires dans le monde, avec une bande-son très punk/hard-rock. Sa dernière réalisation en date, Sega Rally Revo, est destinée aux consoles PSP.


Le dynamisme et le succès de ces entreprises révèlent un état d’esprit avant-gardiste et des politiques publiques idoines. Ainsi, depuis le début des années 2000, le Tekes (l’agence finlandaise pour l’innovation technologique) investit massivement dans un secteur en pleine croissance.

En comparaison, l’investissement public dans les jeux vidéo est quatre fois plus important en Finlande que dans le reste de l’Union européenne. En 2007, l’agence a versé aux entreprises finlandaises, via le programme technologique Verso (Vertical Software Solutions), la coquette somme de six millions d’euros.

Un investissement tout à fait justifié quand on sait que l’industrie des jeux vidéo génère 17 milliards d’euros de bénéfices dans le monde chaque année. La Finlande a aussi compris l’intérêt de soutenir une industrie à vocation internationale, le marché local étant de toute manière trop exigu. L’état est donc conscient de la nécessité d’encourager le développement d’une industrie où les jeunes sont à la fois en amont (les créateurs) et en aval (les consommateurs).

Il est donc possible, en Finlande, d’étudier dans différentes facultés les technique propres à la conception de jeux vidéo. Le pragmatisme à la sauce nordique.

Liens

Remedy : www.remedygames.com/Site du jeu « Alan Wake » : www.alanwake.com/Thème musical de Max Payne : www.youtube.com/watch: www.bugbear.fi/Site du jeu « FlatOut » : www.flatoutgame.com/Housemarque : www.housemarque.com/Fathammer : www.fathammer.com/Sumea : www.sumea.com/Mr. Goodliving : www.mrgoodliving.com/homeIronstar : www.ironstarhelsinki.com/MoiPal : www.moipal.com/index.jsp

 

 
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