La situation économique avait été incertaine en 2005 (croissance : +2,9 %, en tenant compte d’une révision du système des comptes nationaux), en raison notamment de la grève dans le secteur forestier, mais aussi d’une conjoncture internationale décevante, particulièrement dans la zone euro. Toutefois, la fin de l’année avait bénéficié d’une embellie, qui se poursuit et s'amplifie en 2006.
2006, en Finlande, a bénéficié d’un environnement international positif : une croissance mondiale avoisinant, comme en 2004 et 2005, les 5 %, avec une décrue des cours du pétrole. Les Etats-Unis voient leur progression ralentir, mais celles de la Chine et de la Russie restent vives. La zone euro, en outre, se redresse quelque peu (+2,7 % pour l’année ? ; diminution du chômage), notamment l'Allemagne et l'Espagne.
S’agissant du PIB finlandais, faisant suite à des années contrastées (1,8 % en 2003, 3,7 % en 2004, 2,9 % en 2005), la hausse donnée (fin mars 2007) par le Ministère des Finances dépasse 5,5 % pour l'année 2006. Mais, la croissance devrait en 2007, pour de nombreuses raisons, redescendre à 3,1 %. | 2006, année prospère? |  |
La tenue robuste de la croissance en 2006, qui comporte un élément de "rattrapage" de la faiblesse de 2005, a été caractérisée par un comportement positif des diverses composantes de la demande. Et également par des avancées de la productivité, estimées à quelque 4 % ; la productivité finlandaise, une des meilleures dans l'Union européenne, surpassant celle des États-Unis. Joint à la modération salariale, cela a servi la compétitivité de l'économie nationale.
La demande extérieure a été satisfaisante, et l’on a enregistré de nets progrès par rapport à l’exercice précédent. Les exportations ont augmenté de quelque 10,7 % (et même plus vers la zone euro). Les importations ont enregistré dans le même temps une décélération de leur progression : + 5,4 % (estimations) contre 12,2 %.
Pour cette période, le surplus de la balance courante représente 5,9 % du PIB, en ligne avec les années précédentes (5,9 % en 2003, 7,7 % en 2004, 4,9 % en 2005). Il descendrait légèrement en 2007 (5,7 % : autour de 10 milliards d'euros).
Du côté de la demande intérieure, le moral des ménages a été soutenu, grâce à une petite réduction du chômage, une légère amélioration du pouvoir d'achat, et à la baisse des impôts. Aidée par le crédit, leur consommation s'établit à +3 % (contre 3,8 % en 2005 ; prévisions pour 2007 : + 2,7 %, et pour 2008 : 2,2 % ; les ménages étant de plus en plus endettés). La consommation du secteur public, elle, n’a crû que de 0,9 % (rigueur budgétaire). L'investissement a connu une relative reprise (5,1 %, contre 3,7 % en 2005) : l'investissement privé (5,6 %), qui comprend la construction d’habitations et la modernisation des machines, se gonflant ; celui du secteur public se révélant en revanche plus modeste : 1,8% . Une certaine prudence semble prévaloir pour 2007 (+ 4,2 %).
Au total, le PIB devrait enregistrer une augmentation substantielle en 2006 : +5,5 %, au moins. Pour 2007, les incertitudes internationales rendent toute prévision délicate, et un léger attentisme règne actuellement. On envisage une croissance de 3,1 %. On tient compte d'un bon départ en début d'année, mais aussi d'un ralentissement de la productivité, des fluctuations de l'industrie électronique finlandaise, de la "maturité" du cycle des affaires et des goulets d'étranglement sectoriels en matière de main d'œuvre (qui peuvent ralentir le secteur des services, par exemple).
Le taux d'emploi, comme en 2005, s’est relevé en 2006, autour de 68,9 %. Le nombre de personnes au travail a progressé de 25 000 entre février 2006 et février 2007. L'offre de main d'œuvre a continué de croître. Le taux de chômage, à 8,4 % en 2005, a régressé jusqu'à 7,7 % Le mouvement devrait se poursuivre en 2007 (chômage : 7,1 % ? taux d’emploi : 69,4 % ?), les embauches se développant dans les services et la construction. La pénurie de main d'œuvre qualifiée persistera dans plusieurs branches (les emplois non pourvus augmentent) ; le sous-emploi frappera certains secteurs (industrie, agriculture) plus que d'autres (services) et les régions périphériques plus que le Sud.
À noter que la baisse générale du chômage n'a pas empêché quelques licenciements spectaculaires. Ainsi, les fabricants sous contrat et les sous-traitants de la téléphonie mobile ont réduit sensiblement leurs effectifs face à un durcissement de la concurrence mondiale. Les sociétés Perlos (boitiers de téléphones mobiles) et Elcotecq, sous-traitants de Nokia, ont quitté entièrement le pays en 2006-2007, provoquant dans leurs régions d'implantation de graves perturbations. Par ailleurs des "coupes" d'effectifs et du chômage sont prévus dans l'industrie forestière et le papier. N’oublions pas, en outre, que 3,5 % de la force de travail bénéficie de programmes de formation ou d’emplois subventionnés.
Conséquence de ces évolutions, les pressions inflationnistes ont été modérées, malgré la hausse des prix des logements, et grâce aux effets de la concurrence (services) et aux importations croissantes en provenance des pays à faibles coûts de production. L'indice des prix à la consommation a augmenté de 1,6 % seulement en 2006 (0,9 % en 2005). L'ascension de l'euro a eu, dans ce domaine, des effets positifs ; tout comme la modération des augmentations de salaires. 2007 devrait voir pour diverses raisons une hausse des prix légèrement plus faible (1,3 %).
En 2006, la politique budgétaire a été relativement restrictive, malgré des baisses d’impôt (qui, pour le contribuable, ont été partiellement compensées par des hausses de taxes locales et de certaines contributions sociales). Le surplus budgétaire des administrations centrales a dépassé 1,8 milliard d'euros. Le déficit des collectivités locales a été réduit, au moment où la Sécurité sociale enregistrait un excédent de 5,2 milliards.
La pression fiscale a atteint 43,3 % du PIB (43,9 % en 2005) et devrait baisser un peu en 2007 (42,9 %). La dépense publique s’établit autour de 48,6 % du PIB. Le ratio de la dette publique a diminué de plus d’un point entre 2005 (41,4 % du PIB) et 2006 (39,1 %). L’excédent des dépenses publiques (au sens de l’UE) reste très honorable : 3,8 % en 2006 contre 2,5 % en 2005 (la meilleure performance dans la zone euro). On s'attend à 3,6 % pour 2007. | Les réformes en attente ? |  |
S’agissant des réformes structurelles, 2005 avait vu la Finlande adopter une importante réforme des pensions, bénéficiant d’un large consensus. Cette réforme, inspirée par l'évolution démographique, devrait contribuer à allonger la vie professionnelle de deux-trois ans, en améliorant les incitations à travailler plus longtemps, surtout grâce à des taux plus élevés d’accumulation des droits pour les travailleurs âgés (63-67 ans) et au déplafonnement du montant maximal de la pension.
Dans son « Étude » de 2006, l’OCDE recommande aux autorités de promouvoir d'autres réformes, en vue de stimuler la compétitivité économique. Il s'agirait de veiller à l’accroissement de la productivité (notamment du secteur public), de tirer les conséquences de la réforme des pensions en luttant contre les préretraites et l’abus des pensions d’invalidité précoces. Mais aussi de restructurer l’enseignement supérieur en réduisant la durée des études, de promouvoir une plus grande flexibilité du travail (notamment par le biais des négociations salariales tripartites) et de réformer la réglementation de l’aide au logement social.
Avec la perspective des élections législatives se rapprochant, il n'a pas été possible de mettre ces recommandations en œuvre en 2006, ni d'ouvrir de nouveaux chantiers. Il faudra attendre les décisions de la nouvelle équipe gouvernementale -de centre-droit-, à partir d'avril 2007 pour connaître les choix retenus par les dirigeants finlandais. |