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Comment sortir de la crise?

Economie > Politique économique
31-03-10
Auteur : Info-finlande
Heureuse Norvège. Elle est sortie de la crise avant même d’y être vraiment entrée. On ne peut pas en dire autant de ses chers voisins nordiques. Olivier Truc, journaliste, spécialiste des Pays noriques et Baltes nous dresse le bilan.

Heureuse Norvège. Elle est sortie de la crise avant même d’y être vraiment entrée. On ne peut pas en dire autant de ses chers voisins nordiques.

Même s’il est politiquement incorrect, le pétrole fait encore le bonheur des Norvégiens. Il y a un an tout juste, le premier ministre travailliste norvégien Jens Stoltenberg avait annoncé qu’il allait utiliser plus d’argent du Fonds du pétrole que d’habitude pour combler le déficit budgétaire et atténuer les effets de la crise.

En 2009, le gouvernement norvégien s’est ainsi permis une rallonge de 4 milliards d’euros supplémentaires par rapport au rendement réel du Fonds du pétrole, où est placé l’excédent des recettes des hydrocarbures. La croissance réelle des dépenses publiques, qui devait être de 3,25% entre 2008 et 2009, a ainsi été portée à 6,5%. La crise est ainsi passée quasiment inaperçue.

De leur côté, Finlandais, Danois et même Suédois courbent encore le dos. Même ces bons élèves traditionnels de l’Union Européenne doivent se serrer la ceinture et revoir à nouveau les piliers de leur état-providence, avec déficits publics, chômage en hausse, exportations en berne. Le Danemark, qui a renouvelé une partie de son gouvernement en février en a profité pour annoncer une cure d’amaigrissement.

Le modèle de flexicurité du marché du travail, qui a fait la notoriété du Danemark depuis une décennie, est pour la première fois exposé à une crise. Depuis la mi-2008, le taux de chômage est passé de 1,7 à 4,2%. Le modèle danois n’arrive pas à gérer de façon satisfaisante le chômage des jeunes, souci principal des communes qui depuis une réforme entrée en vigueur le 1er août, sont en charge des politiques de l’emploi et doivent donc trouver stages, formations ou emplois pour les chômeurs. Comme en Norvège, le chômage danois reste encore relativement bas et la situation de crise n’est pas aussi aigue qu’en Finlande ou en Suède, mais cela n’empêche pas que le gouvernement veut quand même réduire son déficit public de trois milliards d’euros, preuve qu’il ne veut pas se laisser emporter par la facilité.

A l’occasion de son remaniement ministériel, le premier ministre danois a aussi présenté sa vision du pays à l’horizon 2020, qui devrait permettre au Danemark d’être l’un des dix pays les plus riches au monde (28e aujourd’hui selon le classement 2008 par Pib de la Banque mondiale), d’avoir une université qui compte parmi les dix meilleures d’Europe, ou encore d’avoir l’une des espérances de vie parmi les plus élevées au monde (le Danemark est aujourd’hui classé 31e).

Danemark, Finlande et Suède ont des modèles économiques qui reposent largement sur les exportations. Tant que la crise mondiale sévit, ces secteurs exportateurs souffrent. En Finlande, la crise des dockers n’a bien sûr rien arrangé.

Dans ces pays pourtant, la confiance des ménages est supérieure à celle des industries comme si le fossé se creusait de plus en plus entre ces multinationales et la population. Ce qui, d’une certaine façon, n’est pas faux non plus, puisque ces multinationales emploient de moins en moins de salariés, que ce soit en Finlande ou en Suède par exemple, deux pays dont les économies sont très proches.

La Finlande est celui qui a le plus long voyage à faire car son taux de chômage est resté élevé, à 8,2%, même s’il faut se rappeler à quel point la Finlande revient de loin, après avoir traversé une crise telle au début des années 1990 qu’aucun de ses voisins scandinaves n’a endurée. Le sérieux avec lequel les Finlandais ont remonté la pente a souvent fait l’admiration des autres Européens. Mais comme l’a rappelé récemment le ministère des finances, la Finlande devra relever ses impôts et diminuer à nouveau ses dépenses publiques pour sortir ses finances publiques de "l'impasse" dans laquelle l'a conduite la crise économique.

Les pays nordiques ont encore beaucoup en commun. Ils partagent notamment une approche sérieuse des finances publiques. Et il y a fort à parier que les déficits publics de ces derniers mois seront réparés au plus vite.

Il y a plus inquiétant. Le durcissement de l’attitude des Finlandais sur les questions liées à l’immigration – surtout quand on sait le faible nombre d’étrangers dans le pays et le défi posé par le vieillissement de la population – est un signe que la cohésion du pays est fragilisée par la crise. Il faudra voir si cette attitude se maintient lors des élections législatives de 2011.

Il est probable que l’on verra la même tendance lors des élections en Suède cet automne, avec une extrême-droite qui risque de faire son entrée au parlement, et qui prospère toujours au Danemark.

 

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