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Agriculture (2005)

Economie > Agriculture
26-07-06
Auteur : Jacques Mer
par Monsieur Jacque Mer, ancien ambassadeur de France, Docteur ès sciences économiques.  Photo : Tero Pajukallio  
Les conditions de la production

La production

En 2005, la part de l'agriculture (hors sylviculture), de la pêche et de la chasse dans le PIB finlandais ne dépassait pas 1,1 %, ayant régressé fortement dans les dernières décennies (elle était de plus de 5,5 % en 1976). Toutefois de nombreuses activités lui sont liées en amont et en aval, l'importance de la chaîne alimentaire totale dans l'économie est loin d'être négligeable, et les dépenses alimentaires représentent environ 13 % de la consommation des ménages.

Les conditions naturelles limitent fortement les activités agricoles. Elles entraînent des coûts élevés et, pour la plupart des denrées, les producteurs ne sont pas en mesure de soutenir la concurrence de concurrents bénéficiant de conditions meilleures. Aussi bien ce secteur a-t-il de longue date reçu des aides substantielles de la part des pouvoirs publics. L'entrée du pays dans l'Union européenne, à partir de 1995, a modifié en profondeur les données du problème et les modalités des soutiens. La politique de l'Union pour ce secteur ayant évolué sensiblement dans les dernières années (en fonction, notamment, des récents « élargissements »), le monde agricole finlandais est actuellement traversé d'inquiétudes sur son avenir.  

Les conditions de la production


* Les données naturelles

L'agriculture doit faire face à de grands défis imposés par la nature.
Ceux-ci sont d'abord d'ordre climatique. Le pays est situé entre les 60ème et 70ème degrés de latitude nord. Certes l'influence du Gulf Stream se fait sentir (la température est supérieure de 3 à 4 degrés à ce que la latitude autoriserait). Mais la durée de la croissance végétale, si elle atteint 170 jours dans le sud, ne dépasse pas 100 jours au nord (où la durée du jour l'été est plus longue il est vrai), et limite les types de cultures possibles et leur rendement. Ainsi le blé et les oléagineux ne peuvent être produits qu'au sud, et dans de nombreuses régions seul l'élevage est concevable.

Il existe aussi des contraintes de nature topographique. Des étendues importantes sont occupées par des lacs. En bref, sur une superficie totale de 33,8 millions d'hectares, cours d'eau, lacs et étangs en occupant 3,4 millions, la part des forêts et autres terres boisées est de 78 % -soit 26,3 millions d'ha- et celle des terres cultivables de 8 % (2,6 millions d'ha).

* Les données humaines

La population employée dans l'agriculture est d'environ 5 %, ce qui peut sembler élevé en regard de la part du secteur dans le PIB. Mais, nombre d'agriculteurs ont des activités annexes et, au total, seulement la moitié des revenus des ménages d'agriculteurs provient des activités proprement agricoles.

La propriété privée est la règle et repose essentiellement sur
l'exploitation familiale. Les exploitations de taille modeste dominent. Le nombre total des unités en activité dépassant un hectare était en 2005 de 69 517 (2,27 millions d'ha, soit une taille moyenne de 33,3 ha). De très nombreuses unités comportent, outre les terres cultivables, des surfaces consacrées à la forêt (environ 50 ha en moyenne par unité).

* Les données techniques

Au cours des années soixante et soixante-dix, la spécialisation du secteur s'est accélérée. Elle est allée de pair avec une forte mécanisation. En 1998, on dénombrait 183 000 tracteurs et 39 000 moissonneuses-batteuses.
En raison du climat, l'utilisation massive d'engrais est inopérante, et
celle des pesticides est réduite.

* Les contraintes écologiques

Elles jouent un rôle grandissant. L'objectif est d'exploiter les terres dans le respect des conditions naturelles afin de préserver le potentiel de production dans l'avenir. On doit éviter l'érosion du sol et la perte d'éléments nutritifs, réduire l'usage de pesticides (qui a connu une baisse spectaculaire depuis 1980), combattre la pollution due au recours aux engrais, etc. À cette fin est mise en œuvre une gamme étendue de moyens : lois, règlements, incitations et primes, taxes écologiques, services de conseil. Enfin la protection des paysages est encouragée.

Depuis l'entrée dans l'Union européenne, les mesures en faveur de
l'environnement représentent une part croissante des aides au secteur.

* Les cultures végétales

Elles varient selon les régions, en fonction du climat. Blé et oléagineux
sont cultivés seulement dans le sud, tandis que l'avoine, l'orge, les pommes de terre, les fourrages se rencontrent partout.

Les principales cultures sont les céréales, blé (801 000 tonnes en 2005) et seigle (32 000 t.) pour l'alimentation humaine surtout, orge (2,103 millions de t.) et avoine (1,073 million de t.) pour le bétail. On produit aussi des pommes de terre (743 000 t.), de la betterave à sucre (1,181 million de t.), et des fourrages. Depuis l'entrée dans l'U.E., les oléagineux régressent. L’apport des fruits et légumes n'est pas négligeable.

* L'élevage

Présent partout, il représente environ 70 % de la valeur de la production agricole.

La politique d'encouragement à l'élevage menée depuis la deuxième guerre mondiale, avec pour objectif l'autosuffisance du pays, avait débouché sur des excédents coûteux à gérer pour le Trésor et le consommateur. Aussi bien a-t-on ensuite mis en œuvre des mesures de limitation de certaines productions (quotas, etc.), tel le lait. Le nombre de bovins est ainsi passé de 1 922 000 en 1960 à 959 000 en 2005, tandis que la production de lait reculait (2.950 millions de litres en 1980, 2.293 en 2005) comme celle de viande de bœuf (118 000 tonnes en 1990, 87 000 en 2005). Par contre, s'adaptant à l'évolution de la consommation, la viande de volaille augmentait (de 33 000 tonnes à 87 000), celle de porc se maintenait (204 000 tonnes de viande pour 1 401 000 porcins).

La surproduction de certaines denrées a conduit les agriculteurs à diversifier leurs sources de revenus et à développer des activités jusque-là marginales : telles les cultures sous serre (légumes, fleurs), la pêche et l'aquaculture, l'élevage des chevaux, etc. Les populations de Laponie pratiquent l'élevage du renne.

Enfin les activités liées au tourisme (hébergement, restauration, sport à la ferme) se développent, même si elles sont saisonnières. L'Union européenne, avec le financement de "groupes d'action locale", par divers programmes, a, par ailleurs, favorisé en zone rurale le développement local et la création de petites entreprises d'artisanat, de services, etc.

 

 

 

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