| Un acteur au cœur de la politique culturelle locale |  |
Installé depuis 2003 dans une partie des locaux de l’ancienne câblerie de Nokia (Kaapelitehdas), un espace de 25000 m² entièrement réhabilité et aujourd’hui exclusivement dédié aux activités culturelles, le Centre culturel français de Helsinki se veut un espace de dialogue entre les cultures françaises et finlandaises.
C’est un lieu ouvert au public qui permet aux finlandais de venir se familiariser avec la culture française. Avec sa médiathèque constituée de plus de 15000 références accessibles, le Centre culturel français constitue le premier espace de ressources francophones en Finlande.
Il propose également toute une gamme de cours de français et de cours thématiques qui vont de l’histoire de l’art à la littérature en passant par les ateliers d’œnologie, de cuisine et de théâtre. A l’occasion, il devient le lieu d’exposition d’œuvres d’artistes français. Les finlandais ont ainsi pu découvrir à l’automne dernier vingt icônes du design français et parisien contemporain, dans la mouvance de Philippe Starck, lors de la traditionnelle semaine du design de Helsinki.
Le Centre culturel joue également un rôle moteur dans l’organisation de certains festivals. C’est le cas notamment de la Fête de la Francophonie (Frankofonia juhlii) dont la troisième édition, en 2007, a fait venir en Finlande des musiciens comme le chanteur franco-algérien Rachid Taha, le compositeur de musique éléctro Joakim ou encore le guitariste classique Thibault Cauvin. Ce fut aussi une occasion de présenter la diversité de la francophonie – un concept encore très méconnu en Finlande – à travers notamment plusieurs spectacles de théâtre, de contes et de musique animés par des troupes françaises, suisses et roumaines ainsi qu’à travers la projection de films consacrés au cinéma cambodgien et roumain.
Le Centre culturel français refuse cependant d’être uniquement une « maison de la culture » avec sa propre programmation en ses murs. Il se veut également un acteur à part entière de la vie culturelle finlandaise et coopère de façon étroite avec les acteurs locaux.
C’est en pénétrant les réseaux finlandais et en les incitant à programmer français que le Centre cherche à promouvoir et à rendre visible la diversité de la culture française: « Le rôle du Centre culturel s’inscrit aujourd’hui davantage dans un rôle d’incitation et d’impulsion en coopération étroite avec les professionnels locaux. On cherche à être au plus près des réseaux finlandais et à être à l’écoute de leurs besoins », affirme Pascal Hanse, directeur du Centre.
« On n’impose pas notre offre déjà déterminée mais on part d’abord des besoins des partenaires locaux et pour ça, il faut accepter de ne pas être tout le temps le maître du jeu », précise P. Hanse.
La majeure partie de l’activité du Centre consiste donc à tisser des partenariats avec les différents acteurs culturels locaux, comme la cinémathèque de Finlande avec laquelle le Centre organise des cycles consacrés au cinéma français – un cycle Isabelle Huppert est actuellement programmé par le cinéma Orion du 15 janvier au 14 mars 2008 – et les différents festivals de cinéma qui rythment la vie culturelle finlandaise tout au long de l’année.
Le Centre soutient notamment le festival de courts-métrages de Tampere au mois de Mars, le festival du Soleil de Minuit au mois de Juin en Laponie ou encore le festival Amour et Anarchie qui se déroule à Helsinki au mois de Septembre et dont la tête d’affiche de la dernière édition fut le film Persepolis adapté de la bande dessinée de l’auteure d’origine iranienne et d’expression francophone Marjane Satrapi. Le Centre culturel accompagne également les différentes initiatives locales présentant des artistes français, comme celle du Musée d’Art Moderne Emma, situé à Espoo, qui accueille en ce moment, après le Centre Pompidou, l’exposition de l’artiste Annette Messager. Un regard des finlandais sur la culture française en pleine transformation |  |
Avec l’adhésion à l’Union Européenne en 1995, la Finlande s’est plus largement ouverte sur les pays d’Europe, et les partenariats et collaborations entre professionnels de la culture de France et de Finlande se sont développés, de même que les échanges scientifiques et universitaires. La France se place ainsi en troisième position au niveau du nombre d’échanges universitaires après les partenaires traditionnels de la Finlande que sont la Suède et l’Allemagne. L’absence de passif et de conflit d’intérêt entre la France et la Finlande facilite le développement des coopérations et des échanges mais les deux pays doivent encore apprendre à se connaître.
Le regard que portent les finlandais sur la France est encore empreint des clichés traditionnels et la culture française est souvent perçue comme peu accessible. Cependant, constate Pascal Hanse, « on assiste à un éclatement progressif de ces clichés, avec des finlandais qui n’appréhendent plus la culture française de manière globale mais en fonction de leurs intérêts particuliers, ce qui rend la demande difficile à cerner ».
« En dehors des poids lourds de la chanson et du cinéma français, les secteurs particulièrement en vogue sont la musique contemporaine, avec un attrait pour les musiques électroniques ou le hip-hop, et tout ce qui tourne autour du Nouveau Cirque, un domaine dans lequel la France est très présente », souligne Pascal Hanse. Le festival du Nouveau Cirque (Cirko) qui en est à sa deuxième édition, constituera sûrement à l’avenir une bonne opportunité de faire venir des artistes français, dans un pays où l’offre étrangère, notamment en matière de théâtre et de spectacle vivant, est encore relativement faible, du fait de la situation géographique de la Finlande.
Les œuvres de création françaises doivent cependant compter avec la concurrence des autres cultures, et notamment de la culture anglo-saxonne qui domine largement les différents secteurs, et en particulier ceux de la production cinématographique, audiovisuelle et musicale. « Ce qui nous manque en Finlande, affirme Pascal Hanse, ce sont quelques grosses machines, quelques gros vecteurs qui soient davantage du côté de la culture populaire ». Ceci permettrait assurément d’atteindre un public plus large et de renforcer ainsi le poids de la France dans le paysage culturel finlandais.
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