| Quelques éléments biographiques |  |
Né au début des années 70 à Kemi, petite ville industrielle et côtière, de 20 000 habitants, du Nord-Ouest de la Finlande (non loin du Cercle Polaire et de la Suède), Jori Hulkkonen est vite persuadé qu’il ne suivra pas la voie traditionnelle… Profondément marqué par le contexte géopolitique régional (incident du missile d’Inari à 400 km de là, catastrophe de Tchernobyl,…), il trouve alors un échappatoire dans l’esthétique musical des années 80. Ses goûts éclectiques vont de la new-wave, à la synthpop (« kone pop », littéralement « pop de machine ») en passant par les nouveaux romantiques, ou encore le bon vieux pop-rock finlandais. Ses goûts l’attirent vers des sonorités synthétiques, distantes, froides, sombres, mais qui développent néanmoins des harmonies nuancées. Ces influences musicales de jeunesse vont indéniablement constituer la pierre angulaire de son travail musical. Il a encore aujourd’hui plaisir à manipuler lors de sets DJ « sur mesure », comme celui qu’il a réservé fin juin à un auditoire éclectique à l’Ambassade de Finlande à Paris à l’occasion de la fête de la St Jean. Ce n’est que plus tard qu’il redécouvre avec bonheur la musique noire, dans toute son ampleur (du reggae à la soul, en passant par la disco ou encore le funk). En matière de musiques électroniques cependant, il avoue volontiers avoir été émerveillé par les travaux de Stockhausen, véritable pionnier de la musique électronique.
Lorsqu’il entend à la radio suédoise les premiers morceaux de techno de Detroit et de housemusic au milieu des années 80, c’est la révélation. Il se lance alors dans de longues recherches sur les créateurs de ces nouveaux courants et leur manière de travailler. Internet n’existant pas à l’époque, c’est en bibliothèque (en Finlande, mais surtout en Suède où le mouvement émergeant de la techno était alors plus important) et dans des revues britanniques, « DJ Magazine » et surtout « Select », dédié aux nouvelles cultures populaires, qu’il découvre les scènes de Détroit et de Chicago, entre autres. Enfin, en 1988, il se procure son premier sampler, une boite à rythme bas de gamme et se met au travail.
En 1993, avec le producteur Ari Ruokamo, il crée le label LUMI Records sur lequel il sort son premier disque (un format 12’’, pour clubs et boites de nuit), « Under Northern Ground ». S’en suivront deux autres disques, puis le label est abandonné – au profit de la création musicale. Après d’autres productions 12’’, il désire passer au format album traditionnel ; c’est le label F-Communications (créé par le très fameux DJ français Laurent Garnier) qui lui donnera cette opportunité. Son premier album, « Selkäsaari Tracks », sort en 1996.
Dans le même temps, il est devenu un des DJs les plus connus au monde (capable d’enchaîner les prestations sur les cinq continents en l’espace de quelques jours, il a deux résidences au « Club Indigo » d’Istanbul et au « Club Rosegarden » de Helsinki.) et multiplie productions, collaborations, remixes et autres projets sous pseudo.
Occasionnellement journaliste avec une chronique sur l’industrie du disque dans un quotidien national, il anime aussi depuis 7 ans une émission sur les musiques électroniques sur YleX, antenne radio nationale parmi les plus dynamiques en Finlande. | Une démarche et un parcours multiple |  |
Au départ, Jori Hulkkonen a cherché à prouver que la techno n’était pas exclusivement réservée aux grandes métropoles. Ainsi, avec ses comparses, est née une techno spécifiquement finlandaise, aisément identifiable et qui, pionnière, faisait le tour du monde parmi les clubbers et amateurs de musiques électroniques. « En gros, nous ne venions de nulle part et prouvions aux gens que la techno et la house n’étaient en aucun cas des musiques de grandes villes. »
Curieux de tout, enthousiaste et courageux, Jori n’hésite pas à changer régulièrement l’équipement complet de son studio, pour se lancer de nouveaux défis techniques, et évidemment artistiques. Plutôt « cavalier solitaire », il avoue volontiers suivre l’idée romantique selon laquelle la création ne peut se faire que seul : « il m’a toujours été impossible de m’imaginer travailler dans un groupe, trop de compromis. M’asseoir seul dans un studio avec tous mes « outils » à portée de main me permet de pousser toujours plus loin. Et puis, il y a toujours ce sentiment de fierté d’avoir tout fait seul du début à la fin ! ». Ce qui n’empêche en rien de nombreuses collaborations avec des artistes confirmés (22 Pistepirkko, Step Time Orchestra...), mais aussi la scène électroacoustique émergente (le guitariste prodige suédois José Gonzales, qui s’est produit cette année au Café de la Danse ou le jeune groupe finlandais Itäväylä, programmé aux dernières Transmusicales de Rennes en sont des exemples représentatifs). Jori ne compte pas non plus poursuivre indéfiniment son activité de DJ et envisage sérieusement de développer ses autres activités, notamment si elles peuvent aider à la connaissance et à la diffusion des artistes nordiques (qu’il introduit déjà dans ses mixes), encore trop méconnus.
Il est essentiel pour Jori que chacune de ses productions soit absolument distincte des précédentes : « le format album permet de se laisser aller, il donne cette liberté que ne possèdent pas les titres maxi ou autres LP et EP en techno. Ce que j’aime, c’est créer un album qui commence quelque part, passe par des chemins détournés, et fini ailleurs ». Il ne lit d’ailleurs pas non plus le solfège, qu’à cela ne tienne ! Ainsi sur son dernier album, Dualizm sorti en mai 2005, il joue du piano à l’oreille (!) avec sensibilité et douceur. « Le fait que je n’ai eu aucune éducation musicale a constitué un réel avantage, je n’ai cessé d’apprendre ».
Cet album, de loin son projet le plus ambitieux, est la véritable quintessence de ce personnage aux multiples facettes. Constellé de ses influences de jeunesse, mais aussi fruit de nombreuses collaborations (John Foxx, les finlandais Nick Triani et Jerry Valuri ou encore José Gonzales cité plus haut), Dualizm enchaîne des titres aux constructions mélodiques riches et très variées. L’ensemble possède une coloration indéniablement années 80, avec une finition électronique impeccable et très actuelle. Les influences new-wave, disco, pop-rock (Depeche Mode, New Order, The Smiths,…) et « électronisantes » (une voix qui n’est pas sans rappeler celle de Tarwater sur certains morceaux) sont parfaitement « digérées » et teintées de la patte de son créateur. « Pour cet album, j’ai souhaité rendre hommage à ma façon aux « chanteurs à texte » (sing-a-song writers) ». Un parti pris qui s’éloigne de l’image que l’on se fait habituellement d’une figure de proue de la scène techno mondiale…
Aujourd’hui, Jori Hulkkonen vit à Turku, deuxième ville de Finlande, après un essai infructueux à Helsinki, bien trop grande à son goût ! | Discographie sélective |  |
Albums (hors autres formats : 12’’, maxis, remixes,…) de Jori Hulkkonen :
Dualizm (F communications, 2005)
Different (F communications, 2002)
When No One Is Watching, We Are Invisible (F communications, 2000)
The Spirits Inside Me (F communications, 1998)
Selkäsaari Tracks (F communications,1996)
Albums produits par Jori Hulkkonen :
22-Pistepirkko, Rally of Love (Playground Music, 2001
RinneRadio, Nao (ZEN Garden, 2001)
Jonny Bro, Superstar EP (HAWAII SOUNDS, 2000) | Actualités |  |
En France :
15 juillet 2005 : Studio 88 (Aix en Provence, France)
A l’étranger
9 juillet 2005 : Loft (Barcelone, Espagne)
14 juillet 2005 : Aula Bar / Ydintalvipuutarha (Turku, Finlande)
21 juillet 2005 : Aula Bar / Ydintalvipuutarha (Turku, Finlande)
23 juillet 2005 : Asituna Rock (Cordoba, Espagne)
28 juillet 2005 : Aula Bar / Ydintalvipuutarha (Turku, Finlande)
30 juillet 2005 : Festival "Rock It" (Utrecht, Hollande)
5 août 2005 : Uuden Musiikin Festivaali (Festival des nouvelles musiques) (Turku, Finlande)
Informations :
Son site Internet : www.jorihulkkonen.com
Le label, F-Com : www.fcom.fr/
La radio : www.yle.fi/ylex/
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