Le lancement de cette formation professionnelle dans le domaine de la danse s'est accompagné, à partir des années 1990, d'un vigoureux accroissement du nombre des représentations de spectacles de danse et de leurs spectateurs. En Finlande, un peu moins d'un demi million de spectateurs ont ainsi pu assister à près de 2500 représentations de danse données par des artistes du pays. Le nombre des nouvelles premières s'est stabilisé à environ 150 oeuvres par an. De plus en plus souvent, les chorégraphes et leurs troupes se produisent aussi à l'étranger. En 2000, 25 troupes de danse finlandaises et leurs chorégraphes ont effectué des tournées dans 30 pays, durant l'année 2000.
Le vigoureux essor que la danse finlandaise a connu au cours de ces dernières décennies, dissimule en fait une longue évolution historique, mais celle-ci fut ténue et intermittente. La situation géographique de la Finlande, à la frontière entre l'Est et l'Ouest, a cependant été favorable à la danse; on y trouve les mêmes courants artistiques qui ont commandé l'évolution internationale de la danse. La présence intense et le sens du drame des danseurs sont, avec la conception du son et de la lumière, les caractéristiques dominantes de la nouvelle danse finlandaise.
Le Ballet national de Finlande
Avec l'enthousiasme suscité par les visites de troupes de danse étrangères, les premières décennies du 20ième siècle pavèrent la voie de l'art de la danse en Finlande,. Entre 1906 et 1917, les danseurs de ballet russes effectuèrent une dizaine de visites à Helsinki. Au printemps de 1908, Isadora Duncan se produisit à Helsinki, où les intellectuels lui réservèrent un bon accueil. Les premiers danseurs finlandais Maggie Gripenberg et Toivo Niskanen firent leurs débuts dans leurs propres concerts de danse, en 1911. L'automne de 1921 fut marqué par la naissance, du (EI: Corps) Ballet de l'Opéra de Finlande; sa première production fut la version intégrale du Lac des cygnes, en janvier 1922. La naissance du ballet doit largement à Edvard Fazer, alors Directeur de l'Opéra de Finlande. Avant d'assumer cette fonction, celui-ci avait dirigé le Bureau des concerts, à Helsinki, et de cette époque Fazer entretenait de bonnes relations avec la Russie et le ballet du Théâtre Marinski. Une troupe formée des danseurs du Marinski, dans les rangs desquels figurait (POIS notamment) la prima ballerina Anna Pavlova, effectua en 1908-1910, sous la direction de Fazer, des tournées dans les Pays Nordiques et dans le centre de l'Europe. Les influences russes se firent également sentir dans le répertoire du ballet finlandais. Durant ses quarante premières années d'existence (1922-1962), ses maîtres de ballet furent, alternativement, George Gé et Alexandre Saxelin; le premier avait fait ses classes à Saint-Pétersbourg, sous la direction de Nicolas Legat, le second était diplômé de l'Ecole impériale de ballet. Le répertoire du ballet se composait d'oeuvres de Marius Petitpa et de Lev Ivanov, ainsi que de versions russes du ballet romantique, que Saxelin et Gé adaptèrent aux besoins du petit corps de ballet. On vit aussi à Helsinki plusieurs versions finlandaises d'oeuvres qui avaient été inscrites au répertoire des Ballets russes. “La Perle bleue”, premier ballet finlandais faisant toute une soirée fut représenté en 1931, avec une chorégraphie de George Gé et sur une musique d'Erkki Melartin. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'évolution de l'art de la danse fut marquée par un regain d'intérêt pour le ballet et par le renforcement du savoir-faire professionnel, grâce aux pédagogues soviétiques du ballet qui furent invités à l'Opéra national. Le répertoire du ballet faisait place à de nouveaux ballets soviétiques et des étoiles du ballet russe vinrent se produire. Les liens du ballet finlandais avec le ballet russe sont restés étroits jusqu'aux années 1990. Il noua également des liens à l'Ouest. Ainsi, la Suédoise Birgit Cullberg vint en visite en Finlande, en 1952, pour y faire des chorégraphies; la même année, le ballet représenta aussi son drame de ballet moderne, intitulé “Mademoiselle Julie”. Dans les répertoires des années 1950, les chorégraphies finlandaises commencèrent aussi à se généraliser.
L'arrivée de l'expression moderne sur la scène du ballet
“Kaiku” (L'Echo), de Carolyn Carlson (1976), ouvrit la voie à l'expression moderne de la danse sur la scène du Ballet national de Finlande. L'autre oeuvre majeure était “Seitsemän Veljestä” (Les sept frères (1980) de Marjo Kuusela. Le récit inspiré de l'oeuvre littéraire d'Aleksis Kivi, est devenu un classique du ballet finlandais contemporain, qui connut également la réussite à l'étranger. L'oeuvre de Kuusela vit le jour durant la période où Gradimir Pankov fut directeur du ballet. Pankov diversifia le répertoire, travail poursuivi sous la direction de Doris Laine (1984-1992). Dans les années 1980, le répertoire s'enrichit notamment d'oeuvres de Jiri Kylian, Mats Ek, Robert North et Rudi van Dantzig. Et c'est en 1984 que l'on put voir, en Finlande, le ballet de Balanchine. Sous Jorma Uotinen, directeur du ballet de 1992 à 2001, les liens avec le ballet russe se distendirent et le répertoire fit place à plusieurs interprétations de ballets classiques célèbres, réalisées pour l'Opéra de Paris. Il s'agissait notamment d'une interprétation du Lac des cygnes, par Vladimir Bourmeister, et des versions de Casse-noisettes et de La Belle au bois dormant, dues à Rudolf Noureïev. Sylvie Guillem réalisa pour le ballet sa propre version de Giselle (2000). Uotinen lui-même se saisit à bras-le-corps de plusieurs thèmes du ballet finlandais et poursuivit les nouvelles interprétations de thèmes fameux comme Petrouchka. La Danoise Dinna Bjørn succède en 2001 à Uotinen à la direction du Ballet.
| Voie du professionnalisme |  |
La danse moderne, que l'on a appelé en Finlande la danse libre, connut son épanouissement durant les années 1920, 1930 et 1940; cette période fut marquée par la création de nombreuses écoles de danse. Les influences vinrent d'Allemagne, où un certain nombre de danseurs Finlandais étudièrent et travaillèrent, dans les années 1920 et 1930. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les liens des représentants de la danse libre avec l'Allemagne s'affaiblirent et cette orientation fut affectée par l'amateurisme qui le caractérisait.
Dans les années 1960, la danse libre bénéficia d'un nouvel élan; la danse finlandaise s'enrichit alors des formes de la danse moderne américaine et de la jazz dance . La représentante la plus dynamique de la danse moderne fut Riitta Vainio, qui avait étudié aux Etats-Unis. Au début des années 1960, ses chorégraphies étaient l'illustration même de la danse de concert moderne; mais, à la fin de la décennie, Vainio expérimenta avec le théâtre de la danse visuelle et l'improvisation. Par le biais du ballet, l'univers finlandais de la danse était rattaché à l'Est, par la danse moderne à l'Ouest.
La danse consolide ses positions
L'évolution qui conduisit la danse moderne sur la voie du professionnalisme débuta dans les années 1970. Les premiers troupes professionnelles à exercer leur art en-dehors du ballet de l'opéra, virent alors le jour; la plus importante d'entre elles, le Théâtre de la Danse Raatikko, fut créé en 1972. La danse avait besoin d'un nouveau public; des représentations furent données un peu partout en Finlande. La percée la plus magistrale fut réalisée par Marjo Kuusela, au Théâtre Raatikko, dont bon nombre d'oeuvres s'inspiraient de classiques de la littérature finlandaise. Les thèmes familiers suscitèrent des interprétations dansées originales, marquées par la vigueur de leur expression; elle reflétait une prise de position sociale claire, voire politique. Raatikko se produisit également à l'étranger, réussissant notamment en Suède.
Dans les années 1970, la danse couvre, par sa teneur et par son style, une vaste palette; on y trouve tout autant le réalisme à caractère épique et la danse non récitative qui tire partie du procédé dit fortuit. Ruth Matso, Heikki Värtsi et Liisa Priha furent les autres chorégraphes de cette décennie. D'autres - Ulla Koivisto, Jorma Uotinen, Ervi Sirén, Reijo Kela et Tommi Kitti - firent alors leurs débuts de chorégraphes.
| Nouvelle génération |  |
La nouvelle génération de chorégraphes trouva, dans les années 1980, sa figure de proue en la personne de Jorma Uotinen, avec son oeuvre intitulée “Unohdettu horisontti” (L'horizon oublié, 1980). Le style fragmentaire et visuellement riche d'Uotinen s'écartait du récit réaliste des théâtres de la danse; il traçait la voie de la danse dans les années 1980. Uotinen, qui avait travaillé à Paris avec Carolyn Carlson, dirigea la troupe de danseurs de la Helsinki City Theatre Dance, de 1982 à 1991. Ayant bien ancré sa position, dans les années 1970, elle reste la seule troupe de danse finlandaise en exercice dans le cadre du théâtre parlé. Carolyn Carlson lui succéda, pendant un an, à la tête de la troupe de danseurs.
Les années 1980 furent marquées par le renforcement des influences internationales. Parallèlement aux techniques traditionnelles de la danse moderne, des méthodes d'entraînement, comme l'improvisation-contact et la technique du release, émergèrent. Les travaux des acteurs de Zodiak Presents, troupe créée en 1986, reflétaient de nombreuses influences nouvelles; les oeuvres expérimentales et originales des membres de la troupe suscitèrent un abondant débat. Kirsi Monni, Sanna Kekäläinen, Soile Lahdenperä, Liisa Pentti et Riitta Pasanen-Willberg formaient le noyau de Zodiak Le Buto japonais influença, lui aussi, de nombreux danseurs finlandais, parmi lesquels certains étudièrent au Japon. On put voir aussi en Finlande des visites d'artistes du Buto.
Les différents artistiques des acteurs et leurs objectifs ont eu pour effet de diversifier la danse. Celle-ci a brusquement été projetée sur de nouvelles scènes, dans le cadre aussi de nouveaux locaux. Dans ses performances solistes, le danseur Reijo Kela étudie l'interaction entre l'Homme et l'environnement ainsi que la relation de l'Homme à la nature. Il conçoit des oeuvres pour le milieu urbain, la forêt et les champs. En collaboration avec Kela, la troupe de Suomussalmi, qui se base sur l'improvisation des danseurs et des musiciens, voit le jour en 1990.
L'ascension artistique et l'expansion
Marquées par l'ascension de la danse contemporaine, les années 1990 sont, sur le plan quantitatif, une période d'expansion. Dans sa diversité, la danse contemporaine est une étonnante corne d'abondance, où les influences internationales et finlandaises fusionnent et s'enrichissent mutuellement. Les chorégraphes des années 1990 entreprennent de tirer profit, dans leur travail, des possibilités offerte par les arts figuratifs, par la vidéo et parles nouveaux médias. Les oeuvres finlandaises de danse contemporaine se distinguent par la conception sonore et par celle de l'éclairage, peaufinées avec soin. Lorsqu'elles sont les plus intéressantes, les solutions visuelles et l'univers sonore contribuent, avec le mouvement, à créer l'effet dramatique, donnant à l'oeuvre son cachet original.
La situation économique de la danse s'est améliorée lorsque les six premiers théâtres de danse commencèrent à bénéficier de l'aide de l'Etat, après l'entrée en vigueur de la Loi sur le théâtre et les orchestres, en 1993. En 2001, dix théâtres de la danse et centres de production sont éligibles au titre la loi: le Tanssiteatteri Rollo (Théâtre de la danse Rollo) et le Tanssiteratteri Hurjaruuth (Théâtre de la danse Harjaruuth) à Helsinki, le Aurinkobaletti (The Sun Ballet Company) et le Tanssiteatteri Eri (Théâtre de la danse Eri), à Turku, ainsi que le Tanssiteatteri Minimi (Théâtre de la danse Minimi), à Kuopio. A Tampere, c'est Mobita/Dansco, et en Finlande du nord, le Kansantanssiyhtye Rimpparemmi (Folk Dance Theatre Rimpparemmi), tandis que le Tanssiteatteri Raatikko (Théâtre de la danse Raatikko) poursuit son oeuvre artistique à Vantaa, dans la région de la capitale. Sur le plan régional, les théâtres de la danse jouent un rôle important dans leur spécialité; aussi les tournées y sont nombreuses. Les théâtres subventionnés bénéficient aussi d'une aide locale, les recettes tirées de la vente des billets formant une troisième source, importante, de revenus.
Une nouvelle manière de produire la danse apparaît avec Zodiak - Uuden Tanssin Keskus, (Zodiak - le Centre de la Nouvelle Danse) à Helsinki continuateur de l'oeuvre de Zodiak Presents, et Jojo - Oulun tanssin keskus (le centre de la danse d'Oulu). Les centres de production offrent de nouvelles possibilités de travail à un grand nombre de chorégraphes et de danseurs indépendants. Le fait est significatif, car, en dehors du Ballet national de Finlande, le nombre d'emplois permanents réservés aux danseurs est inférieur à vingt.
Figure de proue de la danse contemporaine finlandaise, la troupe de danse du Helsingin Kaupungin Teatterin Tanssiryhmä (Helsinki City Theatre dance) a pris, dans les années 1990, une importance croissante, sous la direction de Kenneth Kvarnström. L'expression de sa danse, physique en même temps que reflet du monde contemporain, trouve un écho auprès du jeune public citadin. En 2000, Kvarnström parti en Suède, le chorégraphe Ari Tenhula lui succède.
| Scène indépendante |  |
Près de 70% des artistes de danse travaillent dans des troupes indépendantes ou sont chorégraphes indépendants. Pour la danse finlandaise, ces deux catégories indépendantes revêtent une grande importance; avec la troupe qu'ils animent, de nombreux chorégraphes indépendants se produisent aussi à l'étranger.
La solide tradition des artistes solistes, qui prévalait en Finlande, se poursuit dans les années 2000. De nombreux chorégraphes combinent la danse avec d'autres formes d'art; cette pluridisciplinarité, doublée d'approche transversale, donne aux oeuvres une dimension originale et saisissante. Les oeuvres de Leena Gustavson combinent la danse moderne et l'art de la lumière; les solos de Mammu Rankanen font une place importante à l'art figuratif, tandis que la danse de Tiina Huczkowski évoque l'art de la performance. Avec Virpi Pahkinen, les influences orientales s'associent à une expression cinétique toute sculpturale. Dans ses oeuvres pour solistes ou pour ensemble, Paula Tuovinen traite souvent avec humour la féminité et le caractère finlandais. Kirsi Monni, pour sa part, créé plusieurs oeuvres pour ensemble; elle y étudie, dans une perspective philosophique, l'expérience individuelle et la croissance collective.
A la fin des années 1990, plusieurs troupes de danse libres voient le jour en Finlande. Au Tanssiteatteri Raatikko, au Suomen Kansallisballetti (Ballet national de Finlande) et, par la suite, en tant qu'artiste soliste, Tommi Kitti entreprend, durant cette même décennie, de produire des oeuvres d'ensemble qui mettent en avant l'interdépendance des individus entre eux et leur isolement. Tero Saarinen & Company Toothpick compte parmi les troupes contemporaines finlandaises de danse contemporaine les plus connues sur le plan international. Les influences du ballet classique, de la danse contemporaine et de la tradition asiatique de la danse se fondent dans le langage cinétique des oeuvres de Saarinen - oeuvres minimalistes, souvent saupoudrées d'humour. Par les moyens de la danse et du théâtre expérimental, Sanna Kekäläinen, directrice artistique de Kekäläinen & Co, se penche, dans ses oeuvres, sur la problématique existentielle. Nomadi-tuotanto (La production intitulée “Nomade”) naît du groupement de quatre chorégraphes - Arja Raatikainen, Jyrki Karttunen, Alpo Aaltokoski et Katri Soini; chorégraphes, ils montent aussi en scène et le font de manière lumineuse. Un des traits de leurs oeuvres est leur critique, colorée d'humour, du quotidien et de la société, animée du souci de rendre visible le rêve et l'inconscient. Les autres troupes de danse moderne sont, notamment, Glims & Gloms Dance Company, d'Espoo près de la capitale, M.A. Dancers, As2Wrists Dance Company et Liisa Pentti +CO.
Une riche palette de festivals
Avec l'expansion de la danse, la carte des festivals s'enrichit de nouveaux événements qui expriment diverses tendances et orientations de la danse. Kuopio Tanssii ja Soi (Festival International de Danse de Kuopio) est le doyen des festivals de danse dans les Pays Nordiques; son répertoire fait place à la danse contemporaine et au ballet, tant finlandais qu'étrangers. Täydenkuun Tanssit (Le Festival de la Pleine Lune), à Pyhäjärvi, est sont le plus grand festival de danse contemporaine du pays. Son répertoire fait place, essentiellement, à la danse contemporaine finlandaise, assaisonnée, chaque année, de quelques oeuvres étrangères.
Plusieurs festivals sont organisés à Helsinki. Une année sur deux, les festivals intitulés Tanssiareena (Arène de la danse) et Liikkeellä Marraskuussa (En mouvement en novembre) ont lieu en novembre. Le premier est un vaste forum finlandais de la danse contemporaine, le second attire à Helsinki des compagnies étrangères de danse contemporaine. Le symposium international de la jazzdance fait place, dans son programme, à des actions de formation et à des colloques. Aasia Helsingissä (L'Asie à Helsinki) présente, de manière variée, des danses et opéras de pays asiatiques. Organisé à intervalles de 4 à 6 ans, le Concours international de Ballet d'Helsinki fait partie du réseau des concours de ballet du comité pour la danse de l'Institut du Théâtre international (ITI). En outre, des festivals mineurs sont organisés un peu partout en Finlande - notamment à Tampere, Oulu et Turku; leurs répertoires sont essentiellement consacrés à la danse contemporaine finlandaise.
Renseignements supplémentaires sur la danse finlandaise Centre d'Information sur la Danse Bulevardi 23-27 FIN-00180 Helsinki, Finlande.
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