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Tarja Turunen

Culture > Musique
19-08-08
Auteur : Nicolas Benard
Evincée de Nightwish, la chanteuse se lance dans l’aventure en solitaire. Son premier album, My Winter Storm, est dans les bacs depuis le 19 novembre.

Hartwall-Arena d’Helsinki, le 21 octobre 2005. Nightwish conclue à la maison sa tournée mondiale, dans une ambiance surchauffée. Le groupe est au sommet de sa gloire. Le concert, enregistré pour l’occasion, dévoile une formation maîtrisant parfaitement son sujet.

Techniquement irréprochable. Inspiré musicalement. Unie comme les cinq doigts d’une main ? Pourtant, ce soir-là, à l’issue du spectacle, le vernis se fissure, ainsi que l’image policée du groupe. Tarja se voit en effet signifiée, dans les loges, son éviction manu militari. Les fans s’inquiètent. Nightwish, sans Tarja, sera-t-il encore Nightwish ? Même si le claviériste Tuomas Holopainen a toujours été le principal compositeur, Nightwish a construit son image autour de Tarja et de sa voix emblématique et originale dans la sphère Métal.

Une icône nimbée d’une fragilité, d’une grâce et d’une sensualité toutes féminines. Des influences classiques et une vocation lyrique. Une idée lumineuse pour un groupe proposant à l’origine une musique uniquement acoustique. Au final, exit Tarja, tervetuloa Anette, la nouvelle recrue venue de la Suède voisine. Suite à cette éviction, la chanteuse, qui aspire à une carrière dans l’opéra, ne baisse pas les bras.

Fin 2005, elle effectue une poignée de concerts de Noël en Finlande, en Allemagne, en Espagne et en Roumanie. L’année suivante, elle enregistre un album de chants de Noël et collabore au projet de son frère, Timo Turunen. Sans doute réfléchit-elle à l’orientation qu’elle souhaite donner à sa carrière. Celle-ci se poursuit, sans surprise, sous son propre nom. A 30 ans, l’ex-star du Métal symphonique sait ce qu’elle veut. Pas question de « monter » un nouveau groupe. Tarja s’isole à Ibiza avec plusieurs compositeurs pour une séance de brainstorming avant de faire appel à des musiciens confirmés pour l’enregistrement.

La production, quant à elle, est confiée aux mains expertes de Daniel Presley, plus habitué à la pop/rock qu’au Métal (Faith No More, Jewel, The Breeders, Cali). Ca tombe bien, car l’album de Tarja est très éloigné de Nightwish. Si la voix évolue dans le même univers lyrico-pop-rock, la musique qui l’entoure lorgne largement du côté des BO de films.

Tarja adore Hans Zimmer (« Gladiator », « Pirates des Caraïbes ») et l’inspiration s’en ressent. Un peu trop d’ailleurs. Sans être mauvais, « My Winter Storm » décevra les fans de Nightwish, amateurs de riffs de guitares et de puissance rythmique. Ceux qui s’intéressent d’abord à sa voix seront aux anges, on n’entend qu’elle. Les guitares s’effacent au profit d’orchestrations certes bien ficelées, mais un peu pompeuses. La reprise d’Alice Cooper, « Poison », ne change rien à la donne. « My Winter Storm » n’est pas un album de Métal.

Les auditeurs à qui l’emphase des BO de blockbusters donne de l’urticaire, passez votre chemin. Reste que, si la chanteuse finlandaise a perdu certains fans en chemin, le succès de l’album - disque d’or le jour de sa sortie en Finlande - indique que la plupart l’a suivi dans ce virage abruptement négocié.  

Tarja, « My Winter Storm » (Vertigo).

Liens

www.tarjaturunen.com (site officiel)
www.myspace.com/tarjaturunen (page MySpace)

 
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