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Gruau et lièvres spatiaux

Culture > Littérature
06-08-07
Auteur : Finfo
Il y a fort longtemps, l’Anglais W. R. Mead a réalisé une étude dans le but de s’intéresser aux différents types de Finlandais apparaissant dans la littérature. Il est arrivé à la conclusion suivante : les Finlandais sont des guignols – figures of fun – qui font rire dans la littérature étrangère, et qui finalement ne sont guère visibles dans les livres. Janna Kantola - éditrice responsable, chercheuse en littérature Illustration - Christel Rönns : Le petit bonhomme à la barbe longue (2003).

Mead ne s’était visiblement pas renseigné sur la littérature finlandaise, et ignorait par conséquent que dans celle-ci également, on s’amuse aux dépens des Finlandais. Les âmes sœurs de l’humour macabre d’Arto Paasilinna sont également là où un adulte ne saurait chercher en premier lieu : dans la littérature pour enfants. À cela rien d’étonnant, dans la mesure où le burlesque fait partie intégrante de cette littérature où l’on se doit toujours de tourner quelqu’un en ridicule, généralement les adultes, mais pas forcément ceux qui tiennent les rôles principaux.

On a dû avancer que les héros de la littérature pour enfants sont les personnages auxquels il est possible de s’identifier, mais qui donc aurait envie de s’assimiler à un antihéros ? Cela ne signifie pas pour autant que la littérature finlandaise pour enfants et adolescents ne regorge pas de personnages des plus originaux, à commencer par les Moumines de Tove Jansson, tant aimés et abondamment traduits. Citons également dans leur sillage les chiens des romans policiers pour enfants d’Asko Sirkiä, le commissaire Nuusku et l’inspecteur Vainunen, ou encore Nikolai, la « mouche moche » du livre extravagant de Tuula Kallioniemi, Nikolai Kärpäsen ihmeellinen talvi (L’incroyable hiver de Nikolai la mouche, 2004). Force est de constater que la diversité sous toutes ses formes est souvent le point de départ des livres. C’est avant tout le cas des ouvrages destinés à la jeunesse, particulièrement des plus récents, ainsi que la présente brochure permet de le remarquer.


Mauri Kunnas : Le Kalevala des chiens (1992)

C’est tout naturellement que nous consacrerons une partie aux personnages de la littérature pour enfants dont l’aspect visuel est né sous le crayon de l’illustrateur. Regardez plutôt l’excellent Koirien Kalevala (Le Kalevala des chiens, 1992) de Mauri Kunnas, livre basé sur l’épopée nationale de Finlande ! Du reste, saviez-vous que J. R. R. Tolkien a trouvé son inspiration dans cette même épopée, et que le finnois est à l’origine de la langue elfique qu’il a créée pour son Seigneur des Anneaux ? Mais il n’y a pas que le finnois et les livres pour enfants émanant du folklore finlandais qui soient insolites.

La nouveauté aussi sait être originale, et elle a le don de plaire aux jeunes lecteurs. Citons par exemple Tatu et Patu, les garçons d’Outola – un endroit imaginaire et singulier où tout fonctionne différemment – crées par Aino Havukainen et Sami Toivonen. Dans Tatun ja Patun oudot kojeet (Les étranges machines de Tatu et Patu, 2005), les deux frères bricolent toutes sortes d’engins pour les besoins des familles ayant des enfants. Qui donc pourrait alors se passer d’un détecteur de nourriture infecte ou encore d’un robot accomplissant toutes les tâches matinales, si de tels appareils existaient ? Dès lors que l’on mentionne les livres favoris des enfants, on ne peut pas se permettre d’ignorer Risto Räppääjä (Risto le Rappeur) de Sinikka et Tiina Nopola, dont les aventures incroyables nous sont d’emblée contées par les titres des ouvrages : Risto Räppääjä ja sitkeä finni (Risto le Rappeur et le bouton coriace, 2003) ou encore Risto Räppääjä ja kauhea makkara (Risto le Rappeur et la saucisse de l’horreur, 1998). De son côté, la série Heinähattu ja Vilttitossu (Chapeau de Paille et Chausson de Feutre) des deux mêmes sœurs écrivains est en passe d’atteindre une réputation de classe mondiale avec le film et les récentes traductions.


En Finlande également les livres pour enfants sont souvent lumineux, mais pas systématiquement. Les paradoxes y sont aussi représentés, et c’est alors qu’apparaît la nature finlandaise accompagnée des puissants contrastes qu’on lui connaît. Suivant l’exemple du fabuleux patrimoine pictural hérité des contes illustrés par des précurseurs comme Rudolf Koivu ou Martta Wendelin, les traditions demeurent visibles et la métaphore de la nuit est également cultivée dans les livres contemporains. Citons notamment Kultamarja ja metsän salaisuudet (Kultamarja et les secrets de la forêt, 1998) de Leena Laulajainen et Anna-Liisa Hakkarainen, livre d’images inspiré des mythes nordiques et lauréat du prix Finlandia Junior, ou encore, Okulus ja yöihmiset (Okulus et les noctambules, 2003) de Johanna Venho qui dépeint le passage de la réalité à la fiction dans des tons de clairs-obscurs. La frontière entre rationnel et surnaturel a elle aussi toujours fasciné dans la littérature pour enfants. Prenons pour exemple l’ouvrage acclamé et primé de Tomi Kontio, Keväällä isä sai siivet (Papa a eu des ailes au printemps, 2000) qui, avec son personnage de Raakel Vastapöksy, est une sorte de Harry Potter à l’humour pimenté. La gamme des contrastes es également présente dans ce numéro de Finfo consacré pour la première fois à la littérature destinée à la jeunesse. L’imaginaire et la lumière se joignent à la réalité du quotidien, voire aux questions existentielles et aux sujets forts en ce qui concerne la littérature pour adolescents.


Le présent article se veut sélectif plutôt qu’exhaustif. Nous avons choisi de vous présenter un aperçu de ce qu’est la littérature pour enfants et adolescents en Finlande en nous concentrant sur certains sujets. Celle-ci étant en effet si vaste, que cette mince revue ne suffirait à décrire complètement ses nombreuses aspirations. Avec notamment Kristiina Louhi, illustratrice, et Tove Appelgren, auteure, pour compagnons de voyage, nous partirons à la découverte de la singularité finlandaise. Nous souhaitons en outre montrer qu’aucun pays n’est seul dans sa littérature, et que la traduction nous apporte toujours d’autres germes. Nous espérons d’ailleurs que la Finlande en apporte elle aussi de plus en plus aux autres pays. Nous vous souhaitons un agréable voyage dans le monde épatant des livres pour enfants qui nous offrent à la manière finlandaise aussi bien du gruau que des lièvres spatiaux !

 

Mères et filles dans la littérature suédophone de Finlande

par Fredrik Hertzberg
critique littéraire au Hufvudstadsbladet et au Svenska Dagbladet

En Finlande, le livre d’images d’expression suédoise se porte bien. Ces dernières années ont vu paraître plusieurs nouveaux ouvrages qui se distinguent par une interaction particulièrement réussie entre le texte et l’image. Parmi les plus remarquables, on peut citer Katastrofer och strofer om slummer och stoj (Strophes et catastrophes – pour s’endormir ou s’amuser, 2003), de Stella Parland et Linda Bondestam : un recueil de poèmes non-sens, muni d’illustrations en trois couleurs (noir, rouge et blanc) très imaginatives, qui fait penser à la poésie de Lennart Hellsing (célèbre auteur suédois, classique de la poésie pour enfants, né en 1919) et dont certains morceaux atteignent même le niveau de ce dernier. Den förträfflige herr Glad (Le formidable monsieur Plaisir, 2004), de Malin Kivelä et Linda Bondestam, petit volume de format carré, possède une composition intéressante, pas toujours linéaire, avec des images fantastiques et un texte à la fois ancré dans le quotidien et empreint de mystère. Den lilla farbrorn med det långa skägget (Le petit bonhomme à la barbe longue, 2003), de Christel Rönns est déjà devenu presque un classique, avec son histoire bien ficelée et ses dessins qui se prolongent parfois sur plusieurs pages.

Tove Appelgren et Salla Savolainen : Vesta-Linnéa et la maman-monstre (2001).

Je voudrais cependant m’arrêter ici sur deux livres de Tove Appelgren et Salla Savolainen : Vesta-Linnéa och monstermamman (Vesta-Linnéa et la maman-monstre, 2001), et Sov nu, Vesta-Linnéa! (Vesta-Linnéa, veux-tu bien dormir !, 2003), qui ont réussi l’exploit d’être à la fois pleins d’imagination et didactiques. Le premier de ces deux albums, Vesta-Linnéa et la maman-monstre, écrit par Tove Appelgren et illustré par Salla Savolainen, aborde un sujet délicat : l’agressivité dans la relation mère-fille, qu’il traite d’une façon très inventive, tout en restant ancré dans la réalité quotidienne.
L’action se passe dans une ville qui ressemble beaucoup à Helsinki, et il s’agit d’une famille tout à fait ordinaire. Comme, selon Tolstoï, toutes les familles heureuses se ressemblent, on peut dire d’emblée que dans ce livre il est également question d’une famille heureuse. Pourtant, la journée commence mal. Vesta-Linnéa, une petite fille âgée d’environ quatre ans, se défend des tentatives de sa mère pour l’aider à enfiler son collant : « JE VEUX LE FAIRE MOI-MÊME ! »
Le ton monte, jusqu’à atteindre l’apogée. La réconciliation a lieu lorsque la mère comprend qu’elle aussi a sa part de responsabilité dans le conflit : elle a fait preuve de trop de dirigisme ; en planifiant la journée, elle n’a pas cru nécessaire de tenir compte de la mauvaise humeur de sa fille. L’histoire se termine par cet échange immortel : « C’est vrai, je n’aime pas toujours tout ce que tu fais – mais toi, je t’aime toujours. » Vesta-Linnéa fait un signe de tête approbateur : « Moi non plus, je ne t’aime pas toujours bien ce que tu fais. Mais je t’aime – toujours ! »

Dans le livre qui suit, Vesta-Linnéa, veu-tu bien dormir !, l’auteure, Tove Appelgren, poursuit sa collaboration avec l’illustratrice Salla Savolainen ; cette fois-ci, il est question de la peur du noir et de la difficulté à trouver le sommeil.

Souvent, dans la littérature pour enfants, le problème du sommeil est traité un peu à la légère, comme si les monstres surgissaient sans raison dans la chambre d’enfants plongée dans le noir, et qu’une explication rationnelle, apaisante et rassurante, fournie par les parents suffisait pour les dissiper. Vesta-Linnéa, veux-tu bien dormir ! place le phénomène dans un contexte plus vaste, contexte assez complexe, malgré son apparence banale. Il s’agit pour Vesta-Linnéa, âgée ici d’environ cinq ans, d’apprendre à être une » grande fille », à franchir le pas entre les exigences du petit enfant et l’autonomie de l’enfant qui grandit.

L’originalité consiste en ce que Appelgren confronte les difficultés de Vesta-Linnéa avec celles de sa mère. Lorsque Vesta-Linnéa insiste pour venir dormir dans le lit de sa maman, celle-ci lui dit : » Je n’arrive pas à travailler et à m’occuper de notre famille, si l’on ne me laisse pas dormir. Je deviens méchante, irrascible et... » Elle s’efforce de convaincre Vesta-Linnéa que chacun dort mieux dans son propre lit. Une nuit, quand Vesta-Linnéa se réveille après avoir fait un cauchemar (elle a rêvé d’un monstre dans un puits !) et veut rejoindre sa mère, elle découvre dans son lit sa petite sœur, Wendla. Un obstacle pour ainsi dire objectif se dresse entre elle et son désir, mais il lui appartient de prendre elle-même la décision de s’en aller – sa maman l’y aide juste un petit peu.

Tout comme dans le livre précédent, aussi bien la mère que la fille doivent faire un certain apprentissage pour pouvoir résoudre le problème. Lorsqu’en s’approchant de Vesta-Linnéa, sa mère se rend compte que la petite fille fait des cauchemars, un déclic se produit : elle fait promettre à Vesta-Linnéa de venir dans son lit chaque fois qu’elle fait des cauchemars – au lieu de lui faire promettre, comme par le passé, de ne pas venir. Vesta-Linnéa promet. » Mais je ne viendrai peut-être pas toutes les nuits”, ajoute-t-elle, ”avec les petits monstres, je me débrouillerai moi-même ! »

Ceci est une idée ingénieuse : faire une promesse qui vous permet de rester petite au lieu de promettre de se comporter comme une grande ; grâce à elle, Vesta-Linnéa se rend compte qu’elle ne veut pas seulement rester petite, elle a aussi envie de devenir grande. La situation est rendue encore plus complexe par la présence d’un thème parallèle : dans une émission télévisée, un ourson polaire se fait cajoler par la maman-ours. En s’identifiant avec l’ourson, Vesta-Linnéa reçoit une sorte de preuve objective de l’amour que lui porte sa propre mère et du fait qu’elle n’est encore qu’une petite fille.
Apprendre progressivement à gérer ses frustrations est le thème central des livres sur Vesta-Linnéa ; leur particularité consiste en ce qu’il y est question d’une interaction qui fait évoluer aussi bien l’enfant que sa parents. Un autre trait marquant est également à noter : que des sujets aussi complexes soient abordés dans des livres d’images destinés aux enfants âgés de quatre ou cinq ans.
Les illustrations sont humoristiques et pleines d’imagination, tout en restant ancrées dans la vie quotidienne. La réalité de tous les jours est celle de toute la famille : les trois enfants – Vesta-Linnéa, Wendla et Paul-Axel – se trouvent au centre de la narration, le père étant un personnage assez périphérique. Quant à la mère, elle est toujours en train de passer l’aspirateur quand elle n’est pas couchée sur le canapé, à l’état de grossesse avancé, la télécommande dans une main et un biscuit au chocolat dans l’autre. Des livres qui se prêtent merveilleusement à la lecture à haute voix.

Pluie de sucreries et gruau

par Mirva Saukkola
directrice de la rédaction du magazine Kotiliesi

Les chercheurs savent que les scènes de gastronomie sont aux livres pour enfants ce que les scènes d’amour sont aux romans d’évasion pour adultes : elles ont le même caractère de délectation. Prenons quelques classiques britanniques pour exemples : dans Le Vent dans les saules de Kenneth Grahame, les animaux font bonne chère d’un panier à provisions rappelant une corne d’abondance, tandis que dans Winnie l’ourson d’A. A. Milne, l’ourson dévore son miel avec une telle ferveur, qu’il se retrouve bientôt coincé dans le terrier d’un lapin. Quant au cérémonial du thé dans Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, il nous semble sans fin.

Même faiblesse chez les Finlandais. Dans les récits plus anciens, les fêtes sont placées sous le symbole d’une interminable ivresse au sucre. Dans Le Chapeau du sorcier (trad. fr. 1994, Trollkarlens hatt, 1948), seule une baignoire convient au mélange de la pâte à crêpes pour la fête qui se prépare. Des fêtes de cet ordre étaient diamétralement opposées à la réalité finlandaise, alors soumise aux tickets de rationnement. La Vallée des Moumines a d’ailleurs toujours considéré la bonne chère comme le contre-pied de toute morosité. Dans Muminpappas bravader (Les exploits de Papa Moumine, 1950), Papa Moumine cite l’odeur attristante de la bouillie et l’interdiction des tartines au sirop d’érable comme étant les raisons de sa fuite de l’orphelinat. C’est l’inverse qui se produit dans L’Été dramatique de Moumine (trad. fr. 1989, Farlig midsommar, 1954) où Moumine le Troll, la Demoiselle Snorque et la Filigonde organisent un joyeux festin de crêpes avant de finir au cachot pour avoir transgressé les interdits.

Les plaisirs culinaires se confondent avec le bonheur dans la série Onneli ja Anneli de Marjatta Kurenniemi, auteure pour enfants comptant parmi les plus primés de Finlande. Onnelin ja Annelin talo (La maison d’Onneli et d’Anneli, 1966) se termine par une fête d’anniversaire où les jeunes convives se gavent des délices offerts par un marchand de glaces avant que des pochettes-surprises ne déclenchent une pluie de sucreries. Nous sommes bien loin de l’ouvrage Onneli ja Anneli ja orpolapset (Onneli, Anneli et les orphelins, 1971) où les enfants de l’orphelinat voisin des deux filles ont pour tout repas du gruau de couleur grisâtre.

Les temps ont malgré tout changé, et on n’oscille plus aujourd’hui entre le manque et l’excès, mais on préfère jouer les gastronomes. Dans le même temps, les menus apparaissant dans les livres se sont internationalisés. Dans Heinähattu ja Vilttitossu (Chapeau de Paille et Chausson de Feutre, 1989) de Sinikka et Tiina Nopola, la cadette des deux sœurs délaisse les pommes de terre pour se remplir volontiers le ventre de spaghettis. Dans Heinähattu, Vilttitossu ja kielletty kampela (Chapeau de Paille, Chausson de Feutre et le flet interdit, 2005), la maman s’enthousiasme pour un régime où l’on n’absorbe que des aliments ayant la même couleur que ses yeux. Mais Chapeau de Paille ne se voit pas tant privée de flet...

Elina Karjalainen et Hannu Taina : Uppo l’Ourson et son Tonton (1981).

Dans Uppo-Nalle ja setä Tonton (Uppo l’Ourson et son Tonton, 1981) d’Elina Karjalainen, la petite Reeta part visiter la France accompagnée d’Uppo. Les deux amis se retrouvent à Paris pour dévorer des glaces, puis partent à la recherche de truffes, aidés d’un cochon dénommé Napoléon. Dans une scène parodique, Laulava Lintukoira – le chien de chasse chantant de la famille – sauve le dîner organisé dans un relais château en remplaçant le cuisiner souffrant. Dépourvu de talents culinaires, il prépare une bouillie d’avoine dont les convives distingués feront l’éloge, aucun d’entre eux n’osant en effet critiquer cette étrange nourriture, probablement d’origine finlandaise...

C’est une tout autre réalité alimentaire – celle de la rencontre entre l’enfant et l’univers de la machine – qui nous a été récemment présentée par Martti Ruokonen et Jukka Laajarinne, tous deux récompensés au concours des pays nordiques du livre illustré, avec Mummon kone (Le robot de mamie, 2005) dans lequel le robot multifonctionnel de la grand-mère moderne est prêt à engloutir steaks et carottes, autant que les chaussures et le livre de cuisine de sa propriétaire !

 

Liens

Édition FILI – Finnish Literature Information Centre
Éditrice responsable Janna Kantola
www.finlit.fi/fili

 
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