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Niko le Petit Renne

Culture > Cinéma
15-12-08
Auteur : Nicolas Benard
A l’approche des Fêtes, découvrez la Laponie en compagnie de Niko le Petit Renne et de ses amis. Une belle aventure, pour toute la famille, placée sous le signe de Noël ! Rendez-vous dans les salles à partir du 17 décembre.

Niko vit avec sa mère et sa tribu dans la paisible Vallée des rennes. En secret, Niko ne rêve que d'une chose : rencontrer son père, membre de la légendaire Brigade du Père Noël. Pour cela, le petit renne s'entraîne sans cesse à voler afin de rejoindre le village du Père Noël.

Malheureusement, ses efforts sont vains. Il décide alors de partir à la recherche de ce père idéalisé en compagnie de son ami Julius, petit écureuil volant, et de Wilma, belette délurée croisée en cours de route. C'est sans compter sur la meute de loups, commandée par Loucifer qui n'a qu'une ambition : remplacer Le Père Noël.

Niko devra alors faire preuve de beaucoup de courage pour accomplir son rêve et ainsi, peut-être, retrouver son père.

Noël approche, période d’étoiles et de scintillements, dans les rues comme dans les regards des enfants. C’est l’occasion de partir en voyage avec vos bambins, direction la Finlande… pardon, direction les salles de cinéma !

Le 17 décembre, en effet, sort Niko le Petit Renne, une production certes européenne, mais une œuvre 100 % Finlande. Qui se cache donc derrière ce concurrent sérieux des productions hollywoodiennes ?

Pour en savoir plus, nous avons interrogé Hannu Tuomainen, l’un des producteurs de Niko le Petit Renne.

« L’objectif était de raconter une histoire qui séduirait aussi bien les enfants que leurs parents. Les créateurs ont donc préféré utiliser des animaux que des êtres humains, car ceux-ci ont en général, dans l’animation, un aspect un peu froid. Le choix s’est naturellement porté sur le renne, animal fétiche du peuple finlandais, faisant partie du patrimoine national. L’histoire se déroule donc sur son terrain de jeu favori : la Laponie. »

Si l’histoire ne se démarque pas par son originalité, Tuomainen assume son choix. « J’ai réalisé plusieurs films pour le jeune public, et il semble que je raconte toujours la même histoire ! Celle d’un enfant qui grandit et qui cherche sa place dans la communauté. Pour moi, il n’y a pas de plus belle aventure humaine que celle d’un enfant qui doit renoncer à son innocence et qui se bat pour acquérir sa nouvelle identité. »

Mais n’est-ce pas un peu cliché d’utiliser la figure mythique du Père Noël, traditionnellement rattachée à la Finlande ?

« Santa Claus joue un tout petit rôle dans l’histoire. Le personnage principal, c’est Niko. Le thème de l’histoire, ce n’est pas Noël, mais la façon dont les enfants ont parfois tendance à idéaliser leurs parents. Le père de Niko fait partie de l’attelage personnel du Père Noël. Celui-ci intervient dans l’histoire car je voulais un personnage qui puisse être considéré comme ‘héroïque’ par un petit renne, à des années lumières de son existence placide. Maintenant, il est vrai que sortir un film sur Noël en pleine période de Noël est idéal ! »

Les créateurs ont commencé à travailler sur le film en octobre 2003. Tout est parti d’un échange téléphonique entre Petteri Pasanen et Hannu Tuomainen. Le premier, qui travaille dans son studio d’animation Anima Vitae (voir plus loin), a proposé au second (producteur) de le rejoindre dans l’aventure.

La première mondiale a lieu en Finlande le 10 octobre 2008, soit cinq ans après ce fameux coup de fil. L’écriture de l’histoire a pris deux ans, trouver le financement un an et demi, et réaliser le film à peu près autant. L’inventeur des personnages et des décors naturels, évidemment, ne pouvait être que finlandais : « Mikko Pitkänen  n’a eu aucun mal à imaginer ces paysages car il adore la Laponie ! » En 2006, le projet prend une tournure véritablement européenne avec l’arrivée de partenaires allemand, danois et irlandais dans la production.

Quid de la concurrence américaine, Disney, Pixar et autre Dreamworks ? « C’est comme pour le cinéma traditionnel : la concurrence est difficile, mais il faut arrêter de croire que nous ne jouons pas dans la même catégorie. Les pré-ventes pour Niko sont fantastiques, tout comme la distribution mondiale dont il va bénéficier. Les Européens sont aussi bons que n’importe qui, la différence vient juste du budget et de l’argent dépensé dans le marketing. »

La clef du succès réside, selon les créateurs, dans l’identité locale très marquée. Il s’agit d’un dessin animé finlandais, dont l’histoire se déroule en Finlande, avec des animaux finlandais. Et le gros du travail a été réalisé par des Finlandais.

« Pour créer une atmosphère typiquement finlandaise, la nature, la neige, les aurores boréales et la lumière, il faut de toute façon être finlandais ! Personne à Hollywood ne serait capable de faire cela ! »

Avec un budget de 6,1 millions d’euros, Niko est de loin le film le plus cher dans l’histoire du cinéma finlandais. « Cela peut paraître une somme énorme, mais les productions américaines coûtent, au bas mot, dix fois plus cher. Je suis fier du travail accompli et je crois que, même si notre budget est modeste, nous avons réalisé un excellent film. »

Niko peut-il devenir un bon argument touristique et donner envie au public de se rendre en Finlande pour en découvrir les beautés naturelles ?

« Les spectateurs, même finlandais, découvriront la Laponie, ses paysages et sa lumière si particulières. Lors d’une projection presse qui a eu lieu à Rovaniemi, un habitant du coin m’a dit qu’il n’aurait jamais cru que l’animation puisse être aussi réaliste. Il n’y a pas de meilleur compliment. » Mais ce qui compte, avant tout, c’est le caractère universel de l’œuvre. « J’espère en effet que Niko poussera tous les spectateurs adultes à encourager leurs enfants à être eux-mêmes, et à vivre la vie telle qu’elle est, en dépit des moments difficiles que l’on traverse tous. »

A ce propos, le film ne s’adresse pas uniquement à la cible des 3-8 ans, même si cette tranche d’âge réagira avec certainement plus de spontanéité.

« D’après mon expérience, les enfants représentent le public le plus honnête qui existe. C’est simple : soit ils adorent, soit ils détestent ! Si les plus jeunes n’accrochent pas à l’histoire, ou n’apprécient pas les personnages, ils le font savoir immédiatement. Les adultes ont parfois tendance à intellectualiser les choses, ce qui, selon moi, n’est pas le meilleur moyen de vivre un film, a fortiori dans le cas de films d’animations comme Niko, qui font appel à nos émotions. »
 
Au final, Niko le Petit Renne sera présent, à partir du 17 décembre, dans les salles de plus de cent pays. Une sacrée réussite, surtout pour une « modeste » production.

Le film a été primé, au mois d’octobre, au Festival du film international Cinekid, à Amsterdam. Même les Etats-Unis, prolifiques en matière de dessins animés, se sont montrés intéressés, par l’intermédiaire de Weinstein, qui a acheté les droits de diffusion pour le marché américain. Pas de doute, le succès devrait être au rendez-vous. Niko deviendra ainsi le film finlandais le plus vu au monde. Pas mal pour un petit renne !

Anima Vitae

Anima Vitae est un studio d’animation 3D basé à Helsinki. Créé en 2000 par Petteri Pasanen, il emploie actuellement une quarantaine de personnes. Il s’agit du plus gros studio de ce genre en Finlande. Anima Vitae travaille essentiellement pour la télévision et compte près de 200 publicités à son actif. Soucieux d’exporter ses compétences, le studio a cherché à développer plusieurs réseaux, aussi bien en Europe qu’en Asie et aux Etats-Unis.

Cinemaker

Sans Cinemaker, Niko n’aurait jamais pu voir le jour. Il s’agit d’une société de production créée par Hannu Tuomainen en 1990. Durant sa première décennie d’existence, Cinemaker a produit 14 court-métrages. Son objectif est aussi de soutenir des projets destinés au jeune public. Ainsi, la moitié des 16 longs métrages produits par Cinemaker s’est adressée à cette cible un peu particulière.

Sa première production, Tommy and The Wildcat, a été un succès national en Finlande avec 400.000 entrées. La seconde, Aller simple pour Mombasa, a obtenu 26 récompenses internationales. Avec Niko, Cinemaker est encore plus ambitieux et compte séduire un large public, aussi bien en Finlande que dans le reste du monde.

Liens

En savoir plus :

- Le site de Niko (Bacfilms) qui propose notamment des jeux, des photos et des vidéos : www.bacfilms.com/site/niko
- Le site des studios Anima Vitae : www.anima.fi

 

 
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