CultureEconomiePolitiqueSociétéTourisme
Recherche
Entreprendre
Etudier
Travailler
Visiter
Tournant économique

Economie > Politique économique
28-09-09
Auteur : Eljas Repo
par Eljas Repo / Arvopaperi. Photo Tero Pajukallio.

Stagnation des exportations, ralentissement de la production, recrudescence du chômage :  le tableau de l’économie finlandaise est sombre.  En juin 2009, le bout du tunnel est visible, déclare néanmoins le chef économiste de la banque Nordea, Reijo Heiskanen.

Le bout du tunnel, signe d’un relèvement des courbes statistiques, est clairement perceptible, au vu des indices de confiance utilisés pour les  pronostiques. C’est particulièrement vrai dans le cas des indices qui mesurent la confiance des consommateurs. Quelque chose, après le mois de mars, s’est produit ; les consommateurs finlandais sont, en effet, plus confiants qu’au début du printemps.
(www.stat.fi/til/kbar/2009/05/kbar_2009_05_2009-05-27_tie_001_en.html )

Un rétablissement similaire de la confiance des consommateurs a également été observé dans d’autres pays terrassés par la récession. Les cours de la Bourse – étalons officiels des pronostiques de l’économie de marché - ont également décollé ; en mars, ils étaient à leur plus bas niveau.

« Il ne s’agit pas encore d’un tournant de l’économie, mais d’un arrêt de la chute.» Ce sont là les propos tenus par le Président de la Banque de Finlande, Erkki Liikanen. Celui-ci, qui ne croit pas à un rapide rétablissement de l’économie finlandaise, craint que le nombre croissant des faillites, doublé d’une recrudescence chômage, ne mette à nouveau les banques en difficulté.

Les banques finlandaises n’ont pas encore souffert de l’impact des difficultés générées par la crise financière. Les plus grands établissements bancaires – Nordea et le Groupe OP – ont fait un bon résultat, au premier trimestre de cette année. Seule la Sampo Bank, rachetée il y a deux ans par Danske Bank, a procédé à une importante réserve pour déficit sur le crédit, tout en réussissant, mais de justesse, à produire un résultat trimestriel tout juste excédentaire.
Si de modestes signes indiquant une inflexion du recul de l’économie ont bel et bien été perçus, les économistes éclairés n’y voient encore qu’une stabilisation de la situation économique, pas encore une preuve de relance.

« Bien que le stade le plus brutal de la chute semble, pour l’heure, dépassé, une rapide reprise de l’économie mondiale n’est pas encore en vue », a déclaré Liikanen, en juin, dans la revue du gouverneur de la Banque de Finlande.

Les banques centrales et les gouvernements des différents pays n’ont pas ménagé leurs efforts pour relancer l’économie. Les effets d’une partie des mesures se sont déjà fait sentir : le ralentissement du commerce mondial a cessé, les indicateurs de confiance en sont les meilleurs témoignages.

Comparé aux autres pays de la zone euro, la récession économique mondiale a fortement touché l’économie finlandaise. Petite économie, ouverte sur l’extérieur, la Finlande est fortement dépendante de l’évolution de la demande sur les marchés mondiaux. La valeur des exportations a chuté d’un tiers.

Les mesures de relance nationales ont permis, dans une certaine mesure, d’adoucir les effets de la récession. De même, la situation des consommateurs était satisfaisante, ce qui a contribué à ralentir la chute ; mais l’industrie a beaucoup souffert.

Chiffres sombres dans l’industrie

Le  ralentissement de l’économie a été brutal. Dès la fin de l’année dernière, son déclin était attendu; mais la vigueur du phénomène a dépassé les estimations même les plus pessimistes. La chute brutale a débuté en novembre, sans que l’on ait enregistré depuis des signes d’un arrêt de celle-ci.

D’après l’Office central des Statistiques, la production industrielle totale de la Finlande était, en avril 2009, inférieure de 21% à ce qu’elle était un an plus tôt.  L’industrie métallurgique et l’industrie forestière, où le recul est le plus accusé, étaient les plus touchées. Si les exportations sont en panne, les produits de la métallurgie et de la filière bois ne bougent guère.

Parmi les principales branches de l’industrie, la seule source de satisfaction vient de l’industrie agroalimentaire, dont la production a légèrement augmenté en avril. La récession n’a pas encore fait sentir ses effets sur la table finlandaise.
stat.fi/til/ttvi/2009/04/ttvi_2009_04_2009-06-10_tie_001_en.html

Le rythme auquel les machines tournent, c’est à dire le taux d’exploitation, permet de mesurer l’activité industrielle. En avril, le taux d’utilisation de la capacité industrielle atteignait 67%, soit 18% de moins qu’un an plus tôt, à la même époque.

Si, dans l’industrie, les machines tournent aux deux tiers de la capacité, on comprend alors les raisons pour lesquelles le produit intérieur brut (p.i.b.) est en baisse et pourquoi le chômage augmente. Durant le premier trimestre de l’année en cours, le p.i.b. de la Finlande a reculé de 7,6% - c’est plus que la moyenne européenne ou des Pays scandinaves. stat.fi/til/ntp/2009/01/ntp_2009_01_2009-06-09_tie_001_en.html

Les chiffres sont encore plus sombres si l’on se penche sur les carnets de commande. La valeur des nouvelles commandes reçues par l’industrie, d’après l’Office central des Statistiques, était inférieure de 39% à leur valeur un an plus tôt.  
stat.fi/til/teul/2009/04/teul_2009_04_2009-06-12_tie_001_en.html

Congés non payés proposés

La législation finlandaise du travail autorise la mise en congé provisoire des travailleurs ; dans cette situation, une fois bouclée la procédure de négociation stipulée par la loi, les travailleurs peuvent être, pour un temps, mis en congé. Cette particularité, qui a cours dans les Pays Nordiques, offre une possibilité particulière que l’industrie a utilisée comme alternative au licenciement.

L’entreprise de machines à papier Metso Paper, par exemple, met temporairement en congé la quasi-totalité de son personnel à l’usine Rautpohja de Jyväskylä (Finlande centrale). Tout en interrompant l’obligation, pour l’employeur, de verser son salaire au travailleur et l’obligation, pour ce dernier, de satisfaire à ses obligations professionnelles, cette mise en congé provisoire ne met pas un terme à la relation de travail. Ainsi, la mise en congé provisoire est-elle assortie de l’espoir d’une reprise de la conjoncture et que le travail reprendra à l’usine de Rautpohja.

Les mises en congé provisoires, de longueurs variables, touchent près de 100.000 Finlandais.

Le consommateur n’est pas encore en difficulté

En mars, le taux de chômage atteignait, en Finlande, 7,6% soit 1% de plus que l’an dernier, à la même époque. Le taux de chômage moyen, dans l’Europe des 27, atteignait 8,3%
epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-30042009-BP/EN/3-30042009-BP-EN.PDF
la moyenne, en Finlande, reste encore en dessous de ce taux, en tout cas pour l’instant.

Les pronostiques conjoncturels permettent cependant d’envisager que le taux de chômage, en Finlande, pourrait dépasser la moyenne européenne, l’année prochaine. Une crainte : ce taux pourrait même être alors à deux chiffres.

Les statistiques du chômage et de la production industrielle peignent un sombre tableau de la Finlande. Mais l’économie fait aussi place à quelque chose de réjouissant et porteur d’espoir : le salarié finlandais.

Entre janvier et mars 2009, les revenus nominaux des salariés ont augmenté de 4,4% comparé à la même période un an plus tôt. L’inflation étant quasiment nulle, cette hausse des salaires a été réelle dans le porte-monnaie des ménages. En tout cas, pour ceux qui ont du travail ou qui touchent une retraite régulière ! Selon le calcul effectué par l’Office central des statistiques, la variation annuelle des prix à la consommation, c’est à dire l’inflation, était nulle en mai 2009.

Aux yeux du gouverneur de la banque centrale, Erkki Liikanen, les consommateurs finlandais et, tout particulièrement, les personnes endettées en raison de leur logement,  apportent quelque chose de stimulant. Les baisses significatives des taux d’intérêt de la BCE ont contribué à aider l’économie finlandaise ; en effet, les intérêts finlandais sur les prêts au logement sont alignés sur les intérêts euribor, à court terme. Contrairement à la situation qui prévaut dans de nombreux autres pays d’Europe, les Finlandais n’ont pas su aligner leur prêt au logement sur les intérêts à long terme. « Heureusement !» peut-on dire cette fois-ci, au seuil de l’été 2009.

Le taux d’intérêt moyen des prêts au logement contractés en avril 20089, n’atteignait que 2,61%. Ce chiffre bas indique que, dans l’optique de la personne endettée pour son logement, le système bancaire finlandais fonctionne.

Les prix des logements, on l’a vu, ont brusquement chuté dans le monde. La Finlande n’a pas connu de variations brutales des prix. Les prix des logements ont baissé, en moyenne, de 5%, mais les différences régionales sont importantes.

 

 

 

 

Liens
Pas de sélection à vous proposer pour le moment.
Si vous souhaitez nous proposer un contenu éclairant le sujet, utilisez le formulaire commentaire.
 
Vos commentaires
Vous souhaitez réagir sur cet article, écrivez-nous.
Retour à la liste

 
Essentiel de la Finlande
 
  Mars
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
             
 
 
 
 
free tutorials